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Rana Plaza : les leçons à retenir de l’accident dans l'usine au Bangladesh

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Publié le , mis à jour le 24/04/2014 À 12H15

Vu sur le web Il y a un an, le 24 avril 2013, l’effondrement de l’immeuble du Rana Plaza qui abritait des ateliers de confections textiles dans la banlieue de la capitale du Bangladesh faisait 1 135 morts et plus de 2 000 blessés. Une catastrophe qui s'impose comme le pire accident de l’histoire industrielle du Bangladesh. L’occasion pour le pays de prendre conscience des progrès à accomplir pour renforcer la sécurité de ses sites de production, comme ce fut le cas au début du siècle dernier aux Etats-Unis, comme l'explique un éditorialiste du Financial Times.

Rana Plaza : les leçons à retenir de l’accident dans l'usine au Bangladesh © joiseyshowaa - Flickr - C.C.

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Toujours sous le choc après l'effondrement de l'immeuble du Rana Plaza où travaillaient près de 3 000 ouvriers dans la banlieue de la capitale Dacca le 24 avril 2013, le Bangladesh compte ses morts. Le dernier bilan provisoire annoncé ce vendredi 10 mai dépasse les 1 000 victimes après la découverte de nouveaux corps dans les décombres.

Du "made in New York" au "made in Bangladesh"

Cet accident s'impose comme le plus meurtrier de l'histoire industrielle du Bangladesh. Pour John Gapper, éditorialiste au Financial Times, il n'est pas sans rappeler celui survenu au début du siècle dernier à New York. Le 25 mars 1911 à Manhattan, un incendie ravage les locaux de la fabrique de chemisiers Triangle de faisant 146 morts, dont 129 jeunes femmes immigrées. A l’occasion des 100 ans de la catastrophe, L’Usine Nouvelle avait consacré un article à cet événement qui avait mis en lumière des conditions de sécurité insuffisantes dans les usines de l’époque et donné lieu à l’adoption de nombreuses lois sociales à New York, puis dans tout le pays une vingtaine d’années plus tard au moment du New Deal.

La balle est dans le camp des grands groupes étrangers

Pour que du drame émerge un tel mouvement de progrès pour les travailleurs du Bangladesh, l’éditorialiste du FT donne plusieurs conseils aux grands groupes occidentaux opérant dans ce pays d’Asie du sud. Comme le montre l’absence d’initiatives à la suite des précédentes catastrophes de ce genre, la balle est en effet dans le camp des industriels. Ces derniers, par une action concertée, sont les seuls capables de surmonter l’absence de volonté politique et la corruption, souligne John Gapper.

L’industrie, pilier du développement économique des pays émergents

Les grands groupes occidentaux doivent donc avant tout rester dans le pays. Car si pour le britannique Primark, l’espagnol Mango ou encore l’italien Benneton – qui ont tous trois confirmé que certains de leurs vêtements étaient confectionnés dans les ateliers du Rana Plaza – la tentation pourrait être de fuir leurs responsabilités en délocalisant ailleurs leur production, il ne faut pas oublier le rôle de l’industrie dans le développement économique du Bangladesh et dans l’émancipation des femmes. Si le Bangladesh reste parmi les plus pauvres d’Asie, l’industrialisation a permis de faire passer le taux de pauvreté de 60% en 1992 à 30% aujourd’hui selon la Banque mondiale.

Des investissements nécessaires pour pérenniser la croissance du pays

Autre élément mis en avant par l’éditorialiste, même avec des investissements pour améliorer les conditions de sécurité, le Bangladesh restera un pays à bas coûts. Le salaire moyen de 37 dollars par mois est actuellement l’un des plus faibles de la région. En outre, avec 5 000 fabriques dans le secteur textile contre 2 000 au Vietnam, le pays a la capacité à répondre à une forte demande.

Favoriser le développement des syndicats

Tout reste cependant à faire : moins de 2% des sites industriels du Bangladesh respectent des normes dignes des pays occidentaux. Dans ces conditions et toujours selon John Gapper, les grandes marques doivent se regrouper dans des sites industriels pour y mutualiser la mise en place de conditions de sécurité optimales. Comme on peut le voir actuellement dans les usines de Foxconn en Chine, il convient également de favoriser le développement des syndicats dans ces pays à bas-coûts pour que les travailleurs soient sensibilisés et prennent en main l’amélioration de leurs conditions de travail.

"Business must lead in Bangladesh" : un article à lire sur le site du Financial Times

Julien Bonnet

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