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L'Usine de l'Energie

Quel avenir pour la méthanisation ?

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Xavier Marchand est associé fondateur du Cabinet d’avocats Carakters et membre de la Biogaz Vallée. Selon lui, face à l’urgence d’assurer la transition énergétique et écologique, la méthanisation apparaît comme une filière d’avenir permettant tout à la fois de valoriser les déchets, de réduire la pollution et de créer une nouvelle source d’énergie verte. Mais comment évolue cette filière entre contraintes et opportunités ? Quels sont les risques majeurs liés à la construction et à l’exploitation des installations ? Quels bénéfices en attendre ?

Quel avenir pour la méthanisation ?

De multiples utilisations pour un marché d’avenir

Des opportunités écologiques et économiques : Parmi les énergies renouvelables, la méthanisation répond sans doute plus aux exigences d’un développement durable : elle valorise les déchets par la production d’énergie et d’éléments fertilisants non polluants, contribue à la mise en valeur des territoires agricoles, participe à la lutte contre les gaz à effet de serre, créée une filière d’entreprises innovantes.

Le biométhane : équilibrer notre approvisionnement en gaz : L’Ademe estime qu’en 2030, 20% de la fourniture totale de gaz proviendra de la méthanisation. Le biométhane, issu de l’épuration du biogaz, peut d’ores et déjà être directement injecte? dans les réseaux de distribution de gaz. Il contribue ainsi fortement à la réduction de la dépendance énergétique française en limitant les besoins d’importation de gaz naturel.

La valorisation en carburant vert : Le biométhane est également un carburant vert qui alimente aujourd’hui les transports en commun des collectivités et alimentera demain le transport routier. Un projet ambitieux de maillage du territoire français par des stations de biométhane est en cours de développement qui offrira aux transporteurs routiers une véritable alternative d’approvisionnement.

Cette filière offre ainsi de très nombreuses opportunités pour divers secteurs d’activité à condition de maîtriser les risques inhérents à ce nouveau marché.

 

Des contraintes liées à un marché naissant

Un marché jeune par rapport à nos voisins européens : Le marché français de la méthanisation ne se développe réellement que depuis 2008. Même si la filière se structure progressivement, les différents acteurs manquent encore de retours d’expérience. A l’inverse, les filières de nos voisins allemands, belges ou danois sont plus matures. Elles interviennent cependant sur des marchés différents (les unités de production exploitées dans ces pays sont "mono-produit" lorsque les unités françaises sont "multi-produits") soumis à des règles différentes. Elles sont plus favorables aux constructeurs dans ces pays, plus protectrices des intérêts des porteurs de projets en France.

Faire face à la complexité des projets de construction : Les unités de méthanisation peuvent valoriser des déchets agricoles, industriels ou ménagers. Il existe ainsi une grande diversité de projets dont le coût de construction peut varier de 500 000 à 15 millions d’euros (il faut environ compter 7 millions d’euros le MWh). Les délais de réalisation des projets sont par ailleurs longs : autorisations administratives (permis de construire, autorisation d'exploiter, ...) et contrats à mettre en œuvre (approvisionnement, financement, assurances construction, contrat de vente d’électricité, de gaz, …). Des mesures de simplification (permis unique) sont actuellement en cours d’expérimentation mais la matière reste ardue.

Maîtriser les risques financiers : Trop de projets restent lancés avec des business plans irréalistes, sacrifiant la sécurité ou la faisabilité du projet. Les projets doivent être montés au regard des impératifs techniques et non en fonction des capacités de l’investisseur. OPEX et CAPEX doivent être soigneusement étudiés et documentés afin de déterminer si les projets sont viables.

Favoriser une culture d’anticipation des risques : Au-delà des risques d’explosion et d’incendie, de nombreux élements peuvent compromettre la marché des installations et donc l’atteinte des résultats financiers escomptés : fissuration des bétons, faiblesses des pompes, usures des agitateurs, des soupapes des groupes électrogènes, erreurs de dimensionnement (lagunes, digesteurs…), pollution, odeurs… Les méthodes de management des risques (cartographie des risques, coordination dès la conception du projet entre construction et exploitation….) doivent impérativement être mises en œuvre pour sécuriser le projet.

 

Les riches perspectives de la méthanisation ont conduit les grands acteurs de l’énergie tels que Veolia, EDF ou Engie, à saisir le très fort potentiel de ce marché ; celui-ci entre dans une phase de maturité qui permet d’espérer un très fort développement dans les toutes prochaines années.

Xavier Marchand est associé fondateur du Cabinet d’avocats Carakters


Projet d'Installation Methanisation PDF by L'Usine Nouvelle

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