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Rapport Gallois : la compétitivité, ce sont les industriels qui vont la fabriquer

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Publié le , mis à jour le 22/10/2012 À 09H06

Analyse Le rapport Gallois prônerait un choc de compétitivité d'au moins 30 milliards d'euros mais le gouvernement et le président de la République ont déjà annoncé qu'ils ne se sentaient pas liés par ses préconisations. Un deuxième rapport a été commandé au haut conseil du financement de la protection sociale... mais il n'est pas attendu avant janvier. Pour retrouver des marges de manoeuvre, les industriels vont devoir se débrouiller seuls...

Rapport Gallois : la compétitivité, ce sont les industriels qui vont la fabriquer
Louis Gallois doit remettre son rapport le 5 novembre... Mais il sait déjà qu'il sera enterré.
© Reuters

La compétitivité n’est plus une affaire d’État. Depuis que le Premier ministre a décidé de transformer le choc en trajectoire, depuis que le président de la République a dit qu’il ne sentait pas lié par les conclusions du rapport Gallois, les industriels ont compris qu’il n’y aurait pas de transfert massif de charges du travail vers la consommation. Le financement de la protection sociale restera encore majoritairement assuré par les entreprises et les salariés pour préserver le sacro-saint pouvoir d’achat des Français…

On pourrait se lamenter, manifester, hurler au scandale mais tout cela serait vain. Mieux vaut analyser froidement la situation et se dire qu’une fois de plus, les industriels ne pourront compter que sur eux-mêmes pour retrouver des marges de manœuvre. En matière de compétitivité comme de plans sociaux, l’État ne peut pas tout. C’est donc à chacun de se prendre en main.

Et, pour l’industrie, cela peut se faire au niveau de chaque usine, de chaque centre de R&D, de chaque établissement ou de chaque groupe. C’est à cette échelle locale que les points de compétitivité qui manquent peuvent se gagner. Il faut s’inspirer en cela de l’usine PSA de Sevelnord. Ce site de production a réussi à remporter une nouvelle fabrication (et à assurer son avenir) en concluant un pacte avec ses salariés : ces derniers acceptaient de travailler un peu plus contre l’assurance de décrocher des investissements et l’industrialisation d’un nouvel utilitaire.

Un seul grand accord-cadre national pour tout régler ?

Cette démarche pragmatique et consensuelle est la meilleure qui soit. C’est d’ailleurs celle que veut adopter Renault à l’échelle du groupe. Lors des Assises de l’Industrie organisées par L’Usine Nouvelle, Carlos Tavares, son directeur général, a rappelé qu’il tendait la main à ses salariés pour trouver ensemble les solutions qui permettront aux usines françaises de redevenir compétitives. De l’État, il n’attend rien… Et, après tout, c’est peut-être mieux ainsi.

Comment en effet, peut-on espérer régler tous les problèmes de compétitivité avec un seul grand accord-cadre national ? Sur le terrain, il y a autant de handicaps à combler que d’entreprises. Prenez ce fabricant de compresseurs sur-mesure, qui exporte 90 % de sa production, son problème, ce n’est pas le coût du travail mais les pénuries de compétences.

Pour ce sous-traitant de l’automobile très peu automatisé, l’urgence, c’est d’alléger le poste salaires en tentant de renégocier sur les 35 heures. Pour ce grand groupe, réalisant 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires et employant des milliers de personnes, le sujet c’est la flexibilité de son organisation qui pourrait vite devenir un grand paquebot ingouvernable.

Bref, chacun trouvera ses solutions en fonction de ses réalités… Et se dira que la compétitivité n’est jamais aussi bonne (et efficace) que quand elle est faite maison !

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10 commentaires

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25/10/2012 - 16h47 -

Réveillez-vous, Salariés, devenez indépendant, prenez des risques, mais pour cela, il faut avoir une autre mentalité; Le plus grand des risques c'est de ne pas en prendre. Prenez-en de la graine. Assistés, syndicats etc
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23/10/2012 - 17h28 -

Valeur et compétence...L'enjeu est de gérer de manière optimale les risques,tout en développant ses revenus et sa FLEXIBILITE pour adapter sa croissance aux évolutions du marché. Quittez le statut d'assisté pour devenir indépendant et travailler en sous-traitance. Le plus grand des risques, c'est de ne pas en prendre.
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23/10/2012 - 11h15 -

La compétitivité des entreprises peut évidemment être facilitée par leur environnement politique et fiscal, mais merci à l'Usine Nouvelle de souligner que la compétitivité reste dans leur main, avec des leviers différents pour chacune ! Une entreprise est compétitive si elle apporte plus de valeur(s) à chacune des ses parties prenantes : si elle rapporte plus (pas seulement de l'argent mais d'autres satisfactions) qu'elle ne coûte ! Aux actionnaires, certes, mais cela ne suffit pas. Aux clients, bien sûr, mais les futurs autant que les actuels, en leur apportant des services autant que des produits, plus utiles que ceux des concurrents. Aux employés, clés de la productivité et de l'innovation, qui cherchent argent, mais aussi sécurité, reconnaissance ... et autres valeurs. Aux fournisseurs, trop souvent oubliés et pourtant clés de l'innovation autant que des coûts. A l'environnement, qui donne un cadre de vie aux hommes de l'entreprise et ses voisins, et reçoit en retour ... des pollutions ? A la société et ses administrateurs, qui fournissent à l'entreprise d'innombrables ressources (formation, infrastructures, ...) et demande le respect de la loi et la redistribution de surplus aux plus nécessiteux.
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22/10/2012 - 18h09 -

