Rassurer les consommateurs, enjeu prioritaire de la filière semences

Le Gnis va créer un comité destiné à retisser les liens avec le grand public, incite les étudiants à rejoindre la filière, et compte faire évoluer sa gouvernance. Autant d’actions menées dans un contexte d’incertitudes sur les suites de l’arrêt de la Cour de justice européenne sur les nouvelles techniques de sélection.

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Rassurer les consommateurs, enjeu prioritaire de la filière semences
Le travail effectué dans les serres doit mieux être compris du grand public, estiment les professionnels.

Le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis) va créer, d’ici le printemps prochain, un comité des enjeux sociétaux. Prévue dans le plan de filière remis fin 2017 au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, cette instance est un moyen de retisser le lien avec le grand public. "Ce groupe pourra aller sur le terrain, interpeller le conseil d’administration… Il devra nous éclairer sur la façon de mieux faire comprendre et accepter ce que nous faisons dans nos entreprises, nos laboratoires, nos serres ou nos champs d’essai", précise le président du Gnis, François Desprez.

Incertitudes sur le cadre juridique de la mutagénèse

Parmi les sujets potentiels dont pourra se saisir ce comité, celui de la communication liée à l’acceptabilité des "nouvelles techniques de sélection végétale" (NBT) occupe une place prépondérante.

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En juillet dernier, la Cour de justice de l’Union européenne a considéré que les organismes issus de sélection par mutagénèse devaient être soumis à la même réglementation que les organismes génétiquement modifiés. "Pour le ministère de l’Agriculture, il n’y a aucune variété cultivée en France qui relève des nouveaux OGM tels qu’ils sont décrits", observe François Desprez. La profession est aujourd’hui dans l’attente d’une décision du Conseil d’Etat, saisi en mars 2015 neuf associations françaises, à ce sujet.

L'agro-écologie reconnue

La mise en œuvre du plan de filière, qui a débuté en 2018, passera aussi par une évolution de la gouvernance du Gnis (la grande distribution et le jardinage pourraient mieux être représentés). Les entrepreneurs de triage à façon des semences pourraient rejoindre le Gnis. "La semence n’est pas, aujourd’hui, que la semence certifiée : il y a des usages dont il faut tenir compte", ajoute François Desprez. La création d’un "observatoire de la recherche et de la contribution à l’agro-écologie", destiné à mesurer l’impact des derniers travaux en matière de sélection variétale et de leur adoption par les utilisateurs, est également dans les tuyaux.

Pour l’heure, les étudiants potentiels futurs professionnels des semences, sont adressés via un Mooc développé en collaboration avec l’institut des sciences agronomiques AgroCampus Ouest de Rennes. Ses promoteurs espèrent qu’ils rejoindront, à l’issue de leurs études, la filière semences. La France en est le premier producteur européen et le premier exportateur mondial.

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