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Qui est ce deuxième constructeur de mobiles qui ne paie plus de royalties à Qualcomm ?

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Analyse Après Apple, un deuxième constructeur majeur de mobiles a suspendu le paiement de redevances de brevets à Qualcomm. Son identité reste un mystère. Qui pourrait-il être ? L’Usine Nouvelle a sa petite idée.

Qui est ce deuxième constructeur de mobiles qui ne paie plus de royalties à Qualcomm ? © Julien Bergounhoux

Encore une épine dans les pieds de Qualcomm. Après Apple, un deuxième constructeur majeur de smartphones a décidé de suspendre le paiement de redevances sur les brevets du géant américain des puces mobiles. Le patron du groupe Steve Mollenkopf l’a annoncé lors de la présentation des résultats financiers du deuxième trimestre 2017. Mais il s’est bien gardé d’en dévoiler le nom, dans l’espoir de régler le problème par la négociation avant que l’affaire ne s’envenime comme avec Apple.

Huawei, fausse piste

Depuis, l’identité de ce mystérieux constructeur alimente toutes les spéculations. Stacy Rasgon, analyste financier chez Bernstein Research penche pour Huawei, numéro trois mondial des smartphones derrière Samsung et Apple. Nous ne le croyons pas un instant.

En février 2015, la NDRC, l’autorité chinoise de la concurrence a condamné Qualcomm à une amende de près de 1 milliard de dollars pour abus de position dominante dans l’attribution de licences de ses brevets dans les technologies mobiles 3G et 4G. Le groupe américain a été contraint d’assouplir ses conditions de licence et de baisser d’un tiers les redevances qu’il exige des constructeurs chinois de mobiles. Huawei s’est empressé de renégocier son accord de licence bénéficiant de ces nouvelles conditions. Pourquoi le champion chinois des mobiles voudrait remettre en cause cet accord alors qu’il bénéficie de conditions plus avantageuses que ses concurrents hors de Chine, comme Apple, Samsung ou LG ? Cela n’aurait aucun sens et irait à l’encontre de l’accord conclu entre la NDRC et Qualcomm.

Apple, plus gros payeur de redevances

La suspension du paiement de redevances par Apple et le deuxième constructeur se traduit par un manque à gagner  de 700 millions de dollars pour Qualcomm en revenus de licences au deuxième trimestre 2017. Selon l’estimation de L’Usine Nouvelle, cette somme est due pour 400 millions de dollars à Apple et pour 300 millions de dollars à l’autre constructeur. Elle est calculée comme un pourcentage des ventes en valeur de mobiles.

Certes, Apple n’est que numéro deux mondial en volume avec 12% des ventes au deuxième trimestre 2017 selon IDC, près de deux fois moins que Samsung (23,3%). Mais il est numéro un en valeur, avec selon Strategy Analytics, 30% du gâteau. C’est la raison pour laquelle le groupe californien est l’acteur qui paie le plus de redevances à Qualcomm. Huawei est numéro trois avec environ 10% du marché en valeur et des redevances de 100 millions de dollars au deuxième trimestre 2017. Il ne peut pas être le mystérieux constructeur en délicatesse avec Qualcomm.

Samsung se rebiffe

Ce constructeur ne peut être en réalité que Samsung. Bien que leader du marché en volume, Samsung est numéro deux en valeur avec 25% du marché selon Strategy Analytics. Ses redevances de brevets dues au deuxième trimestre 2017 tournent autour de 300 millions de dollars selon l'estimation de L'Usine Nouvelle. Alors qu’est-ce qui le pousserait à se rebiffer contre Qualcomm, alors qu’il en utilise la puce SnapDragon 835 sur ses derniers smartphones vedettes Galaxy S8 et Galaxy Note 8 et qu’il est le fabricant attitré de ce circuit en gravure de 10 nanomètres ?

La décision de Samsung interviendrait après que Qualcomm ait été condamné à une amende de 865 millions de dollars par la KFTC, l’autorité de surveillance de la concurrence en Corée du Sud, pour les mêmes motifs qu’en Chine. Il attendrait l’issue de ce contentieux pour renégocier  un nouvel accord de licence plus avantageux à l'instar des constructeurs chinois.

Crainte d'effet domino

LG a été le premier constructeur coréen de mobiles à suspendre ses paiements de redevances à Qualcomm en 2016 jusqu’à trouver un accord à l’amiable. Samsung, qui subit une concurrence féroce en Chine, réclame les mêmes conditions de licence que les constructeurs chinois. Une revendication que Qualcomm refuse d’entendre jusqu’ici, craignant un effet domino préjudiciable à son activité de valorisation de brevets qui lui rapporte 30% de son chiffre d’affaires total mais 70% de son bénéfice.

Steve Mollenkopf assure que le différend finira par se résoudre par la négociation. Les enjeux sont trop importants pour les deux parties pour laisser l'affaire dégénérer en conflit larvé devant les tribunaux comme c'est le cas aujourd'hui avec Apple.

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