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Qui sont les champions de la sous-traitance ?

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2014 marque la fin de plusieurs années de baisse d’activité dans la sous-traitance. Nos champions français ont profité de cette conjoncture favorable : ils sont nombreux à afficher des chiffres d’affaires en hausse, en particulier les sous-traitants de l’automobile, comme Safe, Sintex, Bontaz et Delfingen, qui annoncent une croissance à deux chiffres.

Qui sont les champions de la sous-traitance ? © DR

 

Voir aussi : notre classement des 100 premiers sous-traitants français 

1ER PLASTIC OMNIUM : CARNET PLEIN

66,64
C’est, en milliards d’euros, le chiffre d’affaires cumulé des entreprises de la sous-traitance industrielle en 2014. Il est en augmentation de 0,03 % par rapport à 2013. Ce chiffre correspond à l’activité de 30 319 sociétés, qui emploient 485 146 personnes. La part des exportations pour les entreprises de plus de 20 salariés a représenté 27,5 % en 2014.

Sera-t-il demain dans toutes les voitures ? C’est en tout cas le chemin que prend le fabricant français de pare-chocs et de systèmes à carburant, Plastic Omnium. Chaque année, les constructeurs sont de plus en plus nombreux à lui faire confiance pour leurs nouveaux programmes. Rien qu’en Europe, pas moins de 27 véhicules sur tous ceux lancés cette année embarquent des technologies Plastic Omnium. Le groupe séduit des constructeurs de tous les continents, comme les géants Daimler en Europe, Geely en Chine ou encore General Motors (aux États-Unis, mais aussi en Chine, où Plastic Omnium produira ses premiers réservoirs de nouvelle génération avec électronique intégrée). Le groupe a également commencé à produire pour Toyota, au Japon, des systèmes SCR (réduction catalytique sélective), un dispositif antipollution pour moteur diesel. Et s’apprête à construire une usine en Inde pour Suzuki. Sa croissance est restée soutenue sur le premier semestre 2015, particulièrement en Europe avec 6,9 % d’augmentation de son chiffre d’affaires par rapport à 2014. Même sur un marché sud-américain sinistré, Plastic Omnium poursuit ses bénéfices. Ce qui lui permet d’annoncer un résultat net en progression de 30 % sur la période et un flux de trésorerie libre triplé par rapport à l’an passé. Le plan d’investissement de 1,2 milliard d’euros lancé en 2013, qui paraissait très ambitieux à l’époque, s’est révélé juste suffisant pour suivre une telle hausse d’activité. « Nous sommes en avance d’un an sur nos objectifs de croissance et nous atteindrons les 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, contre 2018 initialement annoncé, se félicite le PDG du groupe, Laurent Burelle. 95 % de ces 7 milliards sont déjà dans notre carnet de commandes. »

2E HUTCHINSON : FUTUR ÉQUIPEMENTIER ?

Le spécialiste des élastomères veut s’affirmer en tant qu’équipementier. Déjà bien implanté sur le marché de la sous-traitance automobile, Hutchinson affichait ses ambitions dès 2013, en travaillant sur les essieux innovants du concept-car Peugeot 208 Hybrid FE, un projet piloté par le constructeur PSA et sa maison mère Total. Plus simples à fabriquer, intégrant plusieurs fonctions, les pièces pèsent 13 kilos de moins que des essieux classiques. Ce statut d’équipementier, Hutchinson veut également l’acquérir dans le secteur aéronautique. En 2014, il présentait son savoir-faire dans le domaine des composites, en mettant au point un démonstrateur de cockpit d’avion en carbone et résine thermoplastique. Les thermoplastiques étant promis à un grand avenir dans l’aéronautique, Hutchinson compte bien être présent sur ce segment. Parallèlement, l’entreprise consolide son positionnement dans l’aéronautique en intégrant sans cesse de nouvelles fonctions à ses pièces en élastomères. Une tendance qui s’illustre particulièrement dans le marché des hélicoptères : Hutchinson développe désormais des pièces embarquant de l’électronique (capteurs pour la surveillance des moteurs), des éléments en métal (butée de rotor d’hélicoptère), des actionneurs (système de contrôle actif de vibration) et même des systèmes hydrauliques (amortisseur de traînée à grande amplitude). À quand une activité dans les services ? En fait, Hutchinson occupe déjà le terrain. « Grâce à nos compétences dans les éléments de structure et l’aménagement intérieur, nous avons lancé une activité de rénovation pour les avions d’affaires vieillissants », glisse l’un des ingénieurs du groupe.

9E MECAPLAST : RESCAPÉ DE LA CRISE AUTOMOBILE

Avec ses 10 % de croissance organique, ses 679 millions d’euros en 2014 et les 730 millions d’euros attendus cette année, Mecaplast fait figure de revenant. Le groupe, qui vient de fêter ses 60 ans, a bien failli disparaître dans la violente crise qui a frappé le secteur en 2007-2009. Il a dû mettre en place un plan de retournement avec les clients (il travaille à plus de 40 % pour Renault et PSA, contre 55 % précédemment) et faire entrer dans le capital, aux côtés de la famille Manni, le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), à hauteur de 33 %. « Nous avons également connu une crise de croissance en 2012, avec une forte augmentation des commandes en 2010 et 2011 », explique Pierre Boulet, le directeur général de Mecaplast, arrivé en 2012 pour amorcer un plan de retournement. Aujourd’hui, le groupe, dont les principaux concurrents sont Mahle et Mann+Hummel, a retrouvé la voie de la croissance et son activité est consacrée à plus de 95 % à l’automobile. « Nous n’avons plus de projets de diversification, ils se sont soldés par des fiascos financiers », commente Pierre Boulet. Mecaplast fabrique la plupart des pièces à base de plastique que l’on trouve dans une voiture, à l’exception des planches de bord et des pare-chocs. Depuis deux ou trois ans, le groupe commence à travailler sur les composites, mais les projets ne devraient pas aboutir avant 2020. Mecaplast possède 27 usines dans le monde. Il a récemment implanté sa quatrième usine en Chine, pour servir notamment General Motors (GM) et BMW, ainsi qu’une usine au Mexique pour fournir GM et Nissan. En France, Mecaplast possède huit sites de production, dont celui de Monaco, qui a été reconfiguré ces dernières années.

14E MONTUPET : SORTIE DE CRISE

Le fondeur et usineur Montupet, qui fournit culasses en aluminium et autres alliages légers aux constructeurs automobiles, se joue de la crise. Au premier trimestre, son activité a bondi de 8 %, après une croissance du même ordre en 2014. Tout en enregistrant des performances sur sa marge. Cette ex-filiale de Pechiney a pourtant connu une décennie mouvementée, marquée par de nombreuses cessions d’activité. Son chiffre d’affaires actuel est à peine supérieur à celui d’il y a dix ans. À côté de ses usines de Laigneville (Oise) et Châteauroux (Indre), Montupet réalise 70 % de son activité à l’international. Il est implanté au Mexique, en Bulgarie, en Espagne, en Irlande du Nord et, depuis un an, en Inde, au sein d’une coentreprise pour servir Ford. De quoi attirer bien des convoitises.

17E MECACHROME : HISTOIRE D’UNE RÉSURRECTION

Avec une croissance annuelle de près de 10 % depuis cinq ans et un objectif de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020, contre 340 millions en 2014, il est loin le temps où ce spécialiste de la mécanique de précision risquait de disparaître. Investissements malheureux, retards dans les grands programmes aéronautiques tels que l’A 380 et l’A 400M, endettement galopant : 2008 fut une année noire pour l’entreprise de Colombes (Hautsde- Seine). Ce sous-traitant de l’aéronautique, de la défense et de l’automobile opère alors un redressement spectaculaire. Plusieurs facteurs y ont contribué : l’arrivée d’actionnaires de référence (le Fonds stratégique d’investissement, ACE Management et le fonds canadien FTQ) et d’une équipe de managers pérenne, une politique de réduction de coûts et une refonte de la logistique. La confiance revient, les grands contrats (A 320neo, A 330neo, Leap) aussi. La stratégie industrielle est redéfinie : le haut de gamme en France, les pièces plus simples à l’étranger. Les implantations se succèdent au Maroc (1,8 million d’euros investis pour doubler la taille de l’usine MK Aero à Tanger, l’an prochain), en Tunisie et au Portugal (30 millions d’euros investis dans une nouvelle usine, à Evora). Les acquisitions s’enchaînent (Mecahers en 2012, Normatec en 2014). « L’innovation n’avait encore jamais été poussée à cette échelle dans le groupe », assure Arnaud de Ponnat, le directeur général de Mecahrome, qui se lance dans la fabrication imbricative, l’impression 3 D et l’usinage cryogénique qui permet de se passer des lubrifiants. Avec Aubert & Duval, le groupe a investi 20 millions d’euros dans un site d’usinage de pièces en titane, baptisé MKAD, situé à Pamiers (Ariège) et travaillant notamment pour Airbus.

18E MAIKE : CAP SUR LES 500 MILLIONS

En cinq ans, cette ETI de la mécanique, implantée à Bonneville (Haute-Savoie), a multiplié son activité par cinq pour atteindre plus de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle compte 1 500 salariés, dont un millier travaillant dans la région Rhône-Alpes. À sa tête, un tandem : Barthélemy Gonzalez et Philippe Mallet, qui sont soutenus notamment par le Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA). Leur objectif est de créer un pôle de regroupement intégré de soustraitance automobile, par le biais de rachats de sociétés en difficulté (Precialp, Peugeot Japy, Frank & Pignard, EM Technologies, Gaillard). Le groupe de la vallée de l’Arve, axé sur quatre spécialités (turbo, injection, transmission, direction), vise désormais les 500 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à la fin de la décennie.

29E AD INDUSTRIE : LEVÉE DE FONDS

Spécialiste de pièces techniques et ensembles de précision à destination du secteur aéronautique (80 % de son activité), de la défense et de l’énergie, AD Industrie a levé 45 millions d’euros : une première tranche de 25 millions en 2014, puis 20 millions cette année. Le groupe compte remodeler son bilan, accompagner des clients sur différents programmes de grands motoristes (Rolls-Royce, Turbomeca, Snecma), mais aussi se développer à l’international, notamment en Amérique du Nord. Fruit d’un build-up en 2004, AD Industrie emploie près de 1 500 personnes dans dix sites en France, ainsi qu’en Tunisie et au Maroc.

34E MANOIR INDUSTRIES : LE SITE DE CUSTINES LIQUIDÉ

La direction de Manoir Industries avait déclaré, en début d’année, la cessation de paiement de sa forge déficitaire de Custines (Meurthe-et-Moselle). Après plusieurs mois de mise en observation, le site, spécialisé dans la production de pièces métalliques pour l’industrie pétrolière, le BTP et l’armement, a été liquidé en juin, puis repris par Lebronze Alloys. Il devait relancer l’activité en septembre. Manoir Industries a été repris il y a deux ans par le chinois Yantai Taihai, qui affirme avoir investi 40 millions d’euros en France, dont 15 millions à Custines. La forge de Bouzonville (Moselle), spécialisée dans des pièces plus lourdes à plus haute valeur ajoutée, n’est pas menacée.

39E ARAYMOND : L’ACCENT MIS SUR LA RECHERCHE

il y a 150 ans, est tourné vers l’avenir. Le site isérois ARaymond Life est à peine sorti de terre que le groupe prépare déjà l’inauguration d’une nouvelle usine de fixations métalliques, à Weil, en Allemagne. Surtout, s’il disposait de nombreux centres de développement, le groupe ARaymond s’est doté, en 2011, de moyens de recherche avancée. À Saint-Louis, en Alsace, dans son centre d’excellence baptisé Rayce, 300 ingénieurs développent les systèmes de fixation du futur (matériaux, impression 3 D), mais aussi de nouveaux outils de pose et de contrôle (notamment un système innovant de gant connecté).

44E GROUPE AXON’ : UNE USINE EN HONGRIE

La PME de Montmirail-en-Brie (Marne), qui fête ses 50 ans cette année, s’est spécialisée dans les câbles, les connecteurs et les harnais. Outre la défense, le médical, le spatial, il équipe notamment les commandes de vol de l’A 350 avec ses liaisons électriques, ainsi qu’un système de blindage autour de composants critiques. L’entreprise de Joseph Puzo (il l’a rachetée en 1985), qui emploie quelque 1 800 personnes dans le monde, a inauguré en mai une usine en Hongrie qui fabriquera des câbles plats pour l’industrie automobile. En France, le groupe est impliqué dans les travaux sur les technologies de production dans l’Usine du futur.

66E GROUPE LPF : PHASE D’INVESTISSEMENT

Cette année, Le Piston Français (LPF) se trouve dans une phase d’investissement sur ses sites. Après l’acquisition de Futex en 2014, le groupe a doté son usine toulousaine de surfaces supplémentaires. Il a doublé les capacités de son site marocain et a agrandi celui de Sommières, dans le Gard. Une usine est sortie de terre à Savigny-le- Temple (Seine-et-Marne), à proximité des installations de Safran, un site dans lequel il a investi 10 millions d’euros en quatre ans. « Si l’année 2015 a été plate, nous avons de grands programmes comme le Leap ou l’A 350 qui vont monter en cadence et avoir un impact à partir de 2017 », indique Thomas Corbel, le président du Piston Français. Sous-traitant de Safran, le groupe est présent sur le Leap et le Silvercrest, mais également sur le Rafale, dont la cadence de production devrait être triplée, ou encore l’A 320neo et l’A 350. « Nous regardons aussi du côté des activités de rechange, sur lesquelles nous voulons nous positionner, par exemple sur le CFM56 ou les Mirage 2000 », précise le président de LPF. Le groupe prévoit d’avoisiner les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2018, contre 75 millions d’euros aujourd’hui. Dernier chantier à mener : la modernisation des infrastructures, notamment l’automatisation des lignes de production.

81E DUQUEINE GROUP : IL DÉCOLLE GRÂCE À L’A 350

Au lieu de délocaliser sa production des composites, Gilles Duqueine a fait le choix de la robotiser en France. Le PDG a investi 25 millions d’euros dans une usine ultramoderne à Civrieux (Ain). Son parc d’outils d’automatisation a été conçu par les équipes du groupe, qui ont établi les plans, puis fait assembler des machines. L’usine fabrique les cadres de fuselage de l’A 350 d’Airbus, qui a fait décoller le chiffre d’affaires de Duqueine et lui assure une visibilité à plus de dix ans. Le site de 15 000 mètres carrés est soumis à la montée drastique des cadences de la production. Le groupe a aussi consacré 10 millions d’euros au développement de son usine de Nantes (Loire-Atlantique) pour le nouvel avion d’Airbus.

95E SAVOY INTERNATIONAL : LA CRISE DE L’AUTO EST PASSÉE

L’équipementier de la vallée de l’Arve fondé par Émile Allamand a tourné la page de la crise. Savoy International fut l’un des premiers sous-traitants automobiles de rangs 1 et 2 à bénéficier, en 2009, du fonds de modernisation des entreprises automobiles (FMEA), par le biais d’une participation minoritaire de 4,3 millions d’euros. Bpifrance est sortie du capital en début d’année au profit du fonds privé Arve Industries Capital (Crédit agricole des Savoie). Celui-ci réunit des investisseurs institutionnels afin de soutenir les PME savoyardes du décolletage, de la mécatronique et de la mécanique. Savoy est positionné sur la plasturgie, le décolletage, et la mécatronique via ses trois filiales.

97E GROUPE AUVERGNE AÉRONAUTIQUE : EMBARQUÉ À BORD DES AIRBUS

Repris en 2013 par le fonds ACE Management, Auvergne Aéronautique, profondément restructuré, a réussi à embarquer dans le programme A 350 pour fabriquer de grands éléments. Ce sous-traitant en machines spéciales, spécialisé dans la mécanique générale, le traitement de surface et les composites, est aussi présent à bord des A 320, A 330 et A 380. Sa filiale Casablanca Aeronautique (le groupe est implanté au Maroc depuis 2007) a terminé un programme d’investissement de plusieurs millions d’euros sur trois ans, dans les technologies de traitement de surface pour des pièces de l’A 330. Le groupe est l’un des membres d’une filière aéronautique auvergnate en plein développement.

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