@Etienne: Quelles réactions épidermiques! Pan ,Pan! On tire et on se pose des questions après.
Vous voulez une lecture impartiale? Faites-nous la votre du rapport Gallois, qui sauf boule de cristal, vous n'avez pas pu lire puisqu'il ne doit être rendu que pour le séminaire de compétitivité le 7 Novembre!
C'est notre président lui-même qui a parlé de compétitivité lors de sa campagne et qui a commandité ce rapport à Louis Gallois (après bien d'autres tous enterrés), pourquoi alors donner l'impression que ce sera un avis parmi tant d'autre ? Tout cela est de mauvaise augure.
Ensuite, on aimerait croire que vous êtes prêts à défendre les intérêts des TPE-PME-PMI, mais sachez que ces problèmes de compétitivité les concernent au premier chef et ils en attendent beaucoup, trop certainement!
Pourriez-vous expliquez votre égalité "compétitivité = moins-disance sociale", j'en déduit que "non-compétitivité = plus-disance sociale" ? Un peu péremptoire ?
Pour le reste je vous laisse l'entière responsabilité de vos propos et de vos procès d'intention.
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22/10/2012 - 14h39 -

Mais bien évidemment que non, mon cher Nounours, nous ne savons faire aucune différence ! Nous ne savons rien, d'ailleurs nous sommes des fonctionnaires qui vivons aux dépends de l'état, et donc, bien évidemment, des gens comme vous, qui travaillez dur et vous levez tôt !

En tout cas, il faudra que vous me prêtiez votre boule de cristal, puisque vous critiquez des décisions qui n'ont pas encore été prises (en vous gardant, au passage, bien de critiquer les actions passées et le bilan de la droite).

Ah oui, bien évidemment, vous vous gardez bien de mentionner le fait que le rapport, comme les premières fuites gouvernementales, parle bien d'un étalement du "choc" de compétitivité sur plusieurs années, ce qui correspond donc bien à une trajectoire. Merci de votre lecture impartiale qui nous éclaire tous !
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22/10/2012 - 12h46 -

Au final donc on sera passé du "choc" à la "trajectoire" puis à rien du tout. Louis Gallois n'étant pas un radical au sein du patronat, loin s'en faut, on peut s'en préoccuper.
En fait qui aurait dit "choc" aurait dit également modification assez brutale du périmètre de l'état et de la dépense publique (voir les réactions De M Touraine!). Avec le gouvernement précédent, il en a été question que très modestement avec celui ci, il n'y a donc plus rien à espérer.
A cet égard j'aimerais bien que M Sapin donne plus d'explication à cette placardisation du rapport. A la fin on finit par se demander où est le problème.
Ce qui est inquiétant c'est le sentiment d'indécision et d'impréparation qui est en train de révélér un amateurisme extrême. On a au commande du pays une génération qui ne sait plus depuis longtemps ce qu'est l'économie réelle.
Pour les réactions diverses étonnantes dans ce forum, j'aimerais savoir si certains savent faire la différence entre un salaire net, un salaire brut et un salaire brut chargé?
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22/10/2012 - 10h18 -

Oresme : Ben voyons. C'est bien évidemment la faute des français, qui évidemment à 1500€ par mois profitent sans rien redonner en échange, pas vrai. Aucun mot sur le rôle du patronnat français dans tout ça, son absence de vision, d'audace, ses accointances politiques de droite, le rôle de cette dernière dans l'étouffement du tissu des PME au profit de grands groupes. La droite française c'est la culture de la rente. Tout pour les plus riches, que ce soit des personnes physiques ou des sociétés, et on met la pression sur le reste. Et évidemment, Oresme, aucun mot sur le fait que le rapport propose EN FAIT un transfert de charges étalé sur 3 ans et en AUCUN cas un quelconque choc. En gros, une trajectoire.
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22/10/2012 - 10h04 -

Gallois construit ses futurs airbus aux USA. La main d’œuvre est chère dans ce pays mais hors zone Euro. Alors le problème c’est les salaires ou l’Euro ? En plus donner du travail aux USA alors que les investissements viennent de l’Europe, comme donneur de leçon il n’y a pas mieux que Gallois ? Y a t'il vraiment besoin d'un rapport pour dire que moins on paye les ouvriers plus il est facile de produire. Les esclavagistes avaient trouvé cette vérité il y a fort longtemps. Et oser titrer ‘la compétitivité, ce sont les industriels qui vont la fabriquer’ alors que les mesures sont un transfert de charges énorme entre l’entreprise et les impôts c’est vraiment se moquer de notre intelligence et les industriels ne savent plus être compétitifs et s’en remettent a l’état pour régler leur problème de compétitivité. Les industriels veulent encore plus de libéralisme, de libre échange et de mois disant social alors que c’est justement ce système qui a crée la crise.
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22/10/2012 - 09h58 -

Etienne: Faudrait commencer à comprendre que plus-disant social = chômage bien souvent....que cela vous plaise ou non, c'est ainsi. Sinon, ça se saurait... ce serait un peu facile de faire baisser le chômage. Mais les français préfèrent s'auto-détruire que de travailler 30 minutes de plus par semaine pour sauver leur pays...leur choix.. qu'ils assument les conséquences tout simplement. Bonne journée.
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22/10/2012 - 09h00 -

Super edito, pas partial du tout, ça fait plaisir ! Vous vous êtes quand même rendu compte qu'en fait de "choc" le rapport propose un transfert de charges étalé sur 3 ans ? Le choc, c'est le Figaro qui en a parlé, et on sait bien que le Figaro "n'est pas là pour emmerder la droite". Sympa votre conclusion comme, également, compétitivité = moins-disance sociale. Tout dans la finesse !
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