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Qui de STMicroelectronics, NXP et Infineon a profité le plus du boom des puces en 2018 ?

Ridha Loukil , , ,

Publié le

Les trois ténors européens des semi-conducteurs, STMicroelectronics, NXP et Infineon Technologies, ont clôturé 2018 avec des résultats dans un mouchoir de poche. Mais ils ont profité à des degrés différents du boom des puces électroniques. Comparaison de leurs performances au cours de l’année écoulée.

Qui de STMicroelectronics, NXP et Infineon a profité le plus du boom des puces en 2018 ?
Les semi-conducteurs sont utilisés pour produire des puces électroniques.
© TSMC

STMicroelectronics, NXP et Infineon Technologies forment les trois ténors de l’industrie européenne des semi-conducteurs, avec non seulement des profils produits et marchés similaires mais aussi des chiffres d'affaires dans un mouchoir de poche. Ils viennent tous de publier leurs résultats du quatrième trimestre 2018. L’occasion pour L’Usine Nouvelle de comparer leurs performances au cours de l’année écoulée. Avec une question : qui a le plus profité du boom des puces électroniques ?

La palme de la croissance pour ST

Pour la deuxième année consécutive, STMicroelectronics gagne haut la main la course à la croissance. Alors que le marché, hors mémoires, dont les trois majors européens sont absents, a augmenté de 8 % en 2017 selon le cabinet WSTS, le fabricant franco-italien, qui compte environ 46 000 personnes, se distingue par un bond de 15,7 %, en ligne avec les attentes des marchés financiers. Avec un chiffre d’affaires de 9,66 milliards de dollars, il reprend son titre de champion européen et revient dans le Top 10 mondial des fournisseurs de puces électroniques selon le cabinet Gartner, un classement dont il a été exclu trois ans plus tôt.

L’allemand Infineon Technologies, qui emploie un peu plus de 41 000 personnes, réalise la deuxième meilleure performance avec une augmentation de 8,3 % à 8,84 milliards de dollars. Le néerlandais NXP affiche le résultat le moins bon avec une progression de seulement 2%, quatre fois inférieure à celle du marché. Ce qui lui fait perdre son titre de champion européen qu’il détenait depuis le rachat de Freescale en 2015. Mais avec un chiffre d’affaires de 9,4 milliards de dollars, il se maintient dans le Top 10 mondial de Gartner. 

NXP, champion de la rentabilité

Sur le terrain de la rentabilité, NXP, qui compte environ 31 000 personnes, l’emporte avec une marge d’exploitation de 28,7%, contre 18,3% pour Infineon Technologies et 14,5% pour STMicroelectronics. Sa rentabilité nette de 23,5 % a de quoi faire pâlir d’envie ses pairs allemand et franco-italien qui sont, eux, à des taux respectifs de 14,4 % et 13,3 %. Il s’impose comme l’une des entreprises les plus rentables de l’industrie des semi-conducteurs, en dehors des fabricants de puces mémoires.

Infineon, la plus grande capitalisation boursière

En Bourse, les trois majors européens ont tous souffert de la volatilité des marchés financiers, du ralentissement macro-économique, de la baisse du marché des smartphones et des incertitudes que font peser le Brexit et la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Mais c’est NXP qui a été le plus pénalisé avec la perte de 43,6% de sa capitalisation, contre une baisse de 39,7% pour Infineon Technologies et 34% pour STMicroelectronics. Il faut y voir la déception des investisseurs après que le projet de son rachat par le groupe américain Qualcomm fut abandonné faute d’un feu vert de la Chine. Infineon Technologies devient l’acteur européen le plus valorisé avec, à la fin de 2018, une capitalisation boursière de 22,4 milliards de dollars, contre 21,6 milliards de dollars pour NXP et 14,1 milliards de dollars pour STMicroelectronics.

Au coude à coude en chiffre d’affaires, les trois majors ne sont égaux ni en R&D, ni en investissement industriel. En R&D, c’est NXP qui dépense le plus avec un montant de 1,7 milliard de dollars en 2018, contre 1,4 milliard de dollars pour STMicroelectronics et 1,1 milliard de dollars pour Infineon Technologies. En investissement industriel, le fabricant allemand mène en revanche la course avec un effort de 1,7 milliard de dollars, contre 1,26 milliard de dollars pour le franco-italien et 611 millions de dollars pour le néerlandais.

Ces écarts importants s’expliquent par les différences de portefeuilles de produits et les disparités des modèles industriels. NXP est encore présent dans les processeurs d’application, des circuits numériques complexes très gourmands en R&D. Ce n’est plus le cas de STMicroelectronics et Infineon Technologies. Il a choisi un modèle industriel plus léger, fondé davantage sur la sous-traitance que chez ses deux pairs européens. Il a donc moins besoin d’investir dans son outil de production.

Perspectives difficiles pour les trois

Les perspectives d’ici à 2020 ne s’annoncent pas très bonnes pour les trois ténors européens de la microélectronique. Selon les prévisions de Thomson Reuters, NXP verrait son chiffre d’affaires progresser à 9,4 milliards de dollars en 2019 puis tomber à 9,2 milliards de dollars en 2020. De quoi contrarier l’objectif de son PDG Rick Clemmer d’atteindre 10,9 à 11,6 milliards de dollars de revenus en 2021. STMicroelectronics verrait son chiffre d’affaires stagner à 9,7 milliards de dollars en 2019 puis monter à 10,2 milliards de dollars en 2020. Quant à Infineon Technologies, il a un exercice fiscal décalé qui se clôture en septembre. Les prévisions de Thomson Reuters font état d’un chiffre d’affaires de 9,3 milliards de dollars en 2018/2019 et 10,1 milliards de dollars en 2019/2020. Pas de quoi remettre en cause le titre de champion européen des puces de STMicroelectronics.

 

STMicroelectronics

NXP

Infineon Technologies

Effectif

46 000 personnes

31 000 personnes

41 000 personnes

Chiffre d’affaires en 2018

9,66 milliards de dollars

9,41 milliards de dollars

8,84 milliards de dollars *

Croissance 2017/2018

+15,7%

+8,3%

+2%

Marge d’exploitation

14,5%

28,3%

18,7%

Rentabilité nette

13,3%

23,5%

14,4%

Valorisation boursière à la fin 2018

14,1 milliards de dollars*

21,6 milliards de dollars

22,3 milliards de dollars*

Dépenses R&D

1 398 millions de dollars

1 700 millions de dollars

1 090 millions de dollars*

Investissements industries

1 260 millions de dollars

611 millions de dollars

1 700 millions de dollars*

* : obtenu par conversion de chiffre en euros

Source : L’Usine Nouvelle et les sociétés concernées

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