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Rafale : sans vente à l'export, la production sera arrêtée

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C'est le ministre de la Défense Gérard Longuet qui l'affirme mercredi. Les derniers appareils destinés à l'armée française doivent être livrés en 2018.

Rafale : sans vente à l'export, la production sera arrêtée © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

"Si Dassault ne vend pas son appareil [Ndlr : le Rafale] à l'étranger, la chaîne sera arrêtée et les appareils seront naturellement entretenus." Interviewé sur LCP, le milnistre de la Défense a confirmé que l'avenir industriel du Rafale dépend de son succès à l'export.

Il précise toutefois que cela se produira une fois que l'armée française aurait eu livraison de tous les appareils commandés, pas avant 2018. Ensuite, "ce sera fini pour le constructeur, pas pour l'utilisateur".

Gérard Longuet rappele l'importance des coûts d'entretien. "Il faut savoir que pour un Rafale, sur sa durée de vie d'une quarantaine d'années, on paiera deux fois le prix (d'achat). Donc, l'industrie sera servie" rassure-t-il.

Interrogé sur les raisons des échecs à répétition du Rafale à l'export, le ministre souligne que l'appareil est "plus cher que l'avion américain (qui est) amorti sur des séries beaucoup plus longues". "Lorsque nous, nous commandons 200 Rafale en dix ou quinze ans pour un programme, les Américains font 3 000 appareils", détaille-t-il.

Le Rafale garde quelques chances d'être vendu à l'export. "Nous avons les Emirats qui négocient durement", affirme Gérard Longuet. Un négociateur émirati a pourtant déclaré que l'offre de Dassault était "non compétitive et irréalisable". L'avion de Dassault a récemment été recalé en Suisse, les autorités helvétiques lui ayant préféré le Gripen de Saab.

L'opportunité principale pour Dassault, c'est l'Inde. Un appel d'offres de 126 appareils et 8 milliards de dollars l'oppose à l'Eurofighter. Le résultat devrait être connu mi-décembre.

Au cours de cette interview, le ministre de la Défense a également évoqué le dossier des drones. Gérard Longuet affirme qu'il défendra l'option d'un drone franco-isréalien confié à Dassault, dont les crédits ont été annulés par les sénateurs dans le débat budgétaire. "C'est une filière essentielle dans un dispositif de défense et nous ne pouvons pas être dépendants."

L'interview de Gérard Longuet en intégralité :

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3 commentaires

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09/12/2011 - 16h57 -

Dassault a toujours vécu et bien vécu des commandes publiques pour ses avions militaires. Dois-je rappeler que cet avion a été développé à 80 pour cent avec l’argent du contribuable Simplement pour avoir de gros orgasmes tous les 2 ans au Bourget quand il vrombit. C’est beau la « techno » mais tout a un prix et à 150 millions l’unité, par les temps qui courent et pendant encore au moins 15 ans à raison de un Rafale par mois, ça confine Au sacerdoce pour l’Etat. Ca assure tout de même un volant de chiffre d’affaires de plus De 1 milliard d’euros par an à Dassault vaille que vaille. Et ses bougres de dirigeants ont de la suite dans les idées tout en assurant l’avenir. Ils ont déjà concocté une maîtrise d’œuvre dans les drones en faisant avaliser( ?) l’achat de quelques exemplaires obsolètes (Héron) auprès des israéliens et à grands frais(notre argent) ;pour mieux développer le leur qui ne sera pas prêt avant cinq à dix ans. Le mieux ne serait-il pas de vraiment nationaliser Dassault ou de carrément l’adosser à EADS Et ce sans lui demander son avis, ce qui serait pour le coup vraiment européen.
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08/12/2011 - 08h41 -

Tristes échecs pour ce qui semble une belle machine mais faut il invoquer seulement les écarts de volumes pour justifier les écarts de prix avec la concurrence? C'était un raisonnement sidérurgique des années 50! Cela me semble insuffisant aujourd'hui.Quid des Marges? Et des coûts associés comme la maintenance? Et quid des méthodes commerciales quand il y a une vraie concurrence?
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07/12/2011 - 17h31 -

14,5 milliards de $ pour 126 avions serait plus exact. Pour moi, un F35 à 250 millions € ou un eurofighter à 115 millions € restent plus chers qu'un rafale à 85 millions €, à moins que l'on ait pas la même échelle de valeur. Pauvre ministre....
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