Raffinage, l’autre transition énergétique

Dans les années qui viennent, la France, comme l’Europe, va restructurer massivement son outil de raffinage. Cette transition énergétique, subie, doit être préparée pour en limiter les conséquences.

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Raffinage, l’autre transition énergétique

Quand on regarde la bonne ville d’Anvers, il est facile de se dire que le raffinage européen est en pleine forme. ExxonMobil y a annoncé un investissement d’un milliard de dollars dans son usine d'Esso Belgium. En dix ans, le géant américain y aura ainsi dépensé plus de deux milliards de dollars pour "mieux servir le marché nord européen et fournir du diesel plus propre à ses clients". Cet investissement majeur suit l’annonce de Total, un an plus tôt. La major française compte pour sa part investir un milliard d’euros pour diminuer la production d’essence et de fioul lourd et accroitre sa production de diesel.

Mais Anvers est un cas particulier. Ce grand port industriel a de quoi offrir des armes aux sites de raffinages et de pétrochimie qui y sont installés pour lutter contre les raffineries américaines - dopées au gaz de schiste - et asiatiques - géantes et hyper-compétitives. Ailleurs, la vie n’est pas si rose dans le monde de la raffinerie. Les chiffres du raffinage européen laissent entrevoir d’imminentes restructurations. En juin 2014, les marges atteignaient péniblement 8 euros la tonne… au plus bas depuis 3 ans. Le marché est toujours en surcapacité de 15 % et les prochaines années promettent de nouvelles restructurations importantes, y compris en France où l’outil industriel a été très rationalisé. En 2009, l’Hexagone comptait 12 raffineries. Il n’en reste que 9 aujourd’hui. Durant la même période, un quart de la production a disparu alors que la consommation française n’a reculé que de 7%.

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Une transition subie

Lors du Forum Enerpresse, Jean-Louis Schilansky, le président de l’Union Française de l'Industrie Pétrolière (UFIP) lançait à propos de l’avenir du raffinage : "Dans 50 ans, il y aura encore des raffineries en Europe. Elle ne pourra pas tout importer depuis les Etats-Unis ou l’Asie. Aujourd’hui, il y a 85 raffineries sur le Vieux continent, dont 8 en France…. Mais il y en aura beaucoup moins. L’Europe aura besoin de grosses raffineries très compétitives". L’avenir est à ces installations géantes, situées sur des côtes et bénéficiant de grandes capacités de transport et capable d’établir des synergies locales comme c’est le cas à Anvers ou à Gonfreville-L’Orcher. Là, où Total a investi plus d’un milliard pour optimiser les process tout en diminuant la capacité de production.

Les temps à venir vont être difficiles. On se souvient combien les restructurations passées à Dunkerque ou à Petit-Couronne ont été difficilement vécues par les régions concernées. Dans son projet de loi présenté le 18 juin dernier, la ministre Ségolène Royal rappelait à l’envie que la transition énergétique ne doit pas être subie, mais doit constituer une opportunité à saisir par le pays et l’industrie. Pourtant, le texte ignore le pétrole, qui est à peine cité. Il se limite à programmer la diminution de la consommation d’énergie fossile d’ici 2030. Quoi qu’en dise la ministre, la France va indéniablement subir une transition brutale et non choisie… Une transition sur laquelle la loi n’a pas prévu "d’opportunités à saisir".

Ludovic Dupin

Transition énergétique gazole/pétrole/raffinage

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