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L'Usine de l'Energie

Qui est vraiment Philippe Martin, le nouveau ministre de l’Ecologie ?

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Philippe Martin a été choisi pour succéder à Delphine Batho, limogée du gouvernement. Défenseur de l’agriculture biologique opposé aux OGM et à l’exploration des gaz de schiste, le nouveau ministre de l’Ecologie n’est pas un inconnu dans l’industrie.

Qui est vraiment Philippe Martin, le nouveau ministre de l’Ecologie ? © Arnaud Bouissou / MEDDE

"Mercredi matin, il est venu à l’Assemblée pour dire au revoir à tout le monde au groupe PS. Il a traversé toute la salle pour venir me saluer". Pour son ami Philippe Plisson, député PS de la Gironde qui le côtoie depuis cinq ans sur les bancs de l’Assemblée nationale, ce geste est à l’image de Philippe Martin, le nouveau ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie. A écouter ceux qui le connaissent, le vice-président du groupe PS à l’Assemblée depuis juin 2012, est un homme  "sympa", "ouvert " et "marrant". Un sens de la communication qui devrait lui être bien utile pour un ministère à risque où trois personnalités se sont succédé en un an.

Déjà pressenti à l’Ecologie il y a un an

S’il est quasiment inconnu du grand public, le successeur de Delphine Batho, est pourtant dans les petits papiers de Jean-Marc Ayrault. Le député et président du conseil général du Gers avait même été envisagé pour succéder à Nicole Bricq après l’éviction de cette dernière en juin 2012. " Il avait été très déçu de ne pas avoir le poste", poursuit Philippe Plisson. Un poste qui avait alors été confié à la discrète Delphine Batho. Philippe Martin n’est pas non plus un parfait inconnu pour les industriels. Bon nombre de responsables de fédérations professionnelles ont croisé sa route à la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée dont il est membre. "Un certain nombre de contacts ont déjà été pris avec l’industrie dans ce cadre", avance-t-on à l’Union française des industries pétrolières (Ufip).

Membre de l’équipe chargée des questions environnementales lors de la campagne de François Hollande, il a l’image d’un homme engagé sur les questions environnementales. "Il est convaincu de la nécessité d’un changement de modèle de développement. C’est une qualité très rare chez les élus y compris dans les partis de gauche", avance Philippe Plisson.

Un spécialiste de l’agriculture

Le nouveau ministre de l’Ecologie est surtout connu pour son combat contre les OGM. En 2004, il fait adopter par le Conseil général du Gers l’interdiction de la culture d’OGM en plein champ. Cette décision sera annulée une première fois par le tribunal administratif en 2005 puis confirmée par la Cour administrative d’appel de Bordeaux avant d’être à nouveau annulée par le Conseil d’Etat en 2009. Une bataille judiciaire de cinq ans durant laquelle Philippe Martin est demeuré en première ligne.

Autre fait d’arme : il s’est fortement impliqué pour que la France active une clause de sauvegarde visant à suspendre l’utilisation de maïs transgénique Monsanto 810. "C’était objectivement courageux de prendre des positions écologiques, qui plus est sur le dossier OGM. Ce n’était pas du tout la position du parti socialiste à l’époque", avance l’avocat Arnaud Gossement qui a côtoyé Philippe Martin dans le cadre de l’intergroupe sur les OGM lors du Grenelle de l’environnement. Fervent défenseur de l’agriculture biologique, il a par ailleurs œuvré pour que les cantines des écoles mais aussi des hôpitaux du Gers se fournissent auprès d’agriculteurs locaux.

Philippe Martin s’est également penché sur les questions relatives à l’eau. Jean-Marc Ayrault l’a chargé, en novembre 2012, d’élaborer des propositions pour optimiser l'usage de l'or bleu en agriculture. Il a remis au Premier ministre son rapport intitulé la "gestion quantitative de l’eau en agriculture"  le 5 juin dernier. Ses conclusions n’ont toutefois pas vraiment convaincu France Nature Environnement (FNE) qui accuse le rapport de "ne pas remettre en cause un modèle agricole dépassé".

Opposé aux gaz de schiste

S’il a fait des questions liées à l’agriculture sa spécialité, Philippe Martin s’est illustré plus récemment par ses positions contre l’exploration des gaz de schiste. Comment faire autrement pour un élu gersois quand une partie de ses administrés affichent une franche hostilité au projet ? Avec le député UMP François-Michel Gonnot, il a par ailleurs présidé, en 2011, une mission d’information parlementaire sur leur exploitation. Alors que son co-rapporteur s’était déclaré en faveur de l’exploration des gaz de schiste, Philippe Martin avait dénoncé les conséquences environnementales de la fracturation hydraulique.

Reste que le nouveau ministre de l’Ecologie, habile politicien de 59 ans qui entretient de bons rapports avec Europe Ecologie les Verts, est lancé dans une course contre la montre. Le 18 juillet prochain, dans quinze jours, le conseil national du débat sur la transition énergétique se réunira une dernière fois afin de préparer les synthèses de l’ensemble des groupes de travail. Elles serviront à préparer la loi de programmation dont les premiers contours devraient être présentés lors de la conférence environnementale le 20 et 21 septembre prochain. De longues nuits blanches en perspective pour le nouveau ministre.

Camille Chandès

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1 commentaire

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04/07/2013 - 11h07 -

Rappelons quand même, à tout hasard, que la « transition énergétique » a lieu actuellement : Cela s’appelle la crise économique.

La crise mondiale actuelle est en effet aussi, si ce n’est avant tout, un monstrueux choc pétrolier qui hélas ne fait que commencer, dernière synthèse de Laherrère (ASPO France) :
http://goo.gl/LzmGp
Ce qui amène à (évolution prix du baril) :
http://iiscn.files.wordpress.com/2013/07/bp-oil-price-2013.jpg

Et que l’on soit quasi incapable de simplement nommer la chose (en préférant la valse des étiquettes financières) n’y change rien.
Un sérieux rééquilibrage entre taxer les carburants fossiles et le travail serait une vraie mesure.
La qualifier d’écologique, même si on peut considérer que c’est le cas, est aussi symptôme de l’incapacité à montrer la situation.
De fait on « paye » aujourd’hui la com uniquement axée sur les aspects CO2, alors que les mesures possibles sont tout simplement les -MÊMES- pour les deux aspects.
(extraction/imports Hydrocarbures, emissions de CO2)

On remarquera aussi dans le graphique prix du baril ci dessus la légende classique : « premier choc pétrolier = Yom Kippour/embargo Arabe = évènement géopolitique = rien à voir avec les contraintes géologiques ». Alors que le premier choc était surtout la conséquence directe du pic de production des Etats-Unis ayant eu lieu en 1970.

Il serait peut-être temps d’être au courant, non ?

Résumé ci dessous :
http://iiscn.wordpress.com/2011/05/06/bataille-et-lenergie/
Voir en particulier les interviews d'Akins (ambassadeur US en Arabie Saoudite à l'époque) dans «la face cachée du pétrole» partie 2 à partir de 18:00 pour le premier choc.
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