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L'Usine Santé

Redressement productif : Huit remèdes de choc pour Sanofi

Gaëlle Fleitour

Publié le

Enquête Ce ne sont pas des protocoles expérimentaux. Ces traitements, d'autres acteurs de la pharmacie, confrontés aux mêmes maux que le français, se les sont administrés. Nous avons sélectionné les plus efficaces.

CONSERVER LES EXPERTISES EN R et D

Soutenir une spin-off

Pour éviter la fermeture d'un site de recherche, désastreuse pour l'image d'un laboratoire et ses relations avec les pouvoirs publics, des groupes acceptent de soutenir les projets de reprise initiés par des salariés. Une solution « risquée », rappelle l'économiste Claude Le Pen, qui demande une bonne dose de créativité et de culture du business, à laquelle n'ont pas toujours été formés les chercheurs français. La recette miracle ? La confiance de la big pharma et des salariés, les compétences scientifiques, une infrastructure à taille humaine et des dirigeants complémentaires, selon Frédéric Cren, cofondateur de la biotech Inventiva.

Ils l'ont fait Faute de repreneur, l'américain Abbott a cédé à 72 des 306 salariés des laboratoires Fournier à Dijon les équipements du site, une bibliothèque de 230 000 molécules et la propriété intellectuelle sur deux programmes de recherche. Durant cinq ans, Abbott couvrira une partie des frais de fonctionnement d'Inventiva, leur start-up, qui vise un chiffre d'affaires de 15 millions d'euros.

Miser sur la bio-informatique

Sur 10 000 molécules criblées, dix font l'objet d'un dépôt de brevet et une seule franchit généralement toutes les étapes pour devenir un médicament. Un parcours du combattant qui peut désormais être simplifié. À la frontière de la biologie, de la physique, des statistiques, des maths et de l'informatique, la bio-informatique permet de déterminer de nouvelles indications à des molécules anciennes ou abandonnées.

Ils l'ont fait Grâce à ses outils informatiques sur les réseaux moléculaires, la start-up parisienne Pharnext associe, à des doses très faibles donc peu risquées, des médicaments commercialisés pour d'autres indications. Son remède contre la maladie de Charcot est ainsi entré en phase 2 d'essais chez l'homme après trois ans de recherche. Le laboratoire Ipsen devrait en finaliser le développement à partir de la fin de l'année.

 

ÉVITER LA DÉSINDUSTRIALISATION

Promouvoir son propre générique

Sanofi est dans sa pire année de la « falaise des brevets ». Suite à la perte de son exclusivité en mai, son médicament phare, le Plavix, aurait vu en deux mois ses ventes chuter de plus de 90% aux États-Unis. Les fabricants de copies moins chères, les génériqueurs, n'en ont fait qu'une bouchée. Pour maintenir des volumes sur ses sites de fabrication européens, le laboratoire avait pourtant lancé son propre générique de cet anticoagulant, lors de la perte du brevet en France en 2009. Baptisé Clopidogrel Winthrop, du nom du principe actif et de celui de la filiale générique du groupe, il n'avait pas bénéficié de la puissance de la marque Sanofi.

Ils l'ont fait Pour contrer la dizaine de copies du Tahor - le médicament le plus vendu de la décennie - qui allait arriver sur le marché, l'américain Pfizer a utilisé sa marque et a lancé son générique dès le 8 mai, jour de l'expiration en Europe du brevet de cet anticholestérol. En insistant sur la similarité entre la copie et le médicament d'origine, produits dans les mêmes usines de Porto-Rico pour le principe actif et les excipients, et d'Allemagne pour le packaging.

Monter en gamme

Malgré son expertise dans la production de vaccins et d'héparine en France, Sanofi ne fait pas exception à la tendance relevée par l'étude Leem-Roland Berger : ses sites produisent encore majoritairement de vieilles molécules, - donc concurrencées par les génériques - sous formes sèches, à faible croissance. Tandis que son insuline Lantus, 14e médicament le plus vendu en pharmacie, est produite en Allemagne ! Pour capter la production des futures innovations, le laboratoire doit donc capitaliser sur des technologies actuellement en sous-capacité : lyophilisation, flacons stériles...

