Economie

Référendum bloqué chez Goodyear Amiens

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Les accès des deux usines de pneumatiques de Goodyear et Dunlop sont bloqués pour empêcher la tenue d'un référendum sur le réaménagement de l'organisation du travail.

Référendum bloqué chez Goodyear Amiens

Comme elle l'avait indiqué hier, la CGT, syndicat majoritaire du site Goodyear Dunlop Amiens (2700 salariés), bloque ce vendredi matin les accès des deux usines Goodyear et Dunlop afin d'empêcher la tenue du référendum organisé par la direction du site et portant sur un réaménagement de l'organisation du travail.

Selon Mickael Wamen, secrétaire du syndicat CGT, joint ce vendredi matin, ce blocage s'accompagne d'un mouvement de grève très suivi. « Si la direction ne revoit pas sa position, nous allons empêcher ce référendum en bloquant l'accès aux usines », indiquait hier le syndicaliste. La CGT reproche à la direction du site d'être « aux abonnés absents depuis un mois » et « d'avoir imposé aux salariés un référendum sans négociation avec les partenaires sociaux ». Il s'oppose par ailleurs à l'intitulé du référendum qui demande aux salariés de se prononcer pour une nouvelle organisation « dans l'avenir du site ».

Sur le fond, il rejette cette nouvelle organisation du travail qui vise, selon lui, à demander aux salariés de « travailler plus pour gagner moins ». Le projet de la direction du site Le projet de la direction de Goodyear Dunlop est de réorganiser les équipes de travail la semaine et le week-end.

Actuellement, indique la CGT, le travail est organisé en trois équipes pour la semaine (régime 35 heures) et deux équipes de week-end (régime 28 heures). « Le but est de passer tout le monde à 35 heures, en supprimant l'équivalent d'une équipe et en supprimant la majoration de 50 % les heures travaillées le samedi et le dimanche ».

Selon Mickael Wamen, la direction demande aux salariés de « travailler en continu sur 350 jours en passant de 5 équipes à 4 équipes sans réelle compensation financière». La CGT estime que le référendum devrait poser aux salariés la question suivante : « Voulez-vous d'une organisation du travail en 4/8 ? » Le 4 avril 2007, Le fabricant de pneumatiques Goodyear Dunlop Tires France avait informé en CE les représentants du personnel d'un projet « d'adaptation » du site aux « enjeux du marché ».

Il indiquait dans un communiqué qu'il souhaitait mettre en place une organisation et une durée du travail fondées « sur une utilisation accrue de l'outil de production ». Selon les syndicats, ce projet se traduira par la « suppression de 400 à 500 emplois en quatre ans », par le biais de départs à la retraite et d'un moindre recours à la main d'œuvre intérimaire.

En décembre 2006, Goodyear Dunlop avait annoncé qu'il était prêt à investir 50 millions d'euros dans cet outil afin d'accroître la compétitivité du site qui souffre d'une rentabilité insuffisante. Cet investissement -semble-t-il suspendu à la nouvelle organisation du travail- doit aussi « réorienter sa production vers des pneumatiques à plus forte valeur ajoutée ».

De notre correspondante à Amiens, Claire Garnier

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