Economie

Rachat d'Alstom : GE, Siemens, participation de l'Etat... à chaque solution ses partisans politiques

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Alors qu'Alstom a confirmé avoir choisi l'offre de reprise de son activité énergie par General Electric, d'autres options restent encore envisageables. Et qu'il s'agisse de la formation d'un champion européen avec Siemens ou d'une intervention de l'Etat, de nombreuses personnalités politiques soutiennent ces alternatives. Tour d'horizon.

Rachat d'Alstom : GE, Siemens, participation de l'Etat... à chaque solution ses partisans politiques © RTL - Capture Dailymotion

Un rachat d'Alstom par General Electric

C'est, sans doute, l'option la plus plausible alors qu'Alstom vient d'annoncer avoir choisi l'offre de reprise de son activité énergie par General Electric lors de son conseil d'administration du 29 avril. Pour l'ancien ministre et député UMP de l'Aisne, Xavier Bertrand, l'offre du groupe américain General Electric (GE) représente sans doute "la meilleure solution" pour Alstom, aussi bien du point de vue de "la stratégie industrielle" que de "l'emploi".
 

Xavier Bertrand: "un gouvernement décalé" - Le 27/04/2014 à 20h00

Sans soutenir l'offre de General Electric, Damien Meslot, maire UMP de Belfort, base industrielle d'Alstom, a tenté de rassurer sur les intentions du groupe américain. "GE n'est pas, lui, un ennemi, mais nous sommes vigilants", a-t-il déclaré au JDD. L'élu reste sur ses gardes, pointant du doigt le rapatriement de la production aux Etats-Unis que souhaite Barack Obama.

La formation d'un champion européen en choisissant Siemens

Une reprise des activités de la division énergie d'Alstom par son concurrent Siemens : c'est la piste soutenue par le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg. Pour lui, l'offre de GE "pose un problème pour une raison simple, c'est que l'essentiel d'Alstom, 75% de l'entreprise, 65.000 salariés dans le monde vont être dirigés depuis le Connecticut".

Pour le ministre, un accord avec Siemens permettrait surtout de démarrer le chantier visant à former un champion européen dans le secteur de l'énergie.


Arnaud Montebourg : "Les entreprises françaises... par rtl-fr

 

A l'image de François Bayrou (Modem), de nombreux élus ont rejoint Arnaud Montebourg sur cette ligne. "Je vois qu'il y a beaucoup de nouveaux adeptes européens et je m'en réjouis. Nous sommes profondément européens et nous disons qu'il faut construire des Airbus de l'énergie, des Airbus des transports collectifs, et c'est le moment", a notamment indiqué Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat.

Une intervention de l'Etat pour "sauver" Alstom

Le vice-président de l'UMP, Laurent Wauquiez, plaide lui aussi pour l'émergence d'un "géant européen" de l'énergie, mais sans Siemens. Pour lui, "la seule chose qui peut avoir du sens c'est la construction d'un grand groupe européen. C'est un dossier qui mériterait un élan type Airbus. Or la solution Siemens bricolée à la hâte ne permettra pas d'y aboutir", a expliqué le député, invité dimanche de l'émission BFM Politique.

 

Dans une interview accordée aux Echos, le président de l'UMP, Jean-François Copé, a souligné la nécessité pour l'Etat d'intervenir dans ce dossier : "On attend un Etat stratège et on a un Etat pompier pyromane. Pyromane parce que sa politique depuis deux ans empêche les grandes entreprises de se développer et pompier parce que le gouvernement débarque à 48 heures de la fin alors qu'il y a des mois qu'on entend parler d'Alstom". Jean-François Copé rejette le terme de "nationalisation", préférant évoquer une prise de participation temporaire qui laisserait à Alstom le temps de réfléchir à à un nouveau projet industriel.

Une nationalisation que n'exclut pas en revanche le leader du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon. Pour lui, Alstom doit à tout prix rester "sous souveraineté française""Je mets en garde François Hollande", a déclaré sur France 2, car "il s'agit du coeur de l'identité de la France industrielle". "Vous avez déjà laissé la finance mettre la main sur EADS, sur le ciment, sur les communications. Ca suffit maintenant. Il faut que la France retrouve ses droits; Alstom, qui est le coeur de la politique écologique du futur, doit rester sous souveraineté française", a-t-il lancé.

Julien Bonnet

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