Ils l'ont fait Oubliés les comprimés et les pommades ! En 1998, le groupe danois Léo Pharma a décidé de transformer son usine de Vernouillet (Eure-et-Loir) en centre d'excellence spécialisé dans la fabrication de seringues préremplies d'héparine. Depuis, il a investi près de 80 millions d'euros pour moderniser son outil et exporter 60% de sa production.

Façonner pour d'autres

Sanofi compte-t-il optimiser la performance économique de ses usines de vaccins, à Lyon et en Normandie ? Il pourrait mettre ces outils industriels, relativement rares en France, au service d'autres acteurs, laboratoires ou biotechs. Car ses sites souffrent peut-être, comme 60 % des usines pharmaceutiques selon l'étude Leem-Roland Berger, d'un taux d'utilisation inférieur à 50%.

Ils l'ont fait Pour saturer ses équipements, le laboratoire Pierre Fabre s'est diversifié depuis vingt ans dans la sous-traitance pour des technologies de pointe (injectables, cytotoxiques, interférons, fabrication stérile sous isolateurs...). Pour son usine d'Aignan (Gers), il a décroché en 2011 un contrat de façonnage pour la fabrication de 20 millions de boîtes d'anti-inflammatoires pour un laboratoire italien, sur cinq ans. Soit 30 % de l'activité du site !

 

BOOSTER LES VENTES

Miser sur les émergents

Aux États-Unis et en Europe, la croissance des marchés pharmaceutiques est quasi nulle, voire négative en France pour la première fois en 2012. Mais, selon le cabinet IMS, les ventes de médicaments devraient croître de 150 à 165 milliards de dollars (entre 116 et 128 milliards d'euros) d'ici à 2016 dans les Bric. Or les usines françaises exportent encore majoritairement... vers l'Europe. Pourtant, le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine ne rechigneraient pas à importer un traitement dont le transfert de la production très technique serait trop compliqué.

Ils l'ont fait L'anglais GSK va injecter 4,6 millions d'euros dans une nouvelle ligne de production sur son site de fabrication d'antibiotiques à Mayenne, qui exporte 75% de ces médicaments. « Plus aucun de nos produits fabriqués à Mayenne n'est protégé par un brevet, mais nous avons regagné des volumes en remportant des appels d'offres dans les pays émergents », confie Hervé Gisserot, le PDG de GSK France. Pas besoin d'être le moins cher : si le rapport de prix est raisonnable, la qualité est un argument de poids.

Soigner le design

Sanofi multiplie les acquisitions aux États-Unis, en Inde et en Chine, pour se renforcer dans l'automédication. En forte croissance dans les autres pays européens, ce marché des médicaments sans ordonnance est encore peu développé en France, sauf lors de vagues de déremboursements. Pour convaincre les Français, les laboratoires doivent éduquer et rassurer. En misant sur leurs marques et le design.

Ils l'ont fait Avec sa campagne publicitaire sur le packaging de ses génériques sans ordonnance, Biogaran, filiale générique du laboratoire Servier, a marqué les esprits. Avec sa gamme Conseil, il affirme que ses conditionnements ont été rendus plus lisibles, pour faciliter la compréhension des informations sur la sécurité du traitement.

Revenir à un conditionnement unitaire

Pour justifier ses plans de sauvegarde de l'emploi, l'industrie pharmaceutique invoque notamment les fortes taxes qu'elles doivent supporter. Les autorités estiment que les dépenses en médicaments pèsent trop lourd dans les comptes de la sécurité sociale, alors que près d'un médicament remboursé sur deux ne serait pas consommé. Des progrès peuvent être faits sur les conditionnements. Mais les bonnes pratiques élaborées par l'Agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ne suffisent pas pour inciter les industriels à se convertir au conditionnement unitaire. Les économies de coûts réalisées permettraient pourtant de dédommager ceux qui reverraient leurs chaînes de fabrication. Et pourraient, à terme, réconcilier les pouvoirs publics avec l'industrie pharmaceutique.

Ils l'ont fait Au Canada, où les médecins prescrivent les médicaments à l'unité, le fabricant de produits médicaux Healthmark reconditionne les médicaments administrés par voie orale. Après les avoir reçus en vrac, il les renvoie en doses unitaires sous emballages, seringues aux pharmacies ou aux hôpitaux.

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