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Pourquoi Technicolor négocie la vente de ses brevets

Ridha Loukil , ,

Publié le

Confronté à l’effondrement des revenus de valorisation de ses brevets, Technicolor négocie la vente de cette activité. Une opération qui vise à simplifier la structure de l'entreprise, alors que cette activité, considérée auparavant comme stratégique, ne joue plus son rôle de vache-à-lait.

Pourquoi Technicolor négocie la vente de ses brevets
En 2016, les revenus de son activité brevets ont fondus de 42% à 285 millions d’euros en raison de la tombée dans le domaine public de certains brevets.
© hjl - Flickr - C.C.

Technicolor a publié mercredi 21 février ses résultats annuels 2017. L’occasion pour son directeur général Frédéric Rose d’annoncer avoir avancé dans son projet de cession de ses brevets. Mais aucun nom de repreneur n'a été divulgué. En décembre 2017, le groupe a annoncé négocier une opération stratégique concernant l’activité de licences tout en prévenant que l’aboutissement à un accord n’est pas garanti.

70% des bénéfices en 2015

"L’opération peut prendre la forme d’un partenariat, d’une coentreprise ou d’une simple cession, explique à L’Usine Nouvelle un analyste financier parisien qui souhaite rester anonyme. La vente est l’option la plus souhaitable, mais elle s’annonce compliquée. Dans le contexte actuel, il y a peu de repreneurs potentiels."

L’ex-Thomson, qui emploie 17 000 personnes dans le monde, faisait jusqu’ici de la valorisation de ses brevets un axe stratégique. Et pour cause : cette activité à fortes marges constituait sa vache-à-lait. Elle permettait au groupe d’amortir le choc lors de difficultés dans ses deux activités industrielles : celle des décodeurs et box internet, et celle des services pour l’industrie du cinéma. Avec 490 millions d’euros de revenu et un Ebitda de 396 millions d’euros en 2015, dernière année de vache grasse, elle a rapporté 70% des bénéfices du groupe pour seulement 13,3% du chiffre d’affaires total.

Baisse du portefeuille de brevets

Alors pourquoi s’en délester ?  C’est qu’elle est en perte de vitesse. En 2016, ses revenus ont fondus de 42% à 285 millions d’euros. En cause : la tombée dans le domaine public des brevets de compression d’image Mpeg-2 gérés par le consortium MPEG LA. Or ces brevets sont les plus lucratifs. Les revenus versés par le consortium MPEG LA, qui gère aussi les brevets des générations suivantes de compression vidéo Mpeg-4 et HEVC, sont tombés de 288 millions d’euros en 2015 à seulement 33 millions d’euros en 2016. Le portefeuille de brevets se dégarnit à grande allure. De 40 000 à la fin de 2015, il est passé à 30 000 à la fin de 2016. Et il est probable qu’il ait continué à maigrir en 2017.

La chute semble même s’être amplifiée en 2017. Les revenus des licences de brevets sont tombés à 131 millions d’euros, moins de la moitié de ceux générés en 2016. La dégradation était déjà visible au premier semestre 2017, ce qui a poussé la direction à envisager la cession de ses brevets. Une décision bien accueillie par les investisseurs.

Activité devenue trop volatile

"Cette activité devient trop volatile, justifie l’analyste financier. Ses résultats varient énormément en fonction des contrats de licences conclus et des conditions négociées. Mieux vaut se recentrer sur les activités industrielles qui sont, elles, plus stables et plus prévisibles." Se maintenir à flot nécessiterait la mobilisation de gros moyens, car pour contraindre les contrefacteurs à conclure des licences et à payer des redevances, il faut de plus en plus souvent les poursuivre en justice, comme Technicolor l'a fait contre Samsung Electronics. Ce qui est lourd, long et coûteux.

Après la cession de sa télévision en 2003 au chinois TCL et de ses matériels audio-vidéo et accessoires en 2006 au suisse Oristano, l’ex-Thomson se prépare à tourner une nouvelle page de son histoire. Il ne pourra plus compter sur les brevets pour faire face aux à-coups susceptibles d'affecter ses activités de décodeurs et de divertissement. Mais ce délestage a un avantage : Technicolor va pouvoir concentrer toute son énergie sur ses activités industrielles.

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