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Quelle est la feuille de route du nouveau patron de la chimie française?

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le , mis à jour le 26/05/2016 À 12H11

L’Union des Industries Chimiques s’est dotée ce jeudi d'un nouveau patron, Pascal Juéry, membre du comité exécutif de Solvay. Transparence, solutions du futur, défense de la compétitivité de la France : il dévoile à L’Usine Nouvelle sa feuille de route.

Quelle est la feuille de route du nouveau patron de la chimie française? © Solvay

Ce jeudi 26 mai, c’est un nouveau président que s’est offert l'Union des Industries Chimiques (UIC) pour représenter et défendre la chimie française. Après quatre ans assurés par Philippe Goebel, le directeur général adjoint de Total Petrochemicals France, c’est un représentant de Solvay, le géant belge de la chimie, qui prend le relais, fort d’une expérience de trente ans dans le secteur. Passé de l'audit interne de Rhône-Poulenc à la direction des achats de Rhodia, Pascal Juéry a réorganisé l’activité Essential Chemicals de Solvay, après qu’il s'est emparé du français en 2011 (voir notre enquête). Il a rejoint le Comité exécutif de Solvay il y a deux ans. Son PDG, Jean-Pierre Clamadieu, dirige pour sa part le syndicat européen de la chimie, le Cefic.

Une élection sans livrer bataille

Pour prendre la tête de l’UIC, Pascal Juery n’a pas eu à livrer bataille. Les adhérents le connaissent bien puisqu’il appartenait déjà au comité exécutif en tant que représentant du Lenica, le syndicat regroupant les entreprises industrielles de la chimie. Aux yeux du nouveau président, pas question de détricoter l’action menée par son prédécesseur. "L’UIC est reconnue pour ses compétences, son expertise et sa responsabilité  par un grand nombre de parties prenantes, notamment par les pouvoirs publics", insiste-t-il auprès de l’Usine Nouvelle.

Il rappelle qu’elle a été la première branche à s’engager sur le Pacte de Responsabilité (même si certains engagements chiffrés avaient été contestés par des syndicats de salariés) et qu’elle est "en ligne" avec ses promesses. Et affiche les progrès réalisés par la chimie sur le plan environnemental, avec une réduction de moitié de ses émissions de gaz à effet de serre en vingt ans.

Dialoguer sur les sujets controversés : pesticides…

Parmi les trois priorités de Pascal Juery figure un travail de communication et de transparence pour "montrer que la chimie apporte des réponses aux défis de la société". Allègement des matériaux pour l’aéronautique, stockage de l’énergie, solutions d’isolation… "Nous sommes une industrie du futur, de la high tech : la chimie est incontournable pour apporter des solutions durables !", insiste-t-il. Il reconnaît néanmoins devoir améliorer l’échange avec les parties prenantes, et notamment les représentants de la société civile, les ONG…

Il faut dire que les sujets mettant en cause des acteurs de la chimie ne manquent pas, qu’il s’agisse de pesticides controversés ou des enjeux sur l’impact des perturbateurs endocriniens sur la santé… La réponse ? Dialoguer et ouvrir les portes, notamment en s’appuyant sur ses adhérents à l’échelle locale. La plupart des 1 000 adhérents de l’UIC sont d’ailleurs des PME. Il faut les "mettre au cœur de nos actions" en leur apportant de meilleurs services, estime le président du syndicat. L’UIC est notamment en train de se doter d’un outil de CRM.

Défendre la chimie française face aux Etats-Unis, la Chine

Enfin, Pascal Juery entend se battre pour "défendre notre compétitivité" dans une concurrence mondiale désormais acharnée, où la Chine, les Etats-Unis et le Moyen-Orient gagnent du terrain. Avec 75 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 200 000 salariés, un solde positif de la balance commerciale de plus de 7 milliards d’euros, la chimie française se classe deuxième à l’échelle européenne, sixième au niveau mondial. Et dispose, parmi ses atouts, de solutions à forte valeur ajoutée, selon lui.

"Nous contribuons à la santé économique de notre pays", insiste-t-il, appelant à poursuivre les discussions sur l’accès à l’énergie et la simplification de la réglementation, le développement de plateformes industrielles régionales (voir notre enquête)… Prochain rendez-vous le 2 juin à Lyon, à l’occasion du Comité stratégique de la filière chimie-matériaux, présidé par le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron.

 

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