Quels transporteurs pour l'e.commerce ?

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Dossier Pour que son " clic " permette à l'internaute d'obtenir son colis à temps et en main propre, les transporteurs et les logisticiens tissent de nouveaux partenariats.

Quels transporteurs pour l'e.commerce ?

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Ils sont encore perplexes. Des grands " expressistes " aux transporteurs logisticiens, en passant par les messagers, tous hésitent encore à prendre pied sur le marché du commerce électronique " business to consumer ". Car ils sont plus à l'aise sur le " business to business ", l'essentiel de leur activité. Des intégrateurs, comme DHL, UPS ou FedEx, sont démunis pour livrer le particulier partout dans le monde. " Notre organisation est calquée sur le fonctionnement des entreprises : nous enlevons les colis de plus en plus tard le soir, nous trions la nuit et nous livrons le matin. Le particulier, lui, demande à être livré le soir après son travail. Cela nous coûte deux à trois fois plus cher ", expose Anne-Céline Martel, directrice du marketing de DHL, qui traite l'ensemble des envois en Europe du libraire en ligne Amazon.com. Les Postes en première ligne Les Postes souffrent encore de leur manque de réseau international mais elles savent livrer les particuliers. Ainsi, en France, La Poste investit massivement dans le B to C. Elle a signé en juin dernier un accord avec Télécommerce, filiale de France Télécom, dont l'objectif est de couvrir l'ensemble de la chaîne du commerce électronique (voir " L'Usine Nouvelle " n° 2705). La Poste néerlandaise TPG et la Poste allemande Deutsche Post ont, quant à elles, anticipé le mouvement en achetant l'an dernier des sociétés de messagerie et de prestation logistique en Europe. Ainsi, la Deutsche Post propose aujourd'hui aux cybermarchands une offre logistique complète, de la commande à la livraison, à travers cinq produits : " e-shop " gère le panier de commandes ; " e-paiement " sécurise le paiement ; " e-order " capture la commande du client et " e-warehouse " l'envoi à un entrepôt de Post Contract, fi- liale logistique de Deutsche Post ; enfin, " e-shipment " s'occupe de la livraison en liaison avec PostExpress, un service de Deutsche Post. Aujourd'hui, cette offre ne vaut que pour l'Allemagne. " Mais Deutsche Post a l'ambition de devenir le FedEx ou l'UPS de l'Europe. Elle cherche à constituer un réseau intégré ", révèle Ceri Carlill, directeur délégué chez Andersen Consulting. Pour l'heure, cybermarchands et transporteurs ne sont pas sur la même longueur d'onde. " L'offre des expressistes est trop rigide. Ils font des prix par zone géographique qui nous pénalisent, ne savent pas non plus adapter leur tarification à nos volumes et rechignent à nous assurer un service un peu particulier ", se plaint un cybermarchand. Même Chronopost, qui assure des délais garantis, ne trouve pas grâce à ses yeux. " Si le client n'est pas là, il laisse un avis de passage qui oblige à se rendre dans les bureaux de poste ". Les transporteurs renvoient aussitôt la balle. " Les cybermarchands sont d'une innocence extraordinaire. Un fabricant de pin's est venu nous consulter pour expédier ses commandes sur Internet. Nous avons dû le dissuader de recourir à ce canal pour ce genre d'articles ", raconte-t-on chez DHL. " Les sites ont travaillé leur offre, leur graphisme, leurs méthodes de paiement. Et le jour où il faut livrer, ils sont pris au dépourvu ", avance Géraud de Chantérac, directeur du marketing de Chronopost. Alors, pour que tout le monde y trouve son compte, les transporteurs préconisent quelques adaptations..., en attendant les volumes. " Nous proposons une livraison sur le lieu de travail du consommateur. Ceci pour remédier à l'augmentation des coûts fixes qu'entraîne la livraison à domicile en cas de passages multiples chez le destinaire. Quant aux tarifs, nous définissons des contrats à durée déterminée avec nos clients en adaptant les prix aux volumes transportés ", explique Gilles Depoutot, " e.commerce manager " chez UPS. Des messagers compétents Dans l'immédiat, ce sont les intégrateurs qui tirent le mieux leur épingle du jeu : ils sont d'ores et déjà les distributeurs privilégiés de l'e.commerce. Mais on aurait tort de sous-estimer le potentiel des messagers. Ainsi, Dubois, au travers de sa filiale Dubois VPC Services, se charge de l'amont et de l'aval de l'e.commerce pour le compte des vépécistes et des cybermarchands. Sa valeur ajoutée ? Une chaîne complète. De son côté, Mory Team vient de monter une société commune avec SLS, un logisticien qui travaille pour le compte de clients comme Ikea ou Habitat. Objectif : offrir transport et installation à domi-cile pour les équipements de la maison vendus sur le Net. Exemple : des cuisines livrées clés en main. D'ici à mars 2000, huit bases régionales multiclients devraient voir le jour. De nouveaux entrants Enfin, de nouveaux candidats s'engouffrent dans la brèche laissée par les prestataires. Ces entreprises virtuelles, aux noms évocateurs d'e-Liko ou d'e-Pack, proposent de jouer les facilitateurs. La première s'appuie sur le réseau des coursiers de Top Chrono, un système d'information et de traitement de commandes, et sou- haite nouer un partenariat avec des logisticiens. " L'idée est de mutualiser les moyens pour que cela coûte moins cher ", explique Mathieu Rousseau, l'un des fondateurs d'e-Liko. Raisonnement similaire chez e-Pack. Actuellement en période de test, le site devrait fonctionner dès novembre. Côté transports, e-Pack intègre déjà l'offre d'UPS, DHL, Chronopost, Mory Team et Jet Services, avec lesquels des tarifs ont été négociés. Côté logistique, c'est Publi-trans, la fi-liale de La Poste, qui figurera sur le site. " Nous concentrons l'offre et nous la proposons aux "webmarchands". A eux de choisir. L'objectif étant de faire de la logistique un avantage concurrentiel et non pas, comme aujourd'hui, un handicap ", explique le fondateur, Arnaud Simpol. Un tel positionnement n'est pas pour déplaire aux acteurs du transport et de la logistique, persuadés qu'il leur faudra passer par des partenariats pour s'intégrer dans la chaîne de la vente en ligne.

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