Rapport d’étape - Objectif : monter en gamme

Selon le bilan de la première phase des états généraux de l’industrie, remis la semaine dernière au ministre Christian Estrosi, l’industrie française doit innover davantage et monter en gamme si elle veut retrouver son rang.

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Rapport d’étape - Objectif : monter en gamme
Pointé du doigt. Le rapport d’étape signale le mode d’innovation trop cloisonnée qui règne dans l’industrie française.

ses parts de marché reculent en Europe, elle investit moins en R&D que ses grands concurrents européens et elle perd plus d’emplois qu’eux… C’est le portrait un brin déprimant que dresse le rapport d’étape réalisé dans le cadre des états généraux sur l’industrie française et rendu public la semaine dernière. Depuis 2000, les effectifs employés dans l’industrie ont reculé, passant de 16% de la population active à 13%en 2008. De quoi renforcer encore, si besoin était, la nécessité de remettre à plat la stratégie industrielle et de redynamiser au plus vite une activité en perte de vitesse. Deux mois après le début des consultations en région et dans les groupes de travail nationaux, le rapport d’étape vient clôturer la première phase des états généraux en se concentrant sur le «diagnostic et les enjeux prioritaires ». Mais il liste déjà une trentaine de pistes de réflexion, plus ou moins détaillées. Elles devraient préfigurer les mesures concrètes et les propositions d’actions, sur lesquelles les états généraux doivent plancher jusque fin janvier. Nicolas Sarkozy devrait ensuite rendre ses arbitrages début février et préciser sa «nouvelle politique industrielle ». Un milliard d’euros a d’ores et déjà été provisionné dans le cadre du grand emprunt pour financer ces mesures.

Identifier les Filières les Plus Porteuses

Pour redresser la barre, «la réponse de l’industrie doit se faire en combinant toujours davantage l’innovation, la production et les services », affirme le rapport, qui pointe du doigt la mauvaise spécialisation de l’industrie française et un mode d’innovation trop cloisonnée. Objectif: la production doit ainsi «monter en gamme», notamment en identifiant les filières les plus porteuses pour asseoir «une spécialisation industrielle plus performante ». Parmi les pistes d’amélioration: le développement du design ou du management de l’innovation dans les PME qui pourrait doper leur créativité, selon le rapport, qui entend aussi améliorer l’enseignement technique. Une question a cristallisé les débats dans la quasi-totalité des groupes de travail depuis deux mois: celle des relations entre donneurs d’ordres et sous-traitants. Sur ce point, le rapport se contente de recommander la mise en place d’« enceintes de dialogue » entre clients et fournisseurs d’une même filière, sur le modèle de la plate-forme qui a été mise en place dans l’automobile et «qui commence à porter ses fruits» (ce que d’aucuns contestent). De façon générale, il veut favoriser une politique «d’écosystème ». Des mesures déjà évoquées par Christian Estrosi en novembre lors du lancement des états généraux.

Pour le reste, le rapport s’aventure peu hors des sentiers battus et reprend un certain nombre des suggestions du ministre de l’Industrie : créer des incitations pour relocaliser des entreprises, des prêts en faveur de l’écoconception ou pour soutenir les entreprises de taille intermédiaire (ETI)… Mais il reste critique sur l’efficacité des aides publiques, qui devront être évaluées et «adaptées en tant que de besoin». Un problème qui devrait trouver des réponses dans le deuxième round des discussions avant début février.

Solène Davesne



L’idée à creuser

“Un fonds de dotation pour défendre nos savoir-faire” - Fabienne WarinPrésidente du fonds de dotation Industri’Ailes et chef l’entreprise dans l’Isère

«Nous sommes cinq patrons de PME spécialisées dans le travail du bois et des métaux dans l’Isère. Parce que nous ne voulions pas voir nos savoir-faire industriels disparaître, nous venons de créer un fonds de dotation. Son objectif: constituer une base de données pour évaluer correctement les coûts cachés d’une délocalisation et inciter les chefs d’entreprise à maintenir leur production en France. Le fonds devrait financer, dans un premier temps, des travaux réalisés par les étudiants de l’Ecole de management de Grenoble sur ces thèmes. Si on veut réindustrialiser le pays, il faut que ces futurs PDG ne considèrent plus la fabrication en France comme ringarde. Nous souhaitons aussi en profiter pour défendre et valoriser le “made in France“ auprès des acheteurs. Il n’y a pas de fatalité!»

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Calendrier

> Du 12 au 28 janvier Restitution des travaux des ateliers dans chaque région.
> 27 janvier Publication du rapport final et présentation des propositions d’actions.
> Début février Convention nationale pour présenter la nouvelle politique industrielle. La présence de Nicolas Sarkozy reste en débat.

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