Rafale, les ingénieristes mobilisés

L’énorme contrat avec l’Inde pour les avions Dassault devrait aussi concerner les ingénieristes qui ont travaillé sur le projet. Assystem et Alten ont accepté d’expliquer comment.

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Rafale, les ingénieristes mobilisés

Il n’y a pas que Dassault Aviation, qui se frotte les mains. Si elles se concrétise, la vente de 126 Rafale à l’Inde pourrait aussi mobiliser les ingénieristes partenaires du projet. Le français Assystem, par exemple, est fournisseur de 1er rang depuis longtemps chez Dassault Aviation. Une trentaine d’ingénieurs y travaille en permanence dans les bureaux d’étude, tant sur les avions de chasse comme le Rafale, que sur les jets civils comme le Falcon.

Avec l’avionneur français il a participé au développement de l’aérostructure du chasseur-bombardier, avec Safran sur certaines parties des moteurs (entrées d’air par exemple) et avec Sagem et Thales sur les systèmes d’électronique embarquée. Mais pour Alain Besnier, Global Service Director d’Assystem pour l’international et l’aérospatial, pas d’emballement. "Il devrait y avoir peu de développements nouveaux sur cet avion, sauf si l’Inde demande des modifications substantielles" comme cela avait le cas avec les Emirats. "Et cela repousserait d’autant l’industrialisation, alors que l’acheteur semble pressé de s’équipe."

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Transfert de technologies

La majorité du travail des ingénieristes portera donc sur les transferts de technologies, même si l’on ne sait pas encore précisément la proportion de ce qui sera assemblé et fabriqué sur place. Des pièces essentielles comme les moteurs (50 % du prix d’un appareil militaire) ne devraient pas être réalisées localement, tant elles sont complexes à fabriquer.

Le grand partenaire sur place sera le groupe HAL, une sorte d’EADS indien. Assystem devrait se voir confier en grande partie la gestion du transfert des process de fabrication, des équipements d’outillage, des systèmes de test et mesures et du contrôle qualité. Dans sa mission d’accompagnement, poursuit Alain Besnier, "le groupe devra également sélectionner, qualifier et superviser les fournisseurs locaux". Le groupe compte près de 3200 collaborateurs travaillant sur l’aéronautique, dont un millier en France, autant en Grande-Bretagne et 400 en Allemagne. Mais il pourra aussi s’appuyer sur son important bureau indien, 180 personnes basées à Bangalore.

Enfin, "la dernière mission qui pourrait être confiée à l’ingénieriste, n’est pas des moindres, confie Alain Besnier. Il s’agit du problème des Offset". Ces systèmes de compensations commerciales, primordiales dans les contrats avec des pays comme l’Inde, le Brésil ou les Emirats Arabes Unis nécessiteront l’ouverture de bureaux d’étude temporaires fonctionnant pendant quelques années.

Alten parle également le Hindi

L’ingénieriste français anticipe une hausse de son plan de charge avec l’avionneur si l’énorme contrat indien se concrétise. Dans le programme Rafale, Alten a travaillé sur les systèmes d’armes (algorithmes de tir pour les munitions), sur les équipements optroniques, sur les interfaces homme-machine dans le cockpit, sur le cheminement des câblages et sur des calculs de structures. Le groupe a eu jusqu’à une centaine d’ingénieurs sur le projet et une quinzaine de collaborateurs travaillent toujours dans les bureaux d’étude de Dassault Aviation.

"Les éléments de structure, tout comme les moteurs, ne devraient que très peu changer, estime Julien Gavaldon, Directeur du département aéronautique-défense, un service comptant 500 collaborateurs sur Paris. Par contre, les systèmes d’armes notamment, seront différents de ceux équipant les appareils de l’armée française." Alten anticipe un bon potentiel de développement dans les munitions, un domaine où l’ingénieriste travaille avec le missilier européen MBDA, ainsi que dans les radars et les systèmes de brouillage, un secteur où il collabore avec le français Thales Système Aéroportés.

Le groupe compte sur sa bonne implantation en Inde, 700 ingénieurs travaillant sur l’électronique embarquée et sur la formation d’une partie de ses effectifs dans l’automobile, touchés par les baisses de charges chez les constructeurs français. "Si le contrat arrive à son terme, il devrait booster notre activité sur ce secteur pendant plusieurs années", conclut Julien Gavaldon.

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