L'Usine Energie

Rapport Gallois : Les gaz de schiste enterrés, de nouveau, par le gouvernement

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

Louis Gallois préconise de rouvrir le débat sur les gaz de schiste dans son rapport remis ce lundi 5 novembre. Mais le Premier ministre refuse de rouvrir ce sujet épineux pour la coalition gouvernementale.

Rapport Gallois : Les gaz de schiste enterrés, de nouveau, par le gouvernement © D.R.

Ni la volonté de Louis Gallois, ni le lobby pétrolier, ni l’influence de quelques ministres n’y ont fait… Les gaz de schiste vont rester durablement un sujet tabou en France.

Le rapport sur la compétitivité, remis par Louis Gallois au Premier ministre ce lundi 5 novembre, préconise de relancer la recherche sur cet hydrocarbure et de mettre au point des techniques alternatives à la fracturation hydraulique. "Cette proposition n’est pas retenue, la ligne édictée par le président de la République lors de la conférence environnementale reste inchangée", ont indiqué les services du Premier ministre.

En septembre dernier, François Hollande s’était montré ferme. Le Président avait alors "demandé à Delphine Batho, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie de prononcer sans attendre le rejet des sept demandes de permis déposés auprès de l’État (…). S’agissant de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels, telle sera ma ligne de conduite tout au long de mon quinquennat ".

Cette décision se heurte aujourd’hui frontalement avec l’analyse de Louis Gallois. Dans les semaines précédant la remise officielle de son rapport, l’ex-patron d’EADS avait jugé impossible de faire l’impasse sur ce sujet, déclenchant immédiatement l’ire de Delphine Batho.

En revanche, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, déjà dissident par le passé, avait jugé qu’il fallait réfléchir à cette exploitation. Il a reçu le soutien du ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies. "Aucun d’entre nous ne pense que le gaz de schiste est quelque chose qu’il faut pour l’éternité écarter" jugeait-il à la tribune du Talk Orange-Le Figaro.

Immédiatement, une levée de boucliers est venue du côté des associations écologistes et d’Europe Écologie Les Verts. "Un revirement du gouvernement serait une violation absolue de l’accord passé (entre le PS et Europe Écologie Les Verts) " déclarait Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat.

Ce dernier juge que le sujet est clos. Durant la campagne présidentielle, les socialistes et les écologistes s’étaient entendus sur la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) et l’interdiction définitive des gaz de schiste. Deux engagements que le Président semble prêt à honorer coûte que coûte.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte