Qui est Jacques Mézard, nouveau ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation

Le sénateur du Cantal Jacques Mézard a été nommé, le 17 mai, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation. Il succède à Stéphane Le Foll, qui a couvert l’Agriculture, l'Agroalimentaire et la Forêt durant cinq ans. Dans la filière, le changement d’intitulé du poste séduit, mais l’industrie agroalimentaire entend bien ne pas se faire oublier. 

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Qui est Jacques Mézard, nouveau ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation
Jacques Mezard au ministère de l'agriculture ce 17 mai 2017 AFP PHOTO / Thomas SAMSON

Jacques Mézard, 69 ans, a été nommé mercredi 17 mai ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation dans le premier gouvernement d’Edouard Philippe. Sénateur du Cantal depuis 2008, il est aussi président du groupe Rassemblement démocratique et social européen au palais du Luxembourg. Il avait refusé de soutenir une candidature indépendante de Sylvia Pinel, du Parti radical de gauche (PRG), à l’élection présidentielle pour se rallier à Emmanuel Macron. Il s’était également montré critique face à la primaire de la gauche – "Quand les Allemands font face à la crise avec un gouvernement de coalition, nous préparons une présidentielle avec des dizaines de candidats. Est-ce bien raisonnable ?", indiquait-il en décembre dernier à La Montagne.

Au Sénat, où il a été réélu en 2014, Jacques Mézard a collaboré aux groupes d’études sur l’économie agricole alimentaire, l’élevage ; la trufficulture, l’oléiculture et les cultures traditionnelles ; les fruits et légumes, mais aussi sur la gestion des déchets et l’aviation civile. Sur son territoire, il est conseiller municipal d’Aurillac et président de la Communauté d'agglomération du Bassin d'Aurillac.

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Un programme à décliner

Le nouveau ministre devra décliner les propositions formulées pour le secteur. "Améliorer les conditions de vie des agriculteurs français est une urgence. Les agriculteurs ne demandent rien d’autre que de pouvoir vivre de leur travail par un juste prix payé. Pour y parvenir, il faut changer de méthode : rémunérer le travail des agriculteurs et les libérer de la dépendance aux aides publiques", promettait le programme d’En Marche ! durant la campagne présidentielle. La mise en place d’outils de régulation et de gestion des risques, le droit au chômage pour les agriculteurs en cas de baisse d’activité, le soutien aux programmes de méthanisation et le déblocage d’une enveloppe de 200 millions d’euros, dans le cadre de la Politique agricole commune, pour les services qu’ils rendent à l’environnement (entretien des paysages, pâturage des alpages…) sont prévus. "Nous retenons l’idée d’Emmanuel Macron d’un Grenelle de l’alimentation et l’agriculture, qui répondrait bien à notre volonté de sortir d’un tête à tête entre le ministre de l’Agriculture et la FNSEA", soulignait il y a quelques jours Pascal Canfin, le dirigeant de l’ONG environnementale WWF France, interrogé par L’Usine Nouvelle.

Jacques Mézard succède à Stéphane Le Foll (PS), qui détient le record de longévité au ministère de l’Agriculture, en ayant toujours occupé ce poste durant les cinq années de mandat de François Hollande et malgré les différents remaniements. Les organisations professionnelles attendent la nouvelle recrue au tournant. "Les travaux sur la prochaine PAC sont cruciaux et à ce titre, le Ministre de l’agriculture et le président de la République devront être au rendez-vous de ces négociations et assumer leur rôle dans la construction européenne", a déjà suggéré l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture. A la différence de son prédécesseur, Jacques Mézard n’hérite cependant pas, dans l’intitulé de son poste, des dossiers ayant trait à la forêt.

"Etre le garant des bonnes relations au sein de la filière"

Mais le terme "alimentation", et non plus "agroalimentaire", est plutôt bien accueilli car il implique "toute la filière" alimentaire, estime notamment la FNSEA. C’est aussi ce qu’espère l’industrie agroalimentaire, qui appelait déjà de ses vœux, il y a deux mois, un "grand ministère de l'alimentation". Mais elle qui reprochait à Stéphane Le Foll d’avoir "été le ministre de l'agriculture" (voir notre interview), entend bien ne pas se faire oublier. "Le futur gouvernement devra être le garant des bonnes relations au sein de la filière, assurer un environnement réglementaire et fiscal stable, et agir pour la compétitivité de la première industrie du pays, réagit ce 17 mai l’Ania, le syndicat de l’industrie agroalimentaire. L’ANIA sera un partenaire actif, engagé et ouvert." "Il nous faut des politiques plus globales allant de la fourche à la fourchette, et de la fourchette à la fourche. Nous avons besoin d'union et d'actions pour faire gagner la France", confiait mi-mars à L’Usine Nouvelle Jean-Philippe Girard, son président de l’Ania, qui représente la première industrie de France.

Franck Stassi, avec Gaëlle Fleitour

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