Rapport Boyon : "le changement de décodeur TNT ne sera pas obligatoire"

Le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel Michel Boyon, a présenté son rapport sur la TNT, lundi 12 septembre. Il préconise un changement de norme de diffusion. Pascal Chevalier, le délégué général adjoint de Simavelec, le syndicat des industriels de matériels audiovisuels électroniques, détaille les enjeux d’un tel rapport.

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Rapport Boyon :

L'Usine Nouvelle - Selon vous, les préconisations du rapport sont-elles indispensables ?
Pascal Chevalier - La conclusion du rapport Boyon est nécessaire dans le sens où on ne peut ignorer les nouvelles technologies. Il faut s’adapter. Il a pour but d’optimiser les ressources.

Comment la réforme prévoit-elle d’optimiser l’encodage ?
Nous sommes actuellement en norme DVB-T. Le DVB-T est la première génération de numérique. Avec ce couple là, nous obtenions trois chaînes HD ou six normales sur une fréquence. C’était déjà trois fois plus qu’en analogique où une fréquence équivalait à une chaîne. Par exemple aujourd’hui TF1, M6 et France 2 partagent la même fréquence, le multiplex R5. Aujourd’hui, le rapport préconise de passer en DVB-T2. Un encodage qui fera gagner au moins un quart de place.

A-t-on besoin de gagner de la place ?
Oui. L’objectif du CSA est d’obtenir une gestion optimale de la fréquence. Les 30 chaînes actuellement disponibles passeront ainsi en HD. Pour le moment seuls, TF1, France 2, M6, Arte et Canal+ sont en HD. En parallèle, sur les fréquences 21 à 69 existantes, neuf ont été réquisitionnées (de 61 à 69) pour le transfert de données mobiles LTE, en 2009. Cela représente 72 mégahertz de moins, soit un cinquième de notre capacité.

Mais alors le consommateur va devoir se rééquiper ?
Oui mais le changement de décodeur ne sera pas obligatoire. Il faut savoir deux choses. Le service actuel persiste. C’est un peu comme l’arrivée de la couleur sur les téléviseurs : les écrans noir et blanc recevaient aussi les programmes, même s'ils ne profitaient pas de l’innovation. Et la deuxième chose à savoir est que le changement de décodeur ou de télévision ne se fera que si le consommateur souhaite bénéficier du service que rendra la nouvelle technologie. Là tout dépendra des diffuseurs. S’il s’agit de passer les chaînes existantes en HD, cela n’a pas un intérêt majeur. S'il y en a de nouvelles qui se créent grâce à l’espace dégagé ou s’il y a une offre de 3D, il y aura plus de personnes concernées.

Donc vous confirmez que les téléspectateurs ne seront pas obligés de changer leur matériel ?
Pas dans le court terme. Il est possible que nous basculions au tout DVB-T2. Et nous, les industriels, nous espérons que ce basculement s’opère à la période de renouvellement naturel. Un ménage garde en moyenne 7-8 ans leur téléviseur en usage principal. Celui-ci est ensuite relégué comme poste secondaire. Nous souhaitons que ce basculement complet - comme ce fut le cas de l’analogique au numérique - ne s’opère pas avant un délai proche entre 5 et 8 ans.

Qui décidera de ça ?
Le rapport établit un but : passer au DVB-T2. Il ne dit pas comment ni avec quel cadencement. Par expérience, après le passage à l’analogique puis celui à la HD, il y a des séries de réunions avec le CSA, les diffuseurs et les industriels qui produisent le matériel. Nous essayons de converger vers la situation la plus réaliste : le meilleur compromis entre les parties sur les avantages, les coûts et les délais de production. Les réunions devraient se tenir au CSA jusqu’à la fin de l’année.

Les industriels ont donc leur mot à dire ?
Pour le calendrier, c’est avant tout une décision politique. Mais le rapport n’établit pas les normes du DVB-T2. C’est là que nous intervenons en relation avec les autres acteurs.

Quel est l’enjeu ?
Le DVB-T2 recouvre bien des normes différentes. Il s’agit d’une nouvelle technologie mais nous avons plusieurs façons de la produire. Il faut savoir que beaucoup de pays d’Europe, surtout l’Angleterre, utilisent déjà cette technologie. Ils sont arrivés plus tard au numérique et ont pu sauter l’étape de la DVB-T pour aller directement à le DVB-T2. En fonction des normes que nous utiliserons, nous pourrons nous appuyer –ou non- sur un réseau de fournisseurs préparés.

Si les normes que nous adoptons correspondent à celles utilisées au Royaume-Uni, il ne sera pas difficile de trouver des circuits intégrés adaptés aux nouveaux tuners. Dans ce cas, à partir de la décision, nous serons prêts en 12 mois, le temps de gérer l’approvisionnement en composants et de réaliser les tests préalables à la commercialisation. Sinon, il va falloir donner du temps à nos fournisseurs pour s’adapter et mener leur propre évolution. Il nous faudra au moins 18 mois pour nous acclimater.

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