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L'Usine Matières premières

Rapport CyclOpe 2019, ou "Les illusions perdues" de Philippe Chalmin

Myrtille Delamarche , , , ,

Publié le

Le Cercle Cyclope de Philippe Chalmin présente ce 15 mai son dernier rapport, le 33e de la série, sous-titré "Les illusions perdues". Une désillusion provoquée tant par les mornes perspectives de croissance que par la multiplication des conflits économiques, qui pèsent sur les marchés de matières premières.

Rapport CyclOpe 2019, ou Les illusions perdues de Philippe Chalmin
Le 33e rapport CyclOpe 2019 est sous-titré "Les illusions perdues", un titre emprunté à Honoré de Balzac.
© DR

Après l’optimisme de 2018, place à "un vent de spleen sur l’économie mondiale", décrypte Philippe Chalmin, créateur du rapport CyclOpe sur les marchés de matières premières et fondateur du cercle éponyme. Les "illusions perdues" de Philippe Chalmin et des co-auteurs du rapport CyclOpe 2019 (33e du nom), ce sont celles d’une mondialisation heureuse, régulée et porteuse de croissance.

Doutes sur la croissance mondiale

Si ce vent mauvais "épargne quelque peu les Etats-Unis", il a balayé la croissance des pays émergents comme celle de l’Europe, explique Philipe Chalmin. "Nous sommes dans un trend général de marchés plutôt à la baisse, que vous retrouvez sur des marchés aussi différents que les minerais et métaux, le gaz, le charbon, un certain nombre de produits agricoles… D’un côté nous assistons à l’arrivée sur le marché de nombre d’investissements décidés dans les années 2006-2014, et de l’autre nous avons des doutes sur la résilience de la croissance mondiale." Ceci étant accentué par l’appréciation du dollar, qui, rappelle Philippe Chalmin, "a une corrélation inverse avec les prix des matières premières". L’économiste balaie également les aléas climatiques et géopolitiques "qui rendent nos marchés si intéressants" à décrypter.

Les matières premières "aux premières loges"

Philippe Chalmin rappelle qu’en mai 2018, Pascal Lamy avait conclu le colloque sur l’Iran et la Chine contre les Etats-Unis. "On pouvait imaginer qu’en mai 2019, les Etats-Unis auraient prolongé leurs dérogations vis-à-vis de l’Iran et qu’il y aurait eu une grande embrassade entre [le président chinois] Xi et [le président américain] Trump mettant un terme aux conflits". Que nenni ! "Au contraire, au moment de la sortie de CyclOpe, nous avons ces deux fronts et bien d’autres encore, à l’instar des tensions accrues ces jours-ci sur le Golfe. Dans ce genre de conflits commerciaux, les matières sont aux premières loges." Que ce soit "le pétrole - c’est évident - mais aussi l’acier, l’aluminium, le soja pour la viande de porc, qui pâtit de la peste porcine en Chine, le colza pour le Canada…"

Pour Philippe Chalmin et ses co-auteurs, qui avaient "rêvé après la crise de 2008 et la reprise de la croissance, d’un monde qui commençait un peu à s’organiser", nous sommes aujourd’hui "dans des logiques d’affrontements où ne compte plus que la diplomatie de la canonnière". Et "les quelques instances de régulation internationales se trouvent complètement mises de côté dans cette logique d’affrontements bilatéraux qui relèguent le multilatéral aux oubliettes".

De "A" comme ananas à "Z" comme zirconium

De l’ananas au zirconium, CyclOpe analyse l’ensemble des commodités, balayant tant leurs fondamentaux sectoriels que l’impact de ces conflits géopolitiques, en mettant l’accent sur les métaux électriques et énergétiques au sens large (cobalt, lithium, palladium…). "La bulle du palladium s’est dégonflée, celle du cobalt a totalement éclaté, et le lithium est un marché un peu obscur mais les cotations ont fortement baissé sur le marché chinois", détaille Philippe Chalmin.

Les espoirs sur le caractère électrique du nickel et du cuivre restent à confirmer, car cet usage reste au second plan par rapport aux marchés traditionnels des métaux. Ceux-ci "ont des fondamentaux plutôt positifs mais la crainte sur les perspectives de croissance du marché chinois pèse sur ces marchés qui restent dans des zones de basses eaux", note Philippe Chalmin. CyclOpe parle "un peu moins des terres rares, qui n’ont pas occupé le devant de la scène cette année", malgré tout l’intérêt qu’elles suscitent.

L’autre aspect important souligné par Philippe Chalmin (c’était déjà le cas en 2018) est la commoditisation du gaz, en raison de la croissance des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL). Grâce à l’arbitrage qu’il rend possible, "la logique de contrats cède le pas au marché spot, et des marchés dérivés se développent". Les marchés du gaz ont été "très secoués à la hausse puis à la baisse, alors qu’il est beaucoup moins soumis aux aléas politiques que le pétrole".

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1 commentaire

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17/05/2019 - 10h56 -

Chacun peu comprendre qu'un pays qui possède 300 millions de consommateurs riches ,ne va pas admettre longtemps qu'on puisse détourner ne serait ce que pour faire baisser des coûts, une partie de sa richesse, pour faire émerger des puissances qui vont ensuite contester son hégémonie.
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