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Quelles solutions politiques pour sauver l’industrie bretonne ?

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Six ministres vont plancher aujourd’hui en urgence sur les difficultés de l’industrie bretonne et des personnels licenciés, à l’issue du Conseil des ministres. Ils devraient s’attacher à chercher des solutions de reclassement pour les salariés plutôt que pour aider l’industrie bretonne à retrouver le chemin de la compétitivité. Des industriels pourraient être appelés à la rescousse.

Quelles solutions politiques pour sauver l’industrie bretonne ? © DR

Ce 16 octobre, en fin de matinée, doit se tenir à Matignon une réunion d’urgence sur les problèmes de l’agroalimentaire breton, à l’issue du conseil des ministres. Six d’entre eux devraient participer à cette réunion : Michel Sapin, pour le Travail, Stéphane Le Foll, pour l’Agriculture, Arnaud Montebourg, pour le Redressement productif, Guillaume Garot pour l’Agroalimentaire et deux ministres "bretons" Marylise Lebranchu (ministre de la Fonction publique) et Jean-Yves Le Drian (Défense). "Cette réunion portera sur la Bretagne, en particulier sur l'agroalimentaire et l'agriculture, pour à la fois traiter l'urgence et envisager l'avenir. On va, de façon extrêmement concrète, pointer chacune des dispositions pour voir comment on peut les améliorer et dans quels délais elles peuvent être mises en œuvre", a expliqué le ministre de l’Agroalimentaire, Guillaume Garot, à l’AFP. Ce rendez-vous interministériel s’est décidé le week-end dernier, après le séisme provoqué le 11 octobre par le tribunal de commerce de Rennes de valider le plan de continuation du groupe Gad et la suppression de près de 900 emplois sur les sites de Lampaul-Guimiliau (Finistère) et de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Une annonce qui fait suite à une triste série de restructurations dans l’agroalimentaire breton depuis plus d’un an, du volailler Doux jusqu’au fabricant de saumons fumés Marine Harvest.

Des aides aux reclassements de salariés

Dans ce contexte de crise, quelles réponses peut apporter le Gouvernement ? Les marges de manœuvre paraissent ténues à court terme. Aucune enveloppe financière ne peut venir raisonnablement aider les industriels bretons. Les soutiens publics seront plutôt destinés aux salariés dont les usines doivent fermer : maintien de salaires, cellules de reclassement, formations… Le 12 octobre, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait promis que le gouvernement utiliserait "tous les moyens à sa disposition pour permettre le retour à l'emploi" des salariés touchés par les suppressions de postes dans la société bretonne d'abattage de porcs Gad. "L'urgence est aujourd’hui de permettre à chaque salarié licencié de retrouver un emploi", avait ajouté Guillaume Garot. La  solidarité de la filière bretonne pourrait bien entrer en jeu ici. Plusieurs industriels ont été approchés ces dernières semaines par les cabinets des ministres concernés. Selon nos informations, certains groupes, comme Bigard, ne fermeraient pas la porte à des reclassements en interne. La tenue de cette réunion aujourd’hui suscite beaucoup d’attentes en Bretagne, comme dans l’opinion publique. Mais les réponses apportées ne devraient concerner que l’urgence, le sort des salariés et leur reclassement éventuel. La question de l’avenir de l’industrie agroalimentaire bretonne restera, elle, entière.  

Adrien Cahuzac

 

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