Que retenir de Mining Indaba 2018?

A l'instar de la tribu des Bafokengs en Afrique du Sud, l'Afrique voudrait conserver une part plus importante de la valeur ajoutée de ses minerais.

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Que retenir de Mining Indaba 2018?
Extraction de minerai en Afrique de l'Ouest

Que retiendra-t-on de la conférence Mining Indaba, qui vient tout juste de se terminer à Cape Town ? Quatre jours durant, la grand-messe annuelle du secteur minier africain a rassemblé près de 5000 investisseurs, industriels, capital-risqueurs et autres géologues. Les participants y ont parlé d’opportunités minières sur le continent noir, réseauté et conclu des affaires. Ils se sont félicité de la remontée des prix des minerais, qui rend l’Afrique encore plus attractive pour le secteur extractif. Ils ont constaté l’intérêt des groupes chinois pour les gisements de bauxite et relevé les ambitions des minières russes, venues en force à l’occasion. Et au milieu de ce public très majoritairement masculin et bien mis, un homme, Steve Phiri a particulièrement retenu notre attention.

Terre de platine

Ce PDG du groupe minier Royal Bafokeng Platinum est venu parler des opportunités d’investissement dans le secteur du platine. 70 % de la production mondiale de ce métal précieux utilisé dans la catalyse et la bijouterie et 83 % des platinoïdes (ces métaux qui lui sont associés, tels que l’iridium, le rhodium et le ruthénium) proviennent d’Afrique du Sud. Et plus précisément du royaume des Bafokengs. Partie intégrante de la nation arc-en-ciel, ce fief de 300 000 sujets sous l'autorité de leur roi Leruo Molotlegi est assis sur plus des deux-tiers des réserves mondiales de platine. A la fin de l’apartheid, constatant que la minière Impala Platinum (Implats) empochait tous les bénéfices de l’extraction, les Bafokengs sont parvenus à renégocier les accords et à s’arroger jusqu'à 22 % de royalties et 13 % de participation au capital d’Implats.

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Devenus la tribu la plus riche du continent, les Bafokengs portent un message fascinant pour le reste de l’Afrique: pour peu qu’ils s’en donnent les moyens, les États peuvent parvenir à conserver sur leur territoire les bénéfices et la valeur ajoutée de leurs activités extractives. Lors d’un reportage en territoire Bafokeng, nous avons appris que Joseph Kabila, le président de la République démocratique du Congo (RDC), s’était justement penché sur l’étonnante réussite de ce petit royaume. Coïncidence ? La révision en cours du code minier congolais vise à augmenter les redevances dues à la RD Congo par les minières étrangères. Comme les Bafokengs, le Congo Kinshasa veut tirer un meilleur parti des métaux stratégiques, et en particulier le cobalt, indispensable à la fabrication des batteries des voitures électriques.

Forte de son plan d’action « African Mining Vision 2050 », l’Union africaine revendique à son tour cette nécessaire captation de la valeur ajoutée et le développement par ses États membres de leur aval minier. Les résultats sont néanmoins mitigés puisque seule 15 % de la production minière africaine resterait à ce jour sur le continent noir. Mais cette évolution semble inévitable, compte tenu du poids croissant de l’Afrique dans le PIB mondial. En prenant la parole lors de la conférence Mining Indaba, Steve Phiri, qui gère la considérable fortune du royaume des Bafokengs, nous a rappelé que c’était le cours naturel de l’histoire.

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