Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Rapport Gallois : La compétitivité, un ménage à trois pistes

Solène Davesne ,

Publié le

Abaissement du coût du travail, relance de l'investissement et travail en filière : trois pistes pour redonner du poids à l'industrie.

Que va changer le rapport sur la compétitivité que Louis Gallois devrait remettre le 5 novembre au gouvernement ? Depuis deux ans, les textes s'entassent et le diagnostic est assez partagé. En dix ans, le poids de l'industrie française a reculé. La part de marché de nos entreprises dans les exportations européennes est passée de 15% en 2002 à 12,6%. Dans le même temps, leurs taux de marge se ratatinent et leur capacité d'autofinancement s'est réduite de 90% à 60%. « L'industrie [française] perd ses marges parce qu'elle doit baisser ses prix, s'alarme Patrick Artus, le chef économiste de Natixis. Elle n'a plus les moyens de monter en gamme. Parallèlement, l'Espagne, qui s'est positionnée sur le bas de gamme, a fait les réformes structurelles nécessaires et grignote la part de marché de nos industriels. »

 

Améliorer ses points faibles

Les industriels, à commencer par Carlos Ghosn, le PDG de Renault, pointent du doigt le coût du travail grevé par des cotisations, plus élevées qu'en Allemagne par exemple. « Il faut un choc de compétitivité », réclame Pierre Gattaz, le président du Groupe des fédérations industrielles (GFI). Mais la compétitivité ne se résume pas à une simple question du coût de travail. S'il a augmenté plus vite en France que chez nos voisins, ce coût horaire reste au même niveau dans les deux pays dans l'industrie manufacturière. Surtout, les salaires pèsent trop peu dans la valeur ajoutée totale pour expliquer le dérapage. « Sur une voiture, les salaires représentent environ 20% des coûts, calcule Max Blanchet, senior partner au cabinet Roland Berger. Baisser les cotisations de 10% n'aboutirait qu'à une baisse de 1% du prix final. C'est trop peu pour lutter contre l'industrie allemande et encore moins contre nos concurrents asiatiques. »

Le véritable handicap est ailleurs. Les industriels français sont coincés sur des segments bas de gamme, sur lesquels la concurrence par le prix est plus rude. « Monter en gamme est un travail de longue haleine, qui prendra dix ans », reconnaît Patrick Artus. Et pour y parvenir, les industriels doivent travailler leurs points faibles. À commencer par les dépenses de recherches privées en France, qui atteignent 22 milliards d'euros, contre 42 milliards en Allemagne, et irriguent moins les PME, de trop petites tailles. Selon le cabinet Roland Berger, 5% sont à destination de la recherche technologique, contre 22% outre-Rhin. « L'innovation de process est négligée, alors que c'est là que se jouent la qualité et la maîtrise des délais de livraison », reconnaît Pierre Gattaz. Deuxième insuffisance : le sous-investissement, qui dure depuis plusieurs années. L'âge moyen du parc de machines dans nos usines est de 17 ans, alors qu'il est de 9 outre-Rhin. Les sites de production utilisent aussi moins de robots, l'une des clés de la productivité.

Troisième défaut, le manque de coopération, surtout quand il est comparé à la cogestion à l'allemande. Entre grands groupes et fournisseurs, les filières peinent à s'organiser. Un espoir cependant pour les négociations sur la flexibilité et la compétitivité. Le « contrat social » de PSA à Sevelnord sert d'exemple à leur (encore timide) développement.

L'État, les entreprises et les salariés doivent faire un effort. Il y a quelques semaines, Louis Gallois a dévoilé une version provisoire et officieuse de son rapport devant les membres du bureau de la Conférence nationale de l'industrie. Pour sauver l'industrie, l'ancien patron d'EADS a plaidé, à court terme, pour un « choc de compétitivité » et une baisse de 40 milliards des cotisations sociales, avec un contrôle par les représentants des salariés pour s'assurer que l'amélioration des marges sert bien à l'investissement des entreprises. « Indispensable si l'on veut retenir des parties de chaînes de production chez nous et ne pas financer des baisses de prix ou des investissements ailleurs », applaudit Max Blanchet. Arnaud Montebourg est sur cette ligne. En revanche, sur le financement de la mesure, les débats sont vifs au sein du gouvernement. L'Élysée a laissé filtrer sa préférence pour la CSG, alors que le ministre du Redressement productif s'est prononcé, lui, pour une taxation des banques et de l'immobilier.

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle