RECHERCHEElf se dote d'un centre antipollutionC'est la filiale norvégienne du groupe qui abrite les nouveaux laboratoires qui étudieront la pollution marine par les hydrocarbures et les moyens de la combattre.

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Elf se dote d'un centre antipollution

C'est la filiale norvégienne du groupe qui abrite les nouveaux laboratoires qui étudieront la pollution marine par les hydrocarbures et les moyens de la combattre.

Averses de neige, de pluie et de grêle. L'inauguration, le 19mars, en Norvège, du centre de recherche Akvamiljo sur les pollutions marines par des hydrocarbures s'est faite sous le signe de l'eau! Construit à l'entrée d'un fjord (Boknafjord) par Elf Petroleum Norge (EPN), sur la côte ouest, il n'est qu'à 5kilomètres du siège d'EPN à Stavanger. Son objectif: "Mieux connaître les risques d'impact de notre métier sur les milieux marins et accéder à des moyens de dépollution et de restauration des sites", explique Bertrand Gaudebert, adjoint au responsable du centre. C'est le second centre de recherche, après le centre londonien de géophysique, que le groupe pétrolier établit hors de France. "Nous avons trouvé sur place les compétences scientifiques en environnement marin dont nous avions besoin", ajoute Bernard Gaudebert. Un contrat de coopération pour dix ans lie EPN et le Rogalandsforskning, l'institut de recherche semi-public du comté de Stavanger. Ce dernier fournit ainsi neuf des onze chercheurs du centre Akvamiljo, spécialisés en chimie, biologie marine, zoophysiologie, immunologie et microbiologie. C'est en Norvège que se poursuivra le programme Eurêka Bioren, qui concerne la biodégration des hydrocarbures, sur laquelle Elf se penche depuis plusieurs années.Financé notamment par EPN, Elf France, l'Institut français du pétrole et Rogalandsforskning, ce projet vise à affiner la connaissance des mécanismes de biodégradation et à améliorer l'efficacité des traitements biologiques en fonction de l'état de la mer, de la teneur en sel de l'eau, du type de pollution par hydrocarbures, etc. Il cherche également à modéliser les effets des additifs utilisés pour la biodégradation des hydrocarbures selon les caractéristiques du site pollué. En matière d'écotoxicologie marine, l'essentiel de l'activité consiste à contribuer, avec d'autres laboratoires de recherche européens, au développement de tests standards de microtoxicologie destinés à mesurer l'impact sur des organismes vivants (crustacés, larves de turbot, algues) des produits chimiques utilisés lors d'exploitations pétrolières offshore. Pour mesurer les effets de la pollution marine sur la vie animale et aquatique, les chercheurs d'Akvamiljo élaborent des biocapteurs. Il s'agit pour eux de trouver un marqueur qui serait une mémoire de la pollution "véhiculée " par un organisme vivant. Ce marqueur peut être constitué par des atteintes à l'ADN ou par des otolithes de poisson, c'est-à-dire des concrétions minérales de carbonate de calcium présentes à l'état naturel dans les organismes vivants. Des moyens analytiques puissants, comme des microscopes à laser ou à balayage électronique, permettront alors de déceler, par exemple, les métaux lourds accumulés dans les concrétions. L'amélioration des techniques de nettoyage des rejets de forage vise, elle, à extraire les hydrocarbures présents dans les boues à l'huile (injectées avec le trépan, elles ne dissolvent pas les sels et empêchent ainsi la formation de cavités dans la roche) et les déblais. Un procédé d'extraction et de nettoyage par CO2 supercritique est à l'étude. Il permettra de rejeter au fond de la mer ces déchets de forage débarrassés des traces d'hydrocarbures. Reste enfin le développement de technologies pour combattre la pollution par les hydrocarbures. Et notamment la mise au point de techniques visant à prévenir les déversements accidentels. Des capteurs spécifiques, véritables sentinelles placées sur des bouées dans les zones offshore ou portuaires, permettraient de détecter des taux d'hydrocarbures anormalement élevés.

Des études avec les filiales du groupe qui forent en mer

Financé en totalité par la filiale norvégienne du groupe pétrolier, un investissement de 32millions de francs, le centre d'Akvamiljo est ouvert à l'ensemble du groupe pétrolier. Il mènera des études communes avec les laboratoires du Sud-Ouest, le centre de recherche sur l'eau douce d'Atochem et sa filiale Ceca, qui a mis au point un nutriment accélérant la biodégradation des hydrocarbures, ainsi qu'avec toutes les filiales du groupe qui forent en mer, de la Norvège au Gabon, en passant par la Guinée ou l'Angola.

Jean-Michel Meyer



Les moyens d'elf akvamiljo

Les onze chercheurs travaillent dans quatre laboratoires de recherche, répartis sur 1700mètres carrés de bâtiments, qui recèlent certains équipements sophistiqués. Le laboratoire d'analyse chimique peut ainsi mesurer des traces infimes de polluants dans des tissus grâce à un couplage entre chromatographie (gazeuse ou liquide) et spectrométrie de masse. Le centre comprend également un laboratoire de fermentation et de microbiologie qui dispose d'outils classiques (autoclaves, etc.) et permet de travailler en atmosphère contrôlée. Enfin, le laboratoire d'écotoxicologie peut reconstituer des atmosphères froides, tropicales ou chaudes. Il comprend un hall expérimental pour reproduire différentes conditions marines (marées, plage de galets ou de sable, etc.). L'eau nécessaire aux études est puisée dans le fjord à 80mètres de profondeur à un débit de 12mètres cubes par heure. Après utilisation, elle est traitée dans une station d'eaux usées puis rejetée en mer. Budget de fonctionnement d'Akvamiljo: 16millions de francs par an.



un savoir-faire efficace dans la biodÉgradation

NOM: INIPOL EAP22.

CRéATEUR: CECA (GPE ELF).

FAIT D'ARMES: A PERMIS D'ACCéLéRER LE PROCESSUS DE DéGRADATION NATUREL DES HYDROCARBURES (BIOREMéDIATION) RéPANDUS SUR LES PLAGES D'ALASKA à LA SUITE DU NAUFRAGE DE L'"EXXON VALDEZ" EN 1989. L'INIPOL EAP22 EST UN NUTRIMENT (AZOTE ET PHOSPHORE) QUI STIMULE LA CROISSANCE DES NOMBREUX MICRO-ORGANISMES PRéSENTS DANS L'éLéMENT MARIN ET CAPABLES DE DéGRADER LES HYDROCARBURES.

USINE NOUVELLE - N°2449 -

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