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L'Usine Aéro

Raphaël Dinelli, des océans à l’aéronautique

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Détenteur d’un brevet sur des cellules photovoltaïques incorporées directement dans des matériaux composites, l’ancien skipper travaille sur un projet d’avion à propulsion hybride hydrogène et solaire qui devrait voler au Bourget dans deux ans.

Raphaël Dinelli, des océans à l’aéronautique © Vapillon

Le 21 juin 2015, Eraole, avion biplace à propulsion électrique hybride, atterrira au Salon du Bourget au terme d’un vol transatlantique démarré la veille à Saint-Pierre-et-Miquelon. A son bord, Raphaël Dinelli, ancien skipper aux quatre Vendée Globe (on se souvient de son sauvetage spectaculaire au large des Kerguelen lors de l’édition 1996-1997 par le navigateur Pete Goss).

L’homme est aussi un inventeur à la tête du plusieurs projets industriels, dont l’un dans l’aéronautique, le projet Eraole. Le navigateur a déposé un brevet sur un procédé d’encapsulation de cellules photovoltaïques dans des composites minces et flexibles. "Nos panneaux, qui vont partir dans une dizaine de jours chez Certisolis (laboratoire français d’essai et de certification – NDLR) pour six mois d’essais de durabilité sont légers, à 1600 grammes le m2 et ont un très haut rendement de 22,8 %. Nous travaillons actuellement à l’industrialisation et à diminuer le coût. Reste également à garantir leur durée de vie d’au moins vingt ans" explique le navigateur-chercheur qui voit un débouché dans le secteur du bâti (bâtiments agricoles, supermarchés, etc.).

"L’aéronautique, l’excellence énergétique en termes de rapport poids-puissance"

Pourquoi avoir choisi l’aéronautique pour faire ses preuves ? "Elle représente l’excellence énergétique en termes de rapport poids-puissance, affirme Raphaël Dinelli. Sur le tarmac, quand il fait chaud, les températures peuvent monter jusqu’à 60°C et quelques minutes plus tard, la température baisse quand on est à 10 000 pieds. Quand une technologie est certifiée pour l’aéronautique, c’est qu’elle est fiable : c’est pour cela que dans les salons aéronautiques, il y a 50 % des visiteurs qui sont d’autres secteurs, à la recherche de technologies".

Le marin, qui passe actuellement son brevet de pilote aérien, a l’aéronautique dans les gènes : "Mon père était ingénieur aéronautique et fabriquait des tuyères pour les premiers modèles d’Ariane. Il était à Kourou pour chaque tir. A la maison, nous vivions au rythme des succès et des échecs de la fusée ! J’ai connu cette ambiance d’aventure industrielle. En tant que navigateur, j’ai baigné dans le carbone et j’ai acquis des compétences sur les composites, jusqu’à créer un chantier naval de grande expertise. Les techniques sont proches de celles de l’aéronautique".

Propulsion hybride

Raphaël Dinelli pilote une équipe d’une dizaine de personnes basée aux Sables d’Olonne (Vendée). Le design de l’avion est arrêté, "nous sommes en train de produire un tronçon d’aile à l’échelle 1" précise l’ancien navigateur. Eraole, long de 7,5 mètres, d’une envergure de 14 mètres pour une masse de 472 kilos, et dont la propulsion devrait être hybride (80 % hydrogène, 20 % solaire) a bénéficié du concours de l’Onera, l’organisme de recherche de la filière aéronautique française, ainsi que l’ingénieriste Andheo, le fabricant d’hélices Electravia, le fabricant de batteries Kokam. Il a également été soutenu par les pôles EMC2 et Tenerrdis. 

Le skipper devrait sillonner le salon du Bourget pour mobiliser des industriels de la filière aéro autour du projet, qui nécessite de lever environ 5 millions. "EADS et Dassault ont labellisé notre projet et nous ont audité" précise Raphaël Dinelli, qui mise sur des industriels ou des sponsors pour financer son aventure.

Raphaël Dinelli a porté le projet à travers une fondation baptisée Vitale qu’il a créée en 2007 et dont il est le directeur scientifique, qui travaille sur trois autres projets : une éolienne à axe vertical de 1500 w ; un bâtiment bioclimatique et un navire décarboné, baptisé Océan Vital II.

Patrick Déniel

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