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Qui va récolter la taxe poids lourds ?

Olivier Cognasse

Publié le

Dans quelques semaines, le nom du groupement retenu pour prélever l'écotaxe sur les camions sera connu. Le dispositif devrait voir le jour en 2012.

Sommaire du dossier

Les camions seront équipés de boîtiers leur permettant d'être détectés par GPS. Chaque boîtier disposera d'une mémoire lui permettant de stocker une liste de points de taxation. Cette liste est envoyée par GSM à un système central de facturation qui calcule le nombre de kilomètres parcourus et le montant de la taxe (entre 2 et 20 centimes par kilomètre, selon le type de route et de véhicule). Ensuite, ces boîtiers communiquent par DSRC (norme d'ondes de courte portée) avec 173 portiques de contrôle fixes et 130 outils de contrôle mobiles situés au bord des routes. Via des caméras, ces « mouchards » valident les informations et détectent les fraudeurs, qui ne donnent pas les bonnes informations sur leur camion ou qui n'ont pas de badge.

- Calendrier - 29 septembre 2010 : fin de l'appel d'offres. - Fin 2010-début 2011 : annonce du vainqueur. - Janvier 2012 : test en Alsace. - Eté 2012 : généralisation de l'écotaxe.

- Répartition - 800 millions d'euros pour l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) - 200 millions pour le groupement - 200 millions pour les conseils généraux

Les entreprises citées

Le Grenelle de l'environnement n'est pas encore une coquille vide ! Il lui reste encore l'écotaxe sur les poids lourds. Cette dîme, 600 000 camions français (supérieurs à 3,5 tonnes) et 250 000 véhicules étrangers devront s'en acquitter à partir de la mi-2012. Ils paieront alors un impôt au kilomètre sur les routes non concédées : les nationales, certaines départementales et voies communales. Le réseau soumis à l'écotaxe avoisinerait ainsi les 15 000 kilomètres.

Un cauchemar pour les transporteurs français mais un rêve pour de nombreux industriels et entreprises de services à l'industrie. Cette taxe impose de bâtir tout un système de collecte à distance (lire l'encadré) pour être opérationnel et permettre à l'État de toucher environ 1,2 milliard d'euros par an. Depuis le 29 septembre, on connaît précisément le nom de ceux qui convoitent ce marché qui rapportera 200 millions d'euros par an au concessionnaire. Quatre groupements se sont portés candidats. Le premier, Alvia, rassemble autour du concessionnaire autoroutier Sanef, la Caisse des dépôts et consignations, l'ingénieriste Egis, la SSII Atos et Siemens. En face, le second consortium associe France Télécom, CS Systèmes d'information, Bouygues avec sa filiale ETDE et l'autrichien Kapsch.

UNE BATAILLE D'INFRASTRUCTURES

Il y également une offre autour du néerlandais Billoo Development. Mais celle qui fait le plus parler d'elle en ce moment est sans conteste celle d'Ecomove. Fondée autour de l'italien Autostrade, associé à Steria, SFR et Thales. Avantage, elle vient de bénéficier du soutien de la SNCF. « Nous sommes très minoritaires avec 10 % du capital », explique Paul Bouvarel, le directeur général de l'institut d'exploitation ferroviaire de la SNCF. Beaucoup d'observateurs pensent d'ailleurs que l'italien Autostrade (qui a déjà développé un système identi-que en Autriche) a choisi la SNCF pour franciser son offre. En oubliant que la SNCF pouvait devenir juge et partie puisque sa filiale Geodis dispose d'une flotte de camions de première importance.

Même si certains s'en inquiètent, la bataille se joue ailleurs. Notamment sur la capacité à déployer rapidement l'infrastructure nécessaire. En la matière, ceux qui ont une expérience probante à l'étranger ont clairement un avantage compétitif. Selon un spécialiste du dossier, le groupement Alvia, avec Siemens en son sein, est le mieux placé.

Seuls deux pays européens appliquent une taxe du même type, l'Allemagne, avec la LKW Maut, et la Slovaquie, qui a mis en place un système identique à celui prévu en France. Dans les deux cas, Siemens a fourni les boîtiers. Pour le projet français, il faudra en produire au moins 800 000 (à une centaine d'euros l'unité). Il est difficile de pronostiquer un vainqueur. Hormis, peut-être les autoroutes... Certains évoquent en effet un report de trafic vers ces voies payantes. Pour une entreprise comme Sanef, habituée des péages, cette nouvelle réglementation lui assure de remporter une bonne partie du gâteau.

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