Qui recrute par région Qui recrute en 1998

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Comme chaque année, " L'Usine Nouvelle " a enquêté auprès des entreprises de vingt et une régions françaises. 650 entreprises cherchent à pourvoir 44 000 postes 36 grands recruteurs proposent 55 000 emplois.   L'innovation tire l'emploi L'éclaircie se confirme. Les régions recrutent où l'on innove, avec l'Ile-de-France en tête de peloton. L'effervescence des télécommunications et de l'informatique dynamise les territoires. Les PMI tirent l'emploi. A condition que la loi Aubry sur les trente-cinq heures obligatoires n'amoindrisse pas les perspectives d'embauches.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

La reprise existe. Nous l'avons rencontrée. Région par région, nos correspondants ont traqué les signes de l'embellie, en passant au peigne fin la France qui recrute. Résultat : nous avons recensé près de 44 000 postes à pourvoir dans plus de 650 entreprises. Un réel frémissement sur le front de l'emploi. Les chiffres confirment la remise en marche de la machine à embaucher. Selon le ministère de l'Emploi, les effectifs salariés ont progressé de 1 % en 1997, avec toutefois un recul de 0,8 % dans l'industrie. L'ANPE se réjouit d'une augmentation de 10,5 % des offres d'emploi collectées.


La téléphonie, une superbe manne

Le tissu régional reflète ce regain modeste d'optimisme. 30 % des patrons des Pays de la Loire misent sur une augmentation de leurs effectifs en 1998. Les chefs d'entreprise alsaciens et auvergnats partagent une même sérénité. Avec un taux de chômage en régression de 2,4 %, la Franche-Comté savoure les prémices de la reprise. Mais les disparités régionales demeurent, fortement liées aux aptitudes à innover. Car, on ne le répétera jamais assez, là où l'on innove, on embauche. Avec près de 7 500 créations de postes, l'Ile-de-France est particulièrement gâtée par l'essor des nouvelles technologies. En région parisienne, les opérateurs de télécommunications triplent, voire décuplent, leurs politiques de recrutement pour assurer leurs positions dans le nouveau paysage français. Partout où il y a de la téléphonie, il y a de l'embauche dans l'air. La mise en place de centres d'appels téléphoniques constitue ainsi une superbe manne pour les bassins d'emploi touchés par la grâce. 750 emplois à Toulouse et 200 à Poitiers. Merci, Cegetel ! 200 embauches à Villeneuve-d'Ascq. Merci, France Télécom ! La fièvre des télécommunications donne aussi des ailes à Sophia-Antipolis (Var), où l'arrivée de Siemens, de Tandem et d'Hitachi s'accompagnera d'une création de plus de 1 000 emplois. Les grands chantiers de l'euro et de l'an 2000 ainsi que l'explosion de l'informatique individuelle solliciteront fortement les compétences des as de la souris. Une bouffée d'air frais pour le Languedoc-Roussillon, ou la Bretagne à Rennes-Atalante. Les besoins sont tels que l'on commence même à craindre une pénurie des compétences. " Pour trois postes à pourvoir, il n'y a en moyenne qu'un candidat ", regrette Jean-Michel Martin, directeur adjoint de la société de conseil en technologies Altran, qui recherche 1 300 collaborateurs sur l'ensemble du territoire français. Mais il n'y a pas que le téléphone et les puces pour doper l'emploi régional. Autre outil de la mondialisation qui nous oblige à nous entendre et à nous voir, l'avion revitalise les régions où les sous-traitants de l'aéronautique répercuteront la forte progression des carnets de commandes d'Airbus. A Toulouse, Latécoère renforcera ses équipes pour réaliser son " contrat du siècle " : la fabrication de deux éléments de fuselage des futurs A340-500 et 600. Dans les industries traditionnelles aussi, l'innovation rime avec emploi. En Bretagne comme en Champagne-Ardenne, l'agro-industrie, qui a créé de nouveaux produits à forte valeur ajoutée, a aussi engendré de nouveaux emplois. Les PMI, premiers gisements d'emplois

Mais les championnes de l'emploi nouveau, ce sont les PMI où demeurent les gisements d'embauches les plus prometteurs. La Lorraine, la Picardie, la Bourgogne misent sur le dynamisme des petites entreprises. " Mon boulot, c'est de créer de la richesse et de la partager ", déclare Patrick Colin, P-DG d'Unither, une PME picarde spécialiste du conditionnement unitaire qui embauchera 52 personnes cette année. Il est vrai que, en dehors du mégaprojet de Toyota dans le Valenciennois - avec ses 2 000 emplois à la clé, un véritable rêve pour tout aménageur du territoire -, les investissements porteurs d'em- plois demeurent encore modestes. Mais, comme le reconnaît Philippe Guillaume, responsable de l'industrie à la Chambre de commerce et d'industrie de l'Aisne, " à coups de un plus un, on arrive à renverser l'évolution défavorable de l'emploi ". Encore faut-il pour cela que l'ombre des trente-cinq heures obligatoires ne refroidisse pas les velléités d'embauches des patrons, tétanisés par le manque de visibilité lié à la crise asiatique. La loi Robien s'est pourtant traduite par des gains d'emplois, comme en Bretagne, où la réduction du temps de travail dans l'industrie agroalimentaire a permis la création de plus de 1 000 emplois supplémentaires. Mais le recours à l'intérim (+ 37 % en Rhône-Alpes) et aux contrats à durée déterminée risque de devenir le nouveau modèle de l'emploi. Comme à Douai, où Renault a fait appel à des postes en temps partiel ou en CDD pour mettre en place une équipe du soir dans l'unité de fabrication de la Mégane Scénic. Mais laissons les oiseaux de mauvais augure se délecter de catastrophisme ! Le printemps de la reprise arrive. Que cette enquête soit un message d'espoir pour tous ceux qui recherchent un emploi !








 

 

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