R-Sky, il fait des cerfs-volants de compétition

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Série d'été Finie l’image du cerf-volant qui ne fait que suivre son propriétaire courant contre le vent. Le cerf-volant est devenu un sport de compétition où les français excellent. Les meilleurs producteurs se trouvent dans l’Hexagone : parmi ces experts des triangles capables de vriller dans le ciel, l'entreprise R-Sky.

R-Sky, il fait des cerfs-volants de compétition

«J’ai découvert le cerf-volant il y a 18 ans. Je me suis aussi tôt lassé. On ne pouvait faire que des ronds ou des carrés», explique Roger Tesca-Gambassi, le fondateur de l’entreprise R-Sky. Il s’y est remis plus tard lorsque les matériaux ont évolué. Le passionné a alors abandonné son travail de préparateur automobile et est devenu l'un des rares designers de cerfs-volants. Ce dernier a alors créé, il y a quinze ans, la marque R-Sky pour allier son dada et son quotidien.

Dans les années 1990, il y a eu un véritable essor du cerf-volant sportif. «Qui revient aujourd’hui», assure Roger Tesca-Gambassi. La marque est déjà connue des compétiteurs pour son "Nirvana" : la technicité de ce cerf-volant a permis de gagner quelques compétitions de free-style, le sport de tout virtuose de la discipline.  

Etymologie

Le mot cerf-volant n’apparaît écrit en langue française qu’en 1669 (selon le Grand Robert), et son étymologie est à rechercher dans le provençal serp-voulanto ou l’occitan sèrp-volanta, signifiant tous deux « serpent-volant ». Il y a là référence à la forme des premiers cerfs-volants décrits en Europe (au 15e siècle en Italie d’après ceux introduits depuis l’Asie probablement dès la fin du 13e siècle) qui avaient généralement l’apparence d’un dragon avec une longue queue.

le fiasco de la démocratisation

Dans l'intervalle, Roger Tesca-Gambassi s'est attelé à élargir ses gammes au grand public. «Le cerf-volant, c’est comme du patinage. On peut faire plein de figures. Et souvent les gens sont  frustrés avec un mauvais cerf-volant, ils ne peuvent rien faire. Nous voulons leur donner l’occasion d’en faire vraiment, de découvrir ce sport à part entière», explique ce dernier. Pour réduire les coûts de fabrication, il a délocalisé une partie de sa production en Espagne pendant 2 ans, puis en Chine. Le but était de faire des cerfs-volants grand-public «qui volent dès 10-15 km à l'heure de vent contre les 20-25km/h nécessaires pour les produits de grande distribution». Las, connue par les compétiteurs, méconnue par les consommateurs, la gamme n’a pas décollé. Seulement 1 500 petits cerfs-volants de la gamme initiale sont produits en Chine.

Qu’à cela ne tienne, R-Sky surfe sur ce qu’il sait mieux faire : améliorer toujours ses cerfs-volants de free-style. Le reste de la gamme, plus élaboré, représente entre 3 000 et 3 5000 pièces produites chaque année dans l’atelier de Béziers, dans le sud de la France. Les tissus viennent du Japon, les barres carbones des Etats-Unis et les pièces plastiques de France. Puis dans l’atelier, ils sont quatre à découper, préparer, coudre ces voiles qui ponctuent le ciel de nos vacances.

Vendues entre 49 et 500 euros, toutes les pièces bénéficient des améliorations techniques que l’industrie apporte à ce sport. Les tubes qui maintenaient la toile de nos cerfs-volants étaient souvent des petites barres d’aluminium. Aujourd’hui des tubes de carbone de 6mm, aussi utilisés pour faire les flèches du tir-à-l’arc, structurent sans plomber la voile. Le nylon de cette dernière se déformait, souffrant de l’hydrométrie et du soleil. «Elle était lessivée. Nous avons essayé de trouver un tissu plus résistant et aussi plus léger», explique le fondateur de R-Sky. La solution a été le Polyesthère Icarex. La voile pèse désormais 31 grammes au lieu de 50 grammes au mètre carré. Les innovations ne portent pas seulement sur les matériaux mais aussi sur l’architecture même de l’objet. Il est lesté de manière à pouvoir faire les figures les plus improbables.

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