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Radar de défense aérienne : comment Thales tire son épingle du jeu

Hassan Meddah ,

Publié le

Thales associé à son partenaire américain Raytheon, veulent consolider leur rôle de numéro un mondial sur les radars tactiques. Avec une offre technologique renouvelée, la société commune vise 10% de croissance par an dans les années qui viennent.

Radar de défense aérienne : comment Thales tire son épingle du jeu © Finnish Air Force

L’après-midi est à peine entamée mais la nuit va bientôt tomber. Les arbres et les routes sont recouverts de neige et le froid ambiant est saisissant. C’est pourtant à son siège de Tikkakoski prés de la région des 1000 lacs dans le centre du pays, que l’Air Force finlandaise a dévoilé à la presse locale et internationale son radar de moyenne portée de dernière génération, le Ground Master GM400 acquis auprès de Thales Raytheon Systems (TRS). L’antenne est imposante: un grand rectangle métallique qui malgré une masse d’environ deux tonnes, pivote sur lui même à très grande vitesse (environ 6 sec/tour) pour repérer rapidement les cibles. L’ensemble est déposé sur un véhicule militaire ultra-stable au repos, équipé de 8 roues motrices. Ainsi, le radar peut décamper en moins de 5 min s’il est attaqué, et être remonté en moins de deux heures par seulement quatre opérateurs. Les Finlandais l'ont également sélectionné pour ses performances : le système détecte des cibles à plus de 470 km de distance et 30 km d'altitude. "Ce nouveau radar a un rôle clef pour la surveillance de notre espace aérien", explique le colonel de l’armée de l’air finlandaise Kari Renko.

Un radar entiérement numérique

A Tikkakoski, les ingénieurs et responsables de Thales Raytheon Systems (TRS) présents à la cérémonie Systems boivent du petit lait. L’armée finlandaise est la première à déployer la version tactique de leur radar, le Ground Master 400. La société commune fondée en 2001 et détenue à parts égales par le français Thales et l’américain Raytheon, est la seule à ce jour dans le domaine de la défense entre les deux pays. Déjà fournisseur clé du système de surveillance aérien de l'OTAN, TRS mise gros sur ce nouvel équipement qui a nécessité de lourds investissements technologiques. "Le radar est entièrement numérique et il est maintenable à distance", explique Dominique Simonneau, en charge du développement de la JV. En s'appuyant sur du logiciel plutôt que des composants, on améliore la fiabilité du radar tout en réduisant les sources de panne. Le radar est aussi plus léger, plus compacte. L'avancée technologique du GM 400 a pesé lourd pour battre le grand rival américain Lockheed Martin en phase finale de l’appel d’offres en 2006.

33 appareils vendus, dans 9 pays

Avec le radar GM400, Thales et Raytheon Systems espérer consolider leur leadership sur le segment des radars dits tactiques. Depuis l'orgine, les deux partenaires ont vendu plus de 600 équipements. Le succès commercial est en effet au rendez-vous. L’armée finlandaise, associée à sa voisine estonienne, ont commandé 14 radars d’un coup. Du jamais vu dans ce type de commande. Le contrat pour la Finlande s’élève à plus de 150 millions d’euros rien que pour les GM400 et 200 millions avec la mise à jour d'autres systèmes de surveillance complémentaires. Ce radar a également séduit l’Allemagne qui en a commandé 6. "Depuis sa commercialisation en 2008, neuf pays nous ont acheté 33 appareils", se félicite le dirigeant de TRS. Parmi eux, on compte le Canada, la Finlande, Estonie, la France, l'Allemagne, la Malaisie, la Slovénie.

"Depuis l'origine, le chiffre d'affaires a plus que doublé. Nous visons 10% de croissance annuelle dans les années qui viennent", précise Dominique Simonneau. Le marché des radars reste en effet porteur avec environ 15 à 20 radars tactiques vendus par an. Comme la Finlande, les pays ne lésinent pas dès lors qu’il s’agit de protéger leur espace aérien. La clientèle est double : les pays qui doivent remplacer leurs radars devenus obsolètes et d’autre part les pays qui veulent bénéficier de couverture en basse altitude (moins de 300 mètres contre 1000 mètres auparavant) notamment pour détecter les drones. La course technologique avec la concurrence continue. TRS dévoilera lors du salon du Bourget en juin prochain un radar intégrant des mécanismes de cyberdéfense.

La société commune franco américaine a réalisé près de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier pour un effectif total d’environ 1600 salariés.

Hassan Meddah

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