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L'Usine Matières premières

Qui va nourrir l’industrie chinoise de l’aluminium ?

Myrtille Delamarche , , , ,

Publié le

Après la défection de l’Indonésie puis de la Malaisie, la Chine va devoir se remettre en quête de fournisseurs de minerai et d’alumine pour alimenter en matières premières sa gourmande industrie. Le premier producteur mondial d’aluminium pourrait ne pas s’en tirer à aussi bon compte cette fois-ci.

Les entreprises citées

Le marché de l’aluminium est en surcapacité par rapport à la demande et les prix du métal léger ont atteint un nouveau plancher ces derniers mois. Une surcapacité qui devrait durer, selon Roskill. Dans leur dernier rapport "Bauxite métallurgique et alumine", les consultants britanniques prévoient d’ici 2026 une croissance annuelle de 5% de la production et de la demande globale. Sauf si la Chine réduisait significativement sa production.

Pour l’instant, Pékin n’en prend pas le chemin : en 2015, la Chine a produit un peu plus de la moitié de l’aluminium mondial (suivie par l’Australie, le Brésil, l’Inde et les Etats-Unis). Ses besoins en bauxite et en alumine ne cessent d’augmenter : Roskill évalue à 7% la croissance annuelle de cette demande pour les années à venir.

Deux producteurs déclarent forfait

Et les producteurs de bauxite, minerai de base de l’aluminium, ne se battent pas pour satisfaire cet appétit. En 2014, la Chine a perdu un fournisseur important suite à la décision de l’Indonésie d’arrêter l’export de minerai brut. Pékin s’est donc tourné vers la Malaisie, qui a démontré sa capacité à accroître dans un temps record sa production. Elle a ainsi augmenté de 600% entre 2014 et 2015, pour fournir l’année dernière 25 millions de tonnes à la Chine.

Mais la pérennité de cette nouvelle source d’approvisionnement est plus qu'incertaine. En Malaisie, les polémiques enflent sur les mines illégales, les conditions d’extraction et les conséquences environnementales, notamment le déversement de boues rouges dans les cours d’eau. Au point que la Malaisie a annoncé en janvier un moratoire de trois mois sur la production qui prenait effet le 15 janvier. Pendant ce temps, les mines sont passées en revue et celles qui ne seraient pas conformes aux exigences réglementaires, notamment environnementales, ne verront pas renouveler leur permit d’exploitation. En outre, des doutes ont émergé sur l’étendue des réserves, et donc la durée de vie des mines.

Le Vietnam, la Guinée et l’Australie font de bons candidats

La proximité géographique avec la Chine plaide en faveur du Vietnam, qui renferme les troisièmes réserves mondiales de bauxite (derrière la Guinée et l’Australie). Mais Hanoi a également des ambitions en termes de transformation locale et de gain de valeur ajoutée qui pourraient empêcher toute hausse importante des exportations de minerai vers son voisin chinois.

Sur la liste des pays à bas coût d’exploitation, on retrouve la Guinée, détentrice des premières réserves mondiales et qui exportait déjà 18,9 millions de tonnes de minerai en 2015.  Ses immenses réserves sont connues, mais l’investissement nécessaire dans des infrastructures pour évacuer le minerai et le poste transport vers la Chine renchérissent cette option. Le bas prix du minerai ne plaide pas pour ce choix.

Reste l’Australie, premier producteur mondial et second fournisseur de la Chine derrière la Malaisie, qui développe des projets d’extension de mines à même de prendre le relais de ses sites vieillissants. Canberra devrait donc conserver son rang, voire combler une partie des besoins chinois si la Malaisie devait se retirer durablement. Mais à un coût bien plus important…

Dernière option, la Chine pourrait faire le choix de développer sa propre production. Si son minerai exige un traitement coûteux, il a néanmoins l’avantage d’une haute teneur en alumine. La Chine est tout de même le deuxième producteur mondial de bauxite métallurgique derrière l’Australie, et devant le Brésil, la Malaisie et l’Inde.

Myrtille Delamarche

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