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Rafale : un accord militaire entre Brasilia et Washington suscite des craintes parmi les industriels français

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Publié le

L’accord signé pendant le Sommet sur la Sécurité nucléaire porte-t-il atteinte aux chances du Rafale au Brésil ? Récemment, le ministre Nelson Jobim a rappelé sa préférence pour le chasseur français, face aux Suédois et aux Américains.

Rafale : un accord militaire entre Brasilia et Washington suscite des craintes parmi les industriels français © Dassault Aviation - A. Paringaux

Quel lien y aurait-il donc entre le Rafale et le Sommet sur laSécurité nucléaire qui bat son plein, le lundi 12 et le mardi 13 avril, à Washington. A l’occasion de ce sommet, les gouvernements du Brésil et des Etats-Unis ont signé un accord nucléaire.
Ce premier accord militaire entre ces deux géants depuis 1997 fait couler beaucoup d’encre dans la presse brésilienne. Ledit accord prévoit une coopération entre Brasilia et Washington, qui s’étend à la lutte contre le narcotrafic. Mais selon des spécialistes des questions de défense au Brésil, le gouvernement Lula a pris soin de ne pas apparaître pieds et poings liés à la Maison Blanche, cinq mois après que la signature d’un accord militaire entre les USA et la Colombie ait déchaîné les passions en Amérique latine. Un accord « light», en quelque sorte, limitant l’action des Américains.

Le précédent marocain


La nouvelle de l’accord militaire Brésil-USA a retenu l’attention de notre confrère Jean Guisnel du Point. Celui-ci établit un parallèle avec un accord de cette nature entre les Etats-Unis et le Maroc, qui avait valu à Dassault, le constructeur du Rafale, de perdre un important contrat en 2007. Le Point fait état d’inquiétudes qui se mettent à monter parmi les industriels concernés par le « Rafale brésilien », «Au ministère de la Défense, on se montre très confiant. Mais dans les milieux industriels, on se demande si la war room élyséenne, chargée du suivi de ce contrat, fait bien en ce moment tous les efforts nécessaires, alors que les Américains et les Suédois activent leurs réseaux, poussent leurs pions auprès de l’armée de l’air et des dirigeants brésilien», écrit ainsi Jean Guisnel. A tort ?

L’accord conclu entre Brésiliens et les Américains l’a été à la demande expresse des premiers, ainsi que le relève le site Internet UOL, lié au quotidien Folha de S. Paulo. Les Brésiliens chercheraient à se faire pardonner certains excès de langage commis par le président Lula à la fin 2009, quand le chef de l’Etat avait pris position en faveur des Iraniens dans le bras de fer nucléaire opposant ceux-ci à Washington. Et Lula avait mis le gouvernement Obama hors de lui en recevant, en grande pompe à Brasilia, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Le ministre Jobim a rectifié le tir

La semaine dernière, le ministre de la Défense, Nelson Jobim, avait tenté de mettre un peu d’ordre dans la cacophonie qui s’est fait jour à Brasilia concernant les préférences affichées par l’exécutif pour une commande initiale à Dassault de 36 avions de combat.

La Force armée brésilienne (Fab) penche, elle, pour le Gripen du Suédois Saab ou pour le Super Hornet de Boeing. Appelé à fournir des éclaircissements à la Commission des relations extérieures de laChambre des députés, le ministre avait tenté de tirer la couverture à lui dans ce «combat» l’opposant à la Fab. Le commandant de cette dernière, le brigadier Juniti Saito, avait évoqué les coûts plus importants qu’entraînerait, pour l’Etat brésilien, le choix du Rafale. «Le commandement de la Fab estime que les trois projets en lice sont tous satisfaisants, avait nuancé Nelson Jobim aux députés, mais il voulait dire que malgré les problèmes de coûts, le Rafale est l’avion correspondant le mieux à la stratégie nationale de défense.»
Toujours est-il que le Conseil national de défense, chargé de prendre une décision quant à l’appel d’offres en cours, ne s’est pas réuni début avril comme prévu, mais devrait siéger au mois de mai. Même si le Conseil entérinait le choix du président Lula et de son entourage en faveur du Rafale, il faudrait encore attendre de longs mois avant la signature d’un contrat définitif : l’élection présidentielle se déroule en octobre.

Transferts de technologie

Le ministre Jobim n’a pas manqué de rappeler que le gouvernement américain n’a fait aucun geste, aucune concession quant aux transferts de technologie exigés par les autorités brésiliennes, qui veulent construire en partenariat avec le vainqueur de l’appel d’offres, et sur leur territoire, le futur avion de combat. Les Brésiliens n’ont pas oublié une affaire qui leur est restée en travers de la gorge: en 2006, Embraer avait dû renoncer à vendre des avions de combat, en l’occurrence des Super Tucano, au Vénézuela, à cause de fortes pressions exercées par l’administration Bush sur le gouvernement brésilien. Plusieurs composantes de cet appareil sont fabriquées par Boeing.
De toute évidence, les Brésiliens n’aimeraient pas subir, une fois de plus, des pressions du genre de la part des Américains et même si l’accord militaire signé le lundi 12 avril entre la MaisonBlanche et Brasilia peut susciter certaines craintes chez les industriels français, il ne faut pas oublier que l’Amérique du Sud, et plus particulièrement le Brésil, cherche à se libérer depuis quelques années de l’emprise des Etats-Unis, revendiquant un surcroît d’indépendance sur la scène internationale.

 

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2 commentaires

Nom profil

20/04/2010 - 12h30 -

Le Rafale est foutu : de conception déjà ancienne, coûts de maintenance exorbitants, avionique trop complexe, pas développé pour aterrir tout temps dans la brousse, ...
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Nom profil

12/04/2010 - 20h12 -

Article selon moi plus nuancé et mieux informé que celui de Guisnel. Vous auriez pu ajouter que la récente offensive menée au Brésil par les USA avec H. Clinton et le porte-avion Carl Vinson en tetes de gondole n'a attiré que critiques et rebuffades de la part du gouvernement brésilien.
Pas trop d'accord cependant sur votre analyse de la situation entre la FAB et Jobim. je crois que ce dernier a largement gagné la partie depuis que la FAB a en effet officiellement déclaré que les 3 candidats satisfaisaient aux criteres techniques quant à l'affirmation selon laquelle l'offre Rafale est celle qui correspond le mieux a la Strategie de Defense Bresilienne, c'est aussi une déclaration de la FAB dans le même document, lequel laisse entendre que la seule chose importante est ue conclusion rapide de F-X2.. la peur d'un nouveau report etant la cause principale du ralliement de la FAB a Jobim.
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