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L'Usine Agro

Les secteurs qui souffrent de la canicule (et ceux qui en bénéficient)

Simon Chodorge , , , ,

Publié le

Lundi 24 juin, Météo-France a annoncé “un épisode caniculaire remarquable” sur toute la France. Avec des températures allant de 35 à 40 degrés Celsius, les fortes chaleurs ne sont pas sans conséquences pour l’économie. Entre les secteurs sous tension et ceux qui profitent de l’été, L’Usine Nouvelle fait le point.

Les secteurs qui souffrent de la canicule (et ceux qui en bénéficient)
En 2018 et 2017, la sécheresse liée à la canicule avait affecté la production des céréales.
© Chris_LeBoutillier

La canicule s’abat sur la France la semaine du 24 juin. Météo-France a prévu des très fortes chaleurs dans la grande majorité des régions. “Au plus fort de l'épisode, le mercure franchira la barre des 40°C par endroit”, a annoncé l’établissement. Quelques jours plus tôt, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a organisé une réunion préparatoire avec les parties prenantes, notamment pour assurer le maintien des services d'urgence.

L’épisode caniculaire de l’été 2003 est encore dans les mémoires. Il avait provoqué la mort de 15 000 personnes et un rapport sénatorial évaluait à au moins 15 milliards d’euros son impact sur la croissance française. Quels secteurs sont ralentis par les fortes chaleurs et lesquels en profitent ? Tour d’horizon.

Rails et caténaires dilatés chez la SNCF

Vendredi 21 juin, la SNCF a annoncé l’activation de son plan “fortes chaleurs”. Les épisodes de canicule des impacts variés sur les infrastructures ferroviaires et le matériel roulant. Les hautes températures peuvent notamment provoquer un relâchement des rails et des caténaires. “Des tendeurs, équipés de poids, compensent les effets de ces variations”, indique la SNCF mais les trains peuvent également être amenés à ralentir.

En prévention, le groupe ferroviaire mène des campagnes de maintenance avant chaque été, entre avril et juin : nettoyage sous caisse des engins moteurs thermiques dans les trains pour éviter les risques d’incendies, traitement chimique de la végétation à côté des rails, vérification des équipements de climatisation et de production d’air… La SNCF prévoit aussi des stocks de sécurité pour certaines pièces : composants liés au refroidissements des “organes principaux” (moteurs, transformateurs), archets pantographes (la pièce qui relie le train à la caténaire), équipements de climatisation.

Aéroports et routes au ralenti

Les aéroports français pourraient subir des perturbations. La chaleur se traduit en effet par une densité moindre de l’air et une plus faible portance pour les avions. Autrement dit, il est plus difficile pour les appareils de décoller. Certaines années, ce phénomène a pu provoquer le retard ou l’annulation de certains vols.

Les routes aussi sont concernées et pas seulement à cause du bitume qui fond et des pneus qui éclatent. Lundi 24 juin, au micro de RMC/BFMTV, le ministre de la Transition écologique et solidaire a annoncé le déclenchement “beaucoup plus rapide” de la circulation alternée à Paris en cas de pics de pollution.

Le secteur du bâtiment vigilant

À l’exception de certains sites industriels frais, beaucoup d’entreprises sont concernées par la canicule et des conditions de travail plus difficiles. C’est d’autant plus vrai pour les secteurs du bâtiment et des travaux publics. Dimanche 23 juin, le gouvernement et la Fédération français du bâtiment (FFB) ont publié un communiqué commun pour détailler aux entreprises des mesures préventives : décalage des horaires, fournir aux salariés au moins trois litres d’eau fraîche par jour, surveiller la météo…

Pas d’impact pour l’instant dans les centrales nucléaires

Lors de l’été 2018, la vague de chaleur avait conduit EDF à ralentir ou arrêter certains réacteurs nucléaires. Comme nous l’expliquions, la canicule peut générer des contraintes pour les centrales qui puisent de l’eau dans les cours naturels, principalement pour refroidir les réacteurs. Lorsque la température de ces cours est trop élevée, EDF doit réduire son utilisation d’eau pour protéger la flore et la faune aquatiques.

Contacté par L’Usine Nouvelle, l’électricien français écarte pour l’instant tout impact de la canicule sur ses installations. “Pour les prochains jours, il n’y a pas d’impact sur la production d’électricité identifié”, assure un porte-parole d’EDF “Du côté des Alpes, le mois de mai était assez frais et les bassins alpins ne fondent que maintenant donc les débits sont très élevés. Pour un fleuve comme le Rhône, cela limite le réchauffement des températures.”

“Nous ne sommes pas du tout sur un stade comme en 2003. En 2003, nous avions réduit de 5 térawatt-heure la production d’électricité nucléaire, soit 1,2% de la production d’électricité sur l’année. Donc même en période de canicule très longue avec sécheresse, l’impact est assez relatif, poursuit l’électricien. Depuis 2003, nous avons fait des améliorations sur les tours aéroréfrigérantes des réacteurs en bord de fleuve. Les tours ont été modifiées de manière à ce qu’elles consomment moins d’eau et qu’elles soient moins assujetties au débit ou à la température de l’eau.”

Côté consommation d’électricité, le gestionnaire du réseau RTE a indiqué qu’elle devrait être “importante” avec l’utilisation des climatiseurs et des ventilateurs. L’approvisionnement ne devrait toutefois pas poser de problèmes. Début juin, RTE tablait sur une disponibilité des moyens de production de 75 000 MW contre une consommation de 60 000 MW en cas de canicule. “La France devrait être largement exportatrice d’électricité”, estime le gestionnaire.

Quels secteurs profitent de la canicule ?

Si les climatiseurs font le malheur de l’environnement, les ventes devraient ravir les distributeurs. Lundi 24 juin, les groupes Boulanger, Fnac-Darty et Kingfisher (Castorama, Brico Dépôt) ont rapporté des pics de ventes dans les ventilateurs, les climatiseurs et les rafraîchisseurs. De façon plus anecdotique, le secteur des cosmétiques pourrait également profiter des vagues de chaleur. Récemment, l’ONG Carbon Disclosure Project (CDP) consacrait une étude aux risques et opportunités liées au changement climatique. Au sujet des opportunités, L’Oréal évoquait notamment le développement “des produits qui aident les hommes à s’adapter à un climat en changement”.

Très sensible aux conditions météorologiques, le secteur des boissons devrait également connaître de belles ventes. Attention tout de même à ne pas faire trop vite la fête à coups de bière. L’orge, matière première de cette boisson, a déjà vu son cours exploser en 2018 à cause de la sécheresse et d’une production amoindrie. Même scénario pour le blé en 2017 qui a connu une réduction de la taille des grains et des rendements affaiblis.

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