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L'Usine de l'Energie

Recruter dans le nucléaire ne serait pas si compliqué selon Orano

Aurélie Barbaux , , , ,

Publié le

Orano veut recruter 1000 personnes cette année en France. Pour l’ex-entité d’Areva centrée sur le combustible et les services, l’enjeu est plus sa marque employeur que l’attractivité de la filière nucléaire.

Recruter dans le nucléaire ne serait pas si compliqué selon Orano
Orano compte recruter 800 CDI et 500 alternants cette année.
© Myrtille Delamarche

“Nous n’avons pas un problème d‘attractivité mais de visibilité conjoncturelle. Les étudiants ne connaissent pas Orano", explique François Nogué, directeur des ressources humaines d’Orano. Cette entreprise de 16 500 personnes, dont 12 400 en France, est en fait l’ex Areva NP, la division centrée sur le cycle du combustible nucléaire et les services logistiques. Elle a changé de nom début 2018, "pour tourner la page", explique le DRH d’Orano. Mais, si les jeunes ingénieurs et techniciens que souhaite recruter l’entreprise connaissaient bien Areva, ils faut les familiariser avec Orano et ses métiers.

800 candidats qualifiés 

Pour cela, l’entreprise a organisé un forum de l’emploi le 6 novembre au vélodrome de Saint-Quentin-en Yvelines (Yvelines), ville où Orano a un site dédié à l‘ingénierie et la logistique. Grace à l’aide de Pôle emploi, et à un mécanisme de préinscription avec envois de CV, l’opération a attiré 800 visiteurs qualifiés, qui sont tous repartis soit avec un poste en vue, soit avec des pistes de formation complémentaire. C’est qu’Orano apprend de ses erreurs. Avant l’été, l’entreprise avait lancé un premier forum emploi sous son nouveau nom à Cherbourg (Manche), avec 350 postes à pourvoir. L’opération avait rencontré un grand succès dans ce bassin d’emploi où le nucléaire est le principal employeur. Mais beaucoup de visiteurs, venus en curieux, étaient repartis déçus.

Une filière d'avenir

De là à dire que le nucléaire n’a aucun problème d’attractivité, François Nogué n’ira pas jusque-là. Et il est le premier à expliquer que la filière nucléaire ne se résume pas à l’exploitation des centrales électriques d’EDF dont certaines sont appelées à fermer. Mais, selon lui, les arguments de son discours sur le nucléaire comme filière d’avenir passent bien. Aux jeunes venus à Saint-Quentin-en-Yvelines les 130 collaborateurs d’Orano présents ont en effet expliqué que même avec 50% de l’électricité produite par le nucléaire contre 70% aujourd’hui, la France restera un grand pays de l'atome. Ils ont rappelé que la filière, qui emploie 222 000 personnes en France, est riche d’opportunités professionnelles, y compris à l’international. Et que seuls 5% des métiers d’Orano sont spécifiques à la filière, les 95% autres étant génériques à l’industrie. Travailler chez Orano n’est donc pas une impasse.

Renouer le dialogue avec les écoles

Recruter dans le nucléaire n’est néanmoins pas si simple. Comme toutes les industries, le nucléaire a ses métiers en tension. Pour Orano, qui se développe beaucoup dans le démantèlement et l’assainissement, c’est dans le génie civil, très concurrencé par le BTP, que le recrutement est le plus tendu. La filière est aussi confrontée à un problème de formations initiales. "Comme, depuis quatre ans, la filière nucléaire n’embauchait quasiment plus, les filières de formation ont évolué, explique François Nogué. On mène donc un travail avec le CEA et EDF pour renouer le dialogue avec les écoles sur les cycles courts et longs". Si le nucléaire n’a pas de problème d’attractivité, ce serait dommage qu’il ait, comme dans la construction de nouvelles centrales, un problème systématique de compétences.

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