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L'Usine Aéro

Rafale égyptiens : comment le contrat a-t-il pu être signé aussi vite

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Publié le , mis à jour le 16/02/2015 À 18H06

Ce 16 février, Jean-Yves Le Drian et le président egyptien Abdel Fattah al-Sissi ont signé le premier contrat à l'export du Rafale... trois mois seulement après le début des négociations. Comment l'affaire a-t-elle pu être bouclée aussi vite alors que les discussions sur les Rafale indiens durent depuis près de trois ans ? Tout est une question d’offset.

Rafale égyptiens : comment le contrat a-t-il pu être signé aussi vite © D.R.

Comme sorti du chapeau ce contrat ! En moins de temps qu’il n’en faut pour prononcer Dassault Aviation, le constructeur aéronautique français a bouclé l’affaire : 24 Rafale vendus à l’Egypte. Emballé c’est pesé. Comment est-ce possible alors que les négociations exclusives pour 126 exemplaires du chasseur français sont engagées avec le gouvernement indien depuis le 31 janvier… 2012 ?

Ce n’est parce que l’Inde veut 5 fois plus de Rafale que l’Egypte que le processus est freiné. C’est que l’Inde veut en fabriquer le plus possible lui-même. Le gouvernement indien souhaite 18 Rafale livrés clef en main mais surtout 108 autres fabriqués sur place par Hindustan Aeronautics Limited (Hal). Non seulement Dassault Aviation doutait (doute encore ?) de la capacité de l'industriel local à fabriquer ses avions, mais le français est aussi très précautionneux sur le transfert technologique impliqué. Dassault serait certes ravi de vendre 126 de ses avions (pour un montant de 15 milliards de dollars), mais pas au prix de créer un concurrent, basé sur ses technologies, en Inde.

Pas d’offset et une situation géopolitique

En Egypte la donne est toute autre. Le Caire ne compte pas sur ce contrat pour développer son industrie aéronautique pour le moins minimaliste. La totalité des 24 Rafale commandés sera Made in France, pour le plus grand plaisir des onze usines impliquées – "nous espérons bénéficier indirectement de ce contrat, nous confiait d’ailleurs le 12 février un équipementier des activités civiles de l’avionneur. Si Dassault doit se concentrer sur le Rafale, il sous-traitera davantage sur le civil."

"Ces 24 avions seront fabriqués en France. Les premiers avions seront dérivés directement de nos chaines qui étaient destinées aux armées françaises (...) La première livraison est prévue pour cette année pour déjà 3 avions puis il y en aura encore 3 autres un peu plus tard", a indiqué à BFMTV le PDG deDassault Aviation Eric Trappier.

Ajouter à cela la situation géopolitique locale : une Lybie menaçante (L'Egypte a annoncé ce 16 février avoir bombardé des positions de l'Etat islamique en Lybie) et un embargo américain qui ne permet plus au Caire de se fournir en armement aux Etats-Unis et voilà Dassault Aviation et la France qui bouclent un contrat pour 24 Rafale en trois mois alors qu’il essaye de le vendre à l’export depuis 15 ans.

Une aventure rondement menée qui, si elle ne chargera pas à elle toute seule les usines de Dassault, elle pourrait amorcer la pompe des ventes à l’export du Rafale.

Charles Foucault

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