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L'Usine Santé

Qui sont les grands gagnants de l’épidémie de grippe ?

Astrid Gouzik ,

Publié le , mis à jour le 16/01/2017 À 10H21

578 000 Français touchés par des symptômes. 627 cas graves admis en réanimation signalés. 13 personnes décédées dans une maison de retraite à Lyon. La grippe est particulièrement virulente cette année et a fait son apparition un peu plus tôt que d’habitude. Mais qui sont les grands gagnants de cette épidémie saisonnière ?

Qui sont les grands gagnants de l’épidémie de grippe ?

Les premiers gagnants sont les industriels qui fabriquent et commercialisent les vaccins contre la grippe. Pour la souche H3N2 qui sévit cet hiver, trois produits étaient disponibles. L’Influvac de Mylan se taille la plus grosse part du gâteau avec 51% du marché. Il est talonné de près par le Vaxigrip de Sanofi qui s’arroge 43% des ventes puis l’Immugrip de Pierre Fabre arrive en dernière position. Les laboratoires contactés par L’Usine Nouvelle ne communiquent pas de chiffre d’affaires pour leur activité de vaccins contre la grippe. Toutefois pour l’hiver 2016, les estimations prévoient que 9,3 millions de doses soient commercialisées. 

Vaccination et respect des règles d'hygiène

La production des vaccins est lancée à partir du mois de février, une fois que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a formulé ses recommandations sur la souche virale qui circulera. Ensuite le process de fabrication est de six mois incompressible. A partir du mois de septembre, les produits sont prêts à être répartis dans les pharmacies pour débuter la campagne de vaccination au mois d’octobre. Dès le mois de décembre, les pharmacies font remonter des pré-commandes pour l’année suivante, en anticipant la demande à laquelle ils seront confrontés selon l’ampleur de l’épidémie. Les industriels ajustent ainsi les volumes qu’ils produiront pour l’hiver suivant. Dans les populations ciblées par la vaccination contre la grippe, notamment les adultes de 65 ans ou plus, il est utile de rappeler que le taux de couverture est nettement inférieur à l’objectif de 75 %. Seules 50 % des personnes âgées de 65 ans ou plus, - en baisse constante depuis trois ans selon des données fournies par le groupement des entreprises du médicament - sont vaccinées. Pourtant, l’impact de la vaccination est plutôt positif dans le cas de la grippe. La réduction des cas après vaccination est supérieure à 99%. Le nombre de cas après vaccination en France est inférieur à 50.

La vaccination et le respect des règles d’hygiène sont les moyens les plus efficaces pour se prémunir contre l’épidémie. Toutefois, il existe des médicaments antiviraux qui peuvent être pris dans les deux premiers jours suivant le début des symptômes grippaux. C’est le cas notamment du Tamiflu de Roche, qui a défrayé la chronique lors de l’épidémie de grippe A en 2009. L’utilisation de ces antiviraux se fait sur la base des recommandations officielles. La souche virale qui circule cet hiver est couverte par les vaccins disponibles qui sont donc efficaces. Il n’y a donc aucune raison pour que les autorités françaises soient amenées à recommander l'utilisation des antiviraux cette année. "Roche France a toutefois anticipé et possède un stock suffisant pour couvrir les demandes potentielles", nous a précisé l’industriel.

Traiter les symptômes

Parmi les autres gagnants, les laboratoires fabriquant les antipyrétiques, les médicaments permettant de faire baisser la fièvre, l’un des symptômes de la grippe. Il s’agit de produits à base de paracétamol, d’acide acétylsalicylique, ou d’ibuprofène. Le paracétamol est la substance active la plus vendue en pharmacie en France. Là encore, on y retrouve forcément Sanofi et son blockbuster le Doliprane, ou encore le laboratoire Upsa et sa gamme Dafalgan…

Enfin, le laboratoire Boiron est souvent associé au traitement de la grippe avec son Oscillococcinum… mais à son insu ! "C’est une préparation homéopathique utilisée dans le traitement des états grippaux (fièvre, frissons, maux de tête, courbatures), il n’agit pas contre la grippe", défend une porte-parole de Boiron. Pourtant, le produit est bien souvent proposé en pharmacie en prévention lors des épidémies. Quant au fameux "vaccin homéopathique contre la grippe", une association d’Influenzinum et de sérum de Yersin, le laboratoire est très ferme : "il ne s’agit pas en aucun cas d’un vaccin. Cette appellation est un non-sens et nous refusons de l’utiliser car elle crée de la confusion", rappelle Boiron. Reste que les Français sont de plus en plus friands d’homéopathie alors que la confiance dans les vaccins ne cesse de s’éroder. Dans une étude publiée au mois d’octobre dernier par Ipsos pour le Leem, l’homéopathie était d’ailleurs la seule famille à gagner des points auprès de la population. Avec un niveau de confiance en hausse de deux points, elle atteint 73% alors que tous les autres médicaments ont perdu du terrain. Nul ne doute qu’en pleine épidémie, les ventes du laboratoire français doivent exploser…

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