Quelle France voulons-nous dans dix ans ?

France Stratégie, le commissariat général à la stratégie et à la prospective, vient de remettre son rapport au président de la République. Un exercice de prospective qui s'est voulu pragmatique et pas donneur de leçons. Le rapport Pisani-Ferry propose une série d'ambitions sur lesquels les Français pourraient s'entendre pour redresser le pays.

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Quelle France voulons-nous dans dix ans ?

Répondre à des problèmes actuels, urgents, en proposant de voir plus loin. C'est finalement l'exercice auquel s'est livré Jean Pisani-Ferry, le commissaire général à la Stratégie et à la Prospective, en commentant son rapport "Quelle France dans dix ans ?". Le titre est d'ailleurs trompeur car, finalement, le travail qui a été fait sous la conduite de l'économiste formule plus cette question : "quelle France VEUT-ON dans dix ans ?". La précision sémantique est importante. Elle rend mieux compte de l'esprit dans lequel a été rédigé ce rapport et permet aussi de sous-entendre qu'il n'y a pas de destin tout tracé pour la France, que son avenir reste à inventer. Et c'est plutot une bonne nouvelle dans le contexte actuel.

Le rapport Pisani-Fery n'est donc pas un essai de prospective classique. Il ne trace aucun rêve technologique, n'idéalise aucun futur en inventant, par exemple, des objets de mobilité non-identifiés. Non, cet opus part du présent, dresse un constat sans complaisance du décrochage français (un benchmark cruel sur 17 indicateurs-clés entre 16 pays proches de nous) et nous propose un cap, une vision pour 2025 : refaire de la France un modèle pour le monde.

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Cette grande ambition, Jean Pisani-Ferry la décline en huit grand chantiers (un peu abscons) traduits en 32 objectifs, eux beaucoup plus concrets. Le premier par exemple propose de faire de notre pays l'un des dix où l'on vit le mieux au monde (nous sommes 18ème). Le 25ème propose de créer 1000 ETI de plus en une décennie (voir l'interview de Jean Pisani-Ferry sur Les ETI expoortatrices). Et le 21ème d'accueillir 200 000 étudiants étrangers de plus par an.

Les amateurs de solutions-clé-en-main seront cependant déçus : ils ne trouveront ni recommandations ni préconisations concrètes. Un parti-pris que défend son auteur : "avant de se demander comment le faire, il faut s'interroger sur ce que nous voulons faire." En clair, la France manque d'un projet commun, d'une ambition collective et ce rapport se propose de répondre justement à ce manque.

L'intention est louable mais, en le refermant, on ne peut réfréner ce questionnement : atteindra-t-il son but ? Les 32 objectifs seront-ils plus que de simples voeux pieux pour politiques en mal d'éléments de langage ? Le doute est permis. Penser que ce rapport pourrait servir de viatique, de fédérateur d'un corps social français déchiré serait illusoire. Ceci dit, il pose une vraie question à chacun d'entre nous : quelle France voulons-nous ? Et à quel prix ?

Thibaut de Jaegher

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