Radiospares champion du développement durable

- Le distributeur rejoint les cent entreprises les plus engagées dans le développement durable. Cela couronne une série de petites actions ont été menées sur son site.
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Beauvais (Oise). Il est 13 heures. Dans l'immense atelier de Radiospares, les derniers cartons de fournisseurs côtoient sur les tapis roulants les commandes à expédier. Les colis se croisent dans tous les sens. Un véritable réseau ferroviaire avec ses gares et même ses encombrements... Les tapis serpentent parmi les rayonnages dans lesquels sont alignés des milliers de bacs remplis de composants. C'est la caverne d'Ali Baba de l'industriel ! À côté, sur la plate-forme de commande, les téléphones sonnent, les fax s'affichent sur les écrans. Six cents personnes, en tout, travaillent chez le distributeur. Parmi cette agitation, quelques indices trahissent l'engagement de l'entreprise dans le développement durable. Des poubelles de tri des déchets par-ci, des consignes de bonnes pratiques par-là...

Aujourd'hui, Radiospares est fier. Il a été élu en janvier dernier parmi les cent entreprises du monde les plus engagées dans le développement durable. D'autant plus qu'il côtoie à cette occasion des groupes de grande envergure comme Coca-Cola, Lafarge, L'Oréal, Nestlé, Nike, Adidas, SAP ou Toyota et se trouve être le seul distributeur sur la liste... Cette récompense ne doit rien au hasard. Chez Radiospares, on prend le développement durable au sérieux.

L'environnement : une volonté du groupe

L'entreprise a en effet tout à gagner à s'engager dans le développement durable. Car les préconisations qui accompagnent cette philosophie font grimper irrésistiblement la productivité de l'entreprise. Et le distributeur, pour rester concurrentiel, se doit d'apporter une valeur ajoutée en terme de services qui nécessite de mettre son personnel au maximum à des postes de compétence.

Le développement durable est donc devenu une religion sur le site de Beauvais. « Depuis des années, nous menions des actions. Mais, nous nous sommes rendu compte qu'il fallait formaliser pour mieux fédérer », explique Pierre-François Delacour, le responsable qualité. Il a été chargé du développement durable fin 2007. Le projet, soutenu par le directeur général, a vite pris corps et désormais le développement durable figure au cahier des charges de l'entreprise à tous les niveaux. « Dans toute décision stratégique, nous commençons par regarder les impacts sur l'environnement. On bénéficie d'une véritable écoute lors des décisions. Cette première étape est indispensable car les solutions en accord avec le développement durable sont toujours plus chères. Il faut être prêt à investir. »

C'est également une volonté du groupe, Electrocomponents, qui mène une politique environnementale. Mais c'est la filiale française qui est allée le plus loin. « Les filiales allemandes et anglaises sont très intéressées par les projets que nous mettons en place et attendent notre retour », assure Pierre-François Delacour.

Limiter les emballages jetables au minimum

Tous les stades de la production sont concernés : de la prise des commandes à l'emballage des produits en passant par l'équipement des locaux. L'entreprise a commencé par le traitement des déchets. Elle a investi dans l'installation d'une presse et d'un compacteur à carton. Aujourd'hui, 85 % de ses déchets (papier, bois, carton) sont valorisés contre 50 % en 2005. « Pour limiter l'utilisation d'emballages, nous nous mettons en contact avec nos fournisseurs pour réfléchir au conditionnement le plus adéquat », ajoute Pierre-François Delacour. L'objectif : « Ne plus vider de cartons à l'arrivée des commandes pour les mettre dans nos propres caisses de stockage mais plutôt, envoyer nos bacs au fournisseur. On élimine ainsi l'utilisation d'emballages jetables, et en prime, on gagne en productivité. » Pour le bourrage de conditionnement, « on a même pensé à utiliser du pop corn ! Mais après une étude complète, il s'avère que si on prend en compte tout le cycle de vie du produit, le pop corn, avec les engrais et le chauffage qu'il nécessite, a un plus gros impact sur l'environnement que le polystyrène... Nous avons finalement choisi des sachets gonflés en plastique... Mais ils sont dépourvus de publicité. Résultat : ils peuvent être réutilisés par les clients. »

Finalement, ce sont de petites choses et non des aménagements spectaculaires qui semblent produire de grands effets chez Radiospares. Tri des déchets, revente des câblages, économies d'eau ou d'électricité... L'entreprise annonce avoir réduit de 30 % la facture d'eau et de 10 % la facture d'électricité depuis 2005. Radiospares a également fait un gros effort dans l'informatisation de ses données et tend vers le zéro papier, « même si c'est idéaliste », concède Pierre-François Delacour. Les fiches de données de sécurité, auparavant envoyées avec chaque commande sont désormais stockées sur le site Internet. Encore une fois, cette mesure simple engendre une économie de 20 000 feuilles de papier par mois. Et les deux personnes à temps complet qui s'occupaient de l'expédition de ces fiches ont pu être assignées à une tâche plus valorisante. Idem pour les fax, qui représentent 45 % des commandes : ils sont numérisés. Une économie de 100 000 feuilles par mois.

À terme, Radiospares veut revoir toutes ses installations. Dans cette optique, elle vient de se doter d'une pompe à chaleur, un investissement de 180 000 euros. Niveau bilan, la pompe garantit un gain théorique de 71 % sur le chauffage et de 21 % sur la climatisation.

Changer de culture à tous les niveaux

Dans le local technique qui contient l'onduleur, c'est également une pompe à chaleur qui assure la climatisation... Et en 2006, Radiospares a privilégié le choix de la variation de vitesse pour le remplacement d'un compresseur. « Ñous sommes en train d'évaluer s'il serait rentable, d'un point de vue énergétique, de le programmer », ajoute Gaël Gastebois, le responsable main- tenance, hygiène et sécurité.

Les groupes de travail pour évaluer la faisabilité d'actions de développement durable se multiplient. En ce moment, c'est l'éclairage des locaux qui est sur la table de négociation. « Le retour d'investissement devrait dépasser les 25 ans, mais nous ne l'excluons pas pour autant », relate Gaël Gastebois. Un autre groupe réfléchit à l'éventualité de la pose d'éoliennes et de panneaux solaires sur le site... Pour chacune de ces réflexions, des cabinets spécialisés sont consultés pour éclairer les choix. En bref, « il faut changer de culture », martèle Pierre-François Delacour. « L'approche de problèmes écologiques et du développement durable fait partie de notre stratégie. Chacun a son rôle à jouer et doit assumer pleinement ses responsabilités pour le bon fonctionnement de l'entreprise et de son environnement. »

L'ENTREPRISE

- Créée en 1986 sous le nom de Verospeed, l'entreprise compte alors trois personnes et 250 m2 de locaux. Acquise en 1990 par le groupe Electrocomponents, elle devient Radiospares. - Aujourd'hui, elle emploie 600 personnes sur son site de Beauvais (Oise) et annonce un chiffre d'affaire de 166 millions d'euros.

L'ENTREPRISE

- Créée en 1986 sous le nom de Verospeed, l'entreprise compte alors trois personnes et 250 m2 de locaux. Acquise en 1990 par le groupe Electrocomponents, elle devient Radiospares. - Aujourd'hui, elle emploie 600 personnes sur son site de Beauvais (Oise) et annonce un chiffre d'affaire de 166 millions d'euros.

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