RECHERCHE10 milliards de francs pour le nouvel accélérateur de particulesLes Etats-Unis, le Canada, le Japon, l'Inde et la Russie vont financer la construction du nouvel accélérateur de particules du Cern. Un budget de 10 milliards de francs.

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10 milliards de francs pour le nouvel accélérateur de particules

Les Etats-Unis, le Canada, le Japon, l'Inde et la Russie vont financer la construction du nouvel accélérateur de particules du Cern. Un budget de 10 milliards de francs.



Grâce à un millier d'aimants supraconducteurs refroidis à l'hélium liquide, le LHC (Large Hadron Collider), actuellement en construction au Cern de Genève, atteindra une énergie près de vingt-cinq fois plus élevée que le LEP, le plus puissant des accélérateurs de l'organisme de recherche. Avant d'ouvrir de larges perspectives sur la science du XXIe siècle, cet outil, qui prendra place dans un tunnel circulaire de 27 kilomètres de circonférence, a réussi à faire l'unanimité. Le Congrès américain est sur le point de valider l'accord de coopération qui prévoit une contribution de 530 millions de dollars. Et la participation des Etats-Unis marque l'avènement d'une pratique nouvelle de la recherche, passant par une véritable mondialisation des ressources. Le projet LHC devrait encore recevoir près de 850 millions de francs du Japon, de la Russie, du Canada et de l'Inde. Fort de ces supports financiers, le conseil du Cern a décidé que le LHC serait achevé en une seule étape et opérationnel en 2005, au lieu de la date de 2008 initialement envisagée. Ainsi, les principaux contrats, concernant la construction et l'assemblage des aimants, les câbles supraconducteurs, la cryogénie et le génie civil, seront attribués avant la fin du siècle. D'ores et déjà, les Européens commencent à recevoir les dividendes de leurs efforts. Ansaldo (Italie) et Noell (Allemagne) fourniront la mécanique lourde et la mécanique de précision du LHC. Et un premier contrat de 220 millions de francs a été conclu avec le belge Cockerill-Sambre, qui livrera 50 000 tonnes d'acier pour les aimants. Mais, dans les domaines de haute technologie, il faut être bien plus qu'un simple fournisseur pour décrocher un contrat au Cern. En effet, la recherche scientifique, à cette échelle, implique un partenariat étroit entre les industriels et le commanditaire. Ainsi, de grands groupes participent aux études de prototypes dans l'espoir de se voir attribuer une part du gros gâteau de 5 milliards de francs que représente le marché des aimants du LHC. Par exemple, GEC-Alsthom intervient dans la construction des accélérateurs du Cern depuis quarante ans et prend part depuis presque dix ans à l'élaboration de la nouvelle machine. Oxford est également très présent. Le groupe britannique a détaché rien moins que son ex-directeur ATG (Accelerator Technology Group) pour participer au dimensionnement des éléments magnétiques du LHC. De plus, il intervient sur les prototypes de passages supraconducteurs à haute température critique (HTC) pour les forts courants électriques. Les deux groupes sont dans la course pour la fourniture d'une partie des 2 370 kilomètres de câbles supra-conducteurs nécessaires, soit 470 tonnes de supraconducteur brut (niobium/titane), aux spécifications draconiennes. La volonté du Cern étant d'avoir plusieurs fournisseurs, ils devront se partager le marché avec Outokumpo (Finlande), Vacuum Schemlze (Allemagne) et LMI (Italie) et des fournisseurs américains. En vertu de l'accord qu'il reste à valider, les Etats-Unis devraient fournir une part du matériau supraconducteur brut et environ 10 % des câbles terminés. En outre, le Cern a prévu de tripler sa puissance cryogénique et d'installer des étages de compression fonctionnant à - 271 °C pour refroidir les aimants supraconducteurs. Là encore, les Européens sont bien installés. Air liquide (France) et Linde (Allemagne) ont déjà fourni les centrales cryogéniques du LEP et les premiers compresseurs du LHC, testés fin 1996. Dans un domaine moins novateur, mais tout aussi juteux, le LHC requiert 1,5 milliard de francs de modifications et d'aménagements en termes de génie civil et d'infrastructures. Des groupes européens du B-TP, comme le franco-britannique Spie-Batignolle - Amec, sont en lice.





USINE NOUVELLE N°2610

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