Record des vins & spiritueux à l'export malgré la Chine

par Pascale Denis
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Record des vins & spiritueux à l'export malgré la Chine
Les exportations françaises de vins et spiritueux ont atteint un nouveau record en 2018, malgré un fort recul des expéditions vers la Chine lié au ralentissement économique du pays et aux tensions commerciales sino-américaines. /Photo prise le 23 novembre 2018/REUTERS/Régis Duvignau

PARIS (Reuters) - Les exportations françaises de vins et spiritueux ont atteint un nouveau record en 2018, malgré un fort recul des expéditions vers la Chine lié au ralentissement économique du pays et aux tensions commerciales sino-américaines.

Les ventes à l'exportation ont progressé de 2,4% l'an dernier, franchissant la barre des 13 milliards d'euros, à 13,2 milliards, selon les chiffres publiés mercredi par la Fédération des exportateurs de vins & spiritueux de France (FEVS).

La filière récolte les fruits de la stratégie de valorisation du cognac, du champagne ou du bordeaux, alors que les volumes ont reculé de 2,7% pour cause de récolte viticole historiquement faible en 2017.

La hausse des exportations a été principalement tirée par les Etats-Unis, premier marché du secteur, où elles ont progressé de 4,6% à 3,2 milliards d'euros, comptant pour près de la moitié de la croissance totale.

A l'inverse, les exportations vers la Chine, leur troisième marché, ont chuté de 14,4% à 1,0 milliard d'euros, en raison du ralentissement de la croissance et des tensions commerciales internationales, indique la FEVS dans un communiqué.

Cette baisse doit toutefois être nuancée, selon Antoine Leccia, président de la fédération professionnelle.

"En tenant compte des hubs que sont Hong Kong et Singapour, les exportations sont quasiment stables", a-t-il déclaré à Reuters, estimant que "les fondamentaux de la consommation chinoise demeurent plutôt positifs et les perspectives porteuses à moyen-long terme dans le pays".

Singapour et Hong Kong sont utilisées comme des plates-formes logistiques à partir desquelles les différents marchés d'Asie peuvent être approvisionnés plus rapidement.

Les exportations ont grimpé de 8,3% vers Singapour, à 901 millions d'euros, et de 12,3% vers Hong Kong, à 556 millions.

DES STOCKS JUSQU'EN SEPTEMBRE

Pour 2019, la fédération professionnelle se veut confiante, malgré les remous du commerce mondial et les incertitudes liées au Brexit.

"Les exportations devraient repartir à la hausse en Chine et les Etats-Unis ont des fondamentaux remarquables", a estimé Antoine Leccia.

Au Royaume-Uni, deuxième marché des vins et spiritueux français, les exportations ont reculé de 0,6% à 1,33 milliard d'euros, pénalisées par une forte baisse (-7,1%) dans les spiritueux, tandis que le vin (+0,6%) a résisté malgré une consommation atone.

La fédération avait tiré la sonnette d'alarme en janvier après le rejet par le Parlement britannique de l'accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Se préparant à un éventuel Brexit sans accord, les exportateurs ont constitué des stocks outre Manche, comme nombre d'industriels. "Certains peuvent avoir des stocks allant jusqu'à septembre, pour voir comment la situation va évoluer", a précisé Antoine Leccia.

Chaque jour, quelque 200 camions de vins & spiritueux passent la frontière entre la France et le Royaume-Uni.

LVMH, numéro un du champagne et du cognac avec ses marques Moët & Chandon et Hennessy, détient aussi certains whiskies écossais, comme Glenmorangie ou Ardbeg.

Son concurrent Pernod Ricard, numéro deux mondial du secteur derrière le britannique Diageo, produit localement le whisky Chivas Regal et le gin Beefeater, mais réalise l'essentiel de ses ventes au Royaume-Uni avec ses grandes marques internationales comme le cognac Martell, la vodka Absolut ou le champagne Mumm.

Au total, les exportations de vin & spiritueux ont conforté en 2018 leur place de deuxième poste excédentaire de la balance commerciale française derrière l'aéronautique et les parfums et cosmétiques.

Elles restent dominées par le cognac (+1,7% à 3,1 milliards d'euros) et ses grandes marques, comme Hennessy, Martell ou Rémy Martin (groupe Rémy Cointreau).

Viennent ensuite le champagne (+2,1% à 2,9 milliards) et le bordeaux (+3,1% à 2,07 milliards).

(Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot)

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