Que va faire la CGT à la manif’ politique "La marée populaire" ?

Ce samedi 26 mai, la France insoumise et près de 70 organisations appellent à une "Marée populaire" dans les rues des villes françaises pour protester contre la politique d’Emmanuel Macron. Enterrant plusieurs décennies d’indépendance politique, la CGT y participera.

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Que va faire la CGT à la manif’ politique
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

Mais que va-t-il faire dans cette galère ? Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez refusait, depuis plusieurs mois, de participer aux manifestations de la France insoumise contre la politique d’Emmanuel Macron. Ce samedi 26 mai, il défilera pourtant à Paris avec les représentants de la France insoumise, du Parti communiste, d’Europe écologie les Verts, du mouvement de Benoît Hamon (Générations) – le Parti socialiste n'y participe pas.

Jean-Luc Mélenchon ne figurera pas à côté de Philippe Martinez sur une photo qui symboliserait leur proximité. Les deux hommes ne s'apprécient pas, et le député des Bouches-du-Rhône a choisi la rue marseillaise pour participer à cette "Marée populaire" que son mouvement a initiée avec l’association Attac. A Paris, la manifestation partira à 14h30 de la gare de l’Est en direction de la place de la Bastille. D’autres mobilisations sont attendues dans une vingtaine de grandes villes françaises.

La décision prise le 16 mai par le comité confédéral national (CCN),le "Parlement" de la CGT, de participer à cette mobilisation inédite - qui placera en tête du cortège un "espace citoyen", devant les syndicats, les associations et les partis politiques - marque une rupture dans la doctrine du syndicat. Longtemps très proche du Parti communiste, la CGT s’en était éloignée depuis les années 90, sous les directions de Louis Viannet et Bernard Thibault. Pour gagner en indépendance, toucher tous les salariés, accepter la négociation, notamment en entreprise, sans avoir pour objectif de renverser le capitalisme...

Aveu de faiblesse

La décision du CCN de participer à la marche du 26 mai semble s'être imposée à Philippe Martinez. Il n’a pas participé à la conférence de presse de présentation de la manifestation, qui se tenait pourtant dans les locaux de la CGT. Consciente de ses faiblesses, une partie du syndicat a voulu tenter une nouvelle stratégie, celle d’une alliance avec tous les mouvements contestant la politique gouvernementale. En perte de vitesse aux élections professionnelles, ses adhésions en baisse, ne parvenant plus à mobiliser massivement dans la rue depuis l’élection d’Emmanuel Macron, elle a entendu les appels à l’unité des partis de gauche. Ceux qui, parmi ses adhérents, sont sensibles aux arguments de la France insoumise en faveur d’un "Front populaire" contre Emmanuel Macron, ont poussé à cette participation.

D’autres syndicats ont franchi le pas, comme la FSU, Solidaires, l'UNEF. En revanche, la CFDT, Force ouvrière, l’UNSA n’ont pas souhaité participé au rassemblement. Pour Laurent Berger (CFDT), "le syndicalisme se perd et ne se met pas en situation de répondre concrètement aux besoins et préoccupations de travailleurs quand il mélange le combat syndical et le combat politique".

Risque d'affaiblissement

Que deviendra cette alliance de circonstance ? Si la manifestation est un succès en termes de participation, qui en tirera le bénéfice ? La CGT peut-elle prendre le risque d’apparaître dans la roue d’un parti politique ? Sa base est plus variée, politiquement, qu’on ne le pense, et parmi ses cadres aussi, diverses mouvances s’affrontent. Pas sûr que ce revirement attire à elle de nouveaux adhérents. Il montre plutôt que la CGT n’a pas réussi à fédérer ses militants derrière une doctrine claire et qu’elle est en roue libre.

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