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Réchauffement des relations américano-russes

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Repartir à zéro dans leurs relations diplomatiques et faire de la Russie un pays plus démocratique. Telle est la volonté affichée des présidents américain et russe, Barack Obama et Dmitri Medvedev, à Moscou, pour la première visite officielle du président américain depuis son élection.

Réchauffement des relations américano-russes
Rencontre Medvedev / Obama

 

 

Et de promettre la construction « d’un partenariat durable entre d’anciens adversaires, avec une Russie forte, prospère et pacifique », d’après le président américain devant la Nouvelle école économique, rassemblant les futures élites russes. Sur ce dernier point, il n’a en effet pas oublié de rappeler à Dmitri Medvedev l’importance du respect des règles de la démocratie, le pressant de lutter activement contre la corruption présente et de faire respecter le droit dans l’économie du pays. « La force d’un pays dépend du fait que son économie fonctionne selon les règles de l’Etat de droit », a expliqué Barack Obama, reprenant les propos de son homologue russe. « Un système de lois efficace et mûrement réfléchi représente la condition d’un développement économique soutenu », précisait Dmitri Medvedev.

Certaines entreprises américaines ont d’ores et déjà annoncé avoir conclu une série de contrats pour un total de 1,5 milliard de dollars. Parmi elles, le constructeur de machines agricoles Deere & Co devrait investir pour 500 millions de dollars sur cinq à sept ans et Pepsico, désireux de s’insérer sur le marché russe dans le cadre de sa stratégie d’expansion, et ce malgré la crise. Preuve d’un début de relance entre les deux nations.

 

133 millions de dollars par an

Rien d’étonnant, car selon Barack Obama, les pays partagent des intérêts communs, comme l’environnement ou la lutte contre la prolifération, dépassant les conflits anciens de la Guerre froide ou plus récents. D’importants accords militaires ont ainsi été signés entre les deux pays dès le début de la visite de Barack Obama. Revenant sur un héritage de la Guerre froide, les deux présidents ont trouvé un terrain d’entente quant au contrôle des armements nucléaires, réduisant leurs arsenaux à 1 500 têtes nucléaires.

Autre avancée importante : le transit par la Russie des forces américaines combattant en Afghanistan, réclamé par les Etats-Unis depuis plusieurs mois. Le geste de la Russie devrait permettre aux Américains d’économiser 133 millions de dollars par an, en utilisant l’espace aérien russe pour acheminer les soldats et matériels, sans payer de frais de navigation. Cet accord a une portée fortement symbolique, car la guerre en Afghanistan est une priorité pour le président américain. « Discuter avec les Etats-Unis et être associer à d’importants projets permet à la Russie d’être présente dans la sphère internationale et de retrouver le prestige auquel elle est tant attachée », explique Thomas Gomart, directeur du centre Russie / NEI à l’Institut français des relations internationales (IFRI).

 

Fin de guerre froide ?

Un début de consensus qui pourrait trancher avec les dernières années de vie diplomatique entre les deux pays ennemis. « Le temps où des empires pouvaient manipuler les Etats souverains comme des pièces d’un jeu d’échec sont révolus », a lancé Barack Obama, revenant implicitement sur les positions de la Russie quant à la Géorgie ou à l’Ukraine. Le président américain a même renouvelé son soutien à la Russie quant à sa candidature pour rentrer dans l’Otan, appelant à une « coopération et un respect mutuel de tous les peuples de la Terre »

 

Reste que le président américain reste lucide et avoue que le Kremlin et la Maison-Blanche ne pourront pas s’entendre sur tout. Déjà, des divergences sont perceptibles sur la question du bouclier anti-missiles que les Etats-Unis voudraient installer en Europe mais que les Russes refusent de peur de perdre leur crédibilité nucléaire. Les propos du président américain assurant que ce déploiement ne serait dirigé qu'à l'encontre d'Etats comme l'Iran n'a pas suffi pour trouver un accord. « Cette rencontre est une excellente occasion d’équilibrer et de renforcer nos relations, mais ne peut pas tout résoudre », a-t-il précisé. Selon Thomas Gomart, « un seul sommet ne suffira pas à effacer les relations froides entre l’administration américaine des années Bush et la Russie ».

 

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"La Russie rachète l'industrie allemande, une revanche de l'histoire" (Thomas Gomart, 08/06/2009)

 

 

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