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Qui est Aquinos, le groupe portugais candidat à la reprise de Cauval Industries?

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Seul industriel parmi les trois principaux candidats à la reprise du fabricant de matelas Cauval Industries, le groupe Aquinos a ouvert les portes de son site principal au Portugal. Son patron, Carlos Aquino, espère être choisi pour reprendre l’entreprise française et ainsi augmenter sa gamme de produits, avec notamment du haut-de-gamme.

Qui est Aquinos, le groupe portugais candidat à la reprise de Cauval Industries?
Carlos Aquino, patron du groupe Aquinos candidat à la reprise de Cauval
© Pierre Monnier

Il faut rouler une heure et demie depuis Porto. A la sortie de l'autoroute, deux ateliers se dressent, signalant les petites villes de Sinde et Tábua. Les bâtiments qui se confondent avec l’horizon de cette région vallonnée sont flambant neufs. "80 millions d’euros ont été investis au cours des quatre dernières années", explique Dominique Declerck. Ce Français est en charge du dossier de reprise de Cauval Industries pour le compte du fabricant de matelas et sofas Aquinos.

Le groupe français Cauval Industries est au cœur de la visite. Après son dépôt de bilan et son placement en redressement judiciaire le 29 février 2016, dix offres ont été déposées pour reprendre le fabricant français de matelas et sofas. Exploitante de marques importantes, telles que Simmons, Treca et Dunlopillo, l’entreprise de matelas et sofas faisait face à des problèmes de trésorerie depuis plusieurs années.

Les trois principaux concurrents à la reprise de Cauval ont jusqu’au 11 mai 2016, date de la clôture des offres, pour faire monter leurs enchères. Parmi eux, le fond d’investissement français Perceva, le distributeur sud-africain Steinhoff (propriétaire de Conforama) et l’industriel portugais Aquinos. 

Spécialiste des sofas et matelas

Le patron du groupe, c’est Carlos Aquino. Cet homme âgé de 52 ans semble décontracté, mais reste en retrait. Son manque d’aisance en anglais ne le pousse pas à la parole. Il acquiesce néanmoins à la présentation d’Aquinos faite par Dominique Declerck avant de mener la visite du site, au pas de charge.


Le siège d'Aquinos à Sinde-Tábua au Portugal a été remis à neuf récemment. (Crédit - Pierre Monnier)

Aquinos est spécialisé dans la fabrication de matelas et de sofas et maîtrise toute la chaine. "Aquinos gagne sur tout", lance fièrement Dominique Declerck. Dans les ateliers, la conception des sofas débute dès la découpe des structures dans l'atelier menuiserie, et l'habillage en cuir et tissus des meubles. L'objectif est de réaliser le maximum de transformations sur le site afin d’économiser le moindre centime.

Des chariots roulants acheminent les planches de bois et les pièces textiles vers les lignes d’assemblage. "Voici notre petit train, plaisantent les deux guides du jour. Certes, modeste, mais très pratique."

Du côté des matelas, ce sont les mousses, les fibres et les ressorts qui sont fabriqués en amont des chaînes d’assemblage. 6 000 matelas sont produits quotidiennement. Le stock prêt à livrer de 150 000 pièces permet à l’entreprise de garantir une livraison sous cinq jours.

Dans l'atelier le calme règne

Une centaine de personnes réalise l’assemblage des sofas le long des lignes de production. Posés sur un tapis roulant, les planches de bois et les morceaux de tissus se transforment en un sofa empaqueté et prêt à stocker en seulement une centaine de mètres.


Le patron d'Aquinos, Carlos Aquino, dans l'atelier d'assemblage de sofas. (Crédit - Pierre Monnier)

Quelque 3 500 sofas sont rangés par un système de stockage automatisé. Des bras robotisés soulèvent les sofas et les rangent dans des étagères d’une dizaine de mètres de haut et de 200 mètres de long. La capacité de stockage actuelle de 40 000 sofas doit passer à 100 000 d’ici la fin de l’année.

Aquinos est une entreprise en plein essor. Et elle le doit à Ikéa. Depuis la première commande du géant de l'ameublement en 2004, "la production a augmenté et avec ça, la qualité de nos produits", acquiesce Carlos Aquino. C’est une expérience très formatrice". En 2015, la firme suédoise représente 38 % des 113 millions d’euros de chiffre d’affaires. Et cette année, il devrait atteindre 160 millions d’euros, en croissance de 40 %, annonce le dirigeant. "Les commandes en cours et l’activité jusqu’en avril nous permettent d’être confiants sur ce chiffre."

Une complémentarité avec Cauval

Pour Carlos Aquino, acquérir Cauval c'est assurer une certaine "complémentarité" entre les activités françaises et portugaises. L'industriel ne possède pas de marques, à la différence de Cauval. Simmons, Treca, Dunlopillo... Des marques connues qui pourrait lui assurer un marché sur les "produits haut-de-gamme estampillés made in France".


Le système de stockage automatisé de matelas d'Aquinos conprend 150 000 unités. (Crédit - Pierre Monnier)

Déposée mercredi 4 mai, l’offre d’Aquinos prévoit la reprise de 1 236 des 1 661 salariés et de neuf sites (Bar-sur-Aube, Mer, Saint-Amand-les-Eaux, Limay, Fougères, Reichshoffen, Le Coteau, Thizy-les-Bourgs et Mantes). La principale difficulté sera de faire redémarrer l’activité dans un délai court puisque la période de juillet à décembre représente 60 % des ventes annuelles de matelas. Aquinos assure que la reprise de la production sur les sites français pourra se faire rapidement grâce à la fourniture de matières premières. 

Le tribunal de commerce de Meaux (Seine-et-Marne) recevra les offres des candidats à la reprise de Cauval Industries jusqu’au 11 mai 2016. La reprise devrait être effective au 1er juin.

Pierre Monnier

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