L'Usine Auto

Qui pour investir dans PSA ?

Pauline Ducamp , ,

Publié le

Analyse A un mois de la publication des résultats financiers du premier semestre, le groupe automobile continue de brûler près de 200 millions d’euros de cash par mois.

Qui pour investir dans PSA ? © D.R. - PSA

L’argent frais reste le problème numéro 1 de PSA. A un mois des résultats financiers du premier semestre, la consommation de cash du constructeur n’a pas diminué depuis l’année dernière. Par mois, le groupe engloutit environ 200 millions d’euros et les perspectives de retour à l’équilibre d’ici fin 2014 s’éloigne de plus en plus, compte tenu de la dégradation du marché automobile européen.

PSA bénéficie d’une sécurité financière de 10 milliards d’euros, ce qui devrait lui permettre d’éviter le pire. Mais la question d’une montée au capital d’un partenaire, voire du rachat du groupe, est de nouveau sur la table. Le groupe a démenti jeudi 27 juin les rumeurs. "Ce sont des idées de banquiers, des solutions financières, loin de solutions industrielles et commerciales de long terme", affirme un porte-parole du constructeur. Quatre solutions se détachent pourtant pour apporter de l’argent frais à la maison mère.

  •  General Motors : Tous les regards sont tournés vers Detroit dès que la situation financière de PSA est évoquée. Le groupe américain possède déjà 7% du capital et les deux groupes travaillent actuellement à leurs premiers véhicules communs. Les retombées concrètes de l’Alliance ne sont cependant pas attendues avant 2016 et les deux partenaires ont pour le moment évité la question qui fâche : dans quelles usines seront produits les nouveaux véhicules ? Le choix des sites entrainera forcément un plan de réorganisation industrielle qui pourra s’avérer sévère.

    General Motors ne semble pas vouloir remettre au pot. La semaine dernière, Dan Akerson rappelait que chaque constructeur devait régler ses problèmes avant d’aller plus loin dans l’intégration des deux groupes. "Ce serait une mauvaise idée de fusionner Opel et PSA maintenant, analyse Georges Dieng de Natixis. Les deux sont malades et ne peuvent supporter les problèmes de l’autre et un travail de fusion, qui les ferait imploser".
  • Un émergent : Tata Motors, DongFeng, BAIC, les noms de grands constructeurs indiens ou chinois reviennent sur le devant de la scène depuis plusieurs semaines. "Avec le durcissement des normes anti-pollution en Chine, un constructeur chinois pourrait par exemple être intéressé par les technologies propres de PSA" souligne Gaëtan Toulemonde, analyste à la Deutsche Bank. La technologie Hybrid Air, très efficace pour les marchés émergents car peu onéreuse, aguiserait leurs appétits.

    La solution reste pour le moment hypothétique. "Les constructeurs des pays émergents savent qui est notre ministre du Redressement productif, on a vu ce qui s’est passé avec Dailymotion" souligne un observateur. "Il faut qu’un investisseur ait la garantie d’avoir les mains libres pour réorganiser PSA" ajoute Georges Dieng.
  • L’Etat : PSA est un cas emblématique pour le gouvernement Ayrault et l’automobile un secteur stratégique. Depuis le début des difficultés du groupe, Arnaud Montebourg garde un œil sur l’évolution de la situation chez PSA. La nomination en avril de Louis Gallois au conseil d’administration de PSA comme le soutien à la Banque PSA Finance montrent la volonté de l’Etat de sécuriser les positions financières du constructeur.

    Une montée au capital du groupe semble toutefois peu probable. En fin d’année dernière, le ministre des Finances Pierre Moscovici avait déjà écarté cette solution, les finances de l’Etat n’étant pas non plus au beau fixe. Au mieux, l’Etat pourrait prendre une participation de principe pour avoir un droit de regard. Il devrait surtout peser dans la recherche d’un investisseur.
  • PSA s’en sort seul. Le groupe est dans une situation financière compliquée et la dégradation du marché européen ne les favorise pas. L’usine d’Aulnay-sous-Bois, qui est ouverte sans produire de véhicules, pèse aussi sur les comptes. La capitalisation boursière avoisine les deux milliards d’euros, de quoi attirer les convoitises. "La famille n’a plus un rond" ajoute sans ambage un observateur du secteur.

    Mais la situation n’est pas désespérée. "Le groupe est plus fragile qu’un autre, mais il va s’en sortir" affirme Gaëtan Toulemonde. PSA bénéficie d’une sécurité financière de 10 milliards d’euros, ce qui devrait lui permettre d’éviter le pire. Les mesures prises par le constructeur pour se redresser n’ont pas encore porté leurs fruits. "PSA a un plan produit intéressant à venir, 308, C4 Picasso. Les négociations sur la compétitivité sont en cours et le plan de restructuration n’a pas encore montré ses effets" souligne Georges Dieng. Le lancement de la production des 308, C4 Picasso, 2008 représente aussi un coût en ce début d’année, mais les premières ventes se montrent prometteuses.

Pauline Ducamp

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte