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L'Usine de l'Energie

Que reproche exactement l’ASN à la centrale nucléaire du Tricastin ?

Anne-Katell Mousset ,

Publié le

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a imposé jeudi 28 septembre à EDF la mise à l'arrêt provisoire de la centrale nucléaire du Tricastin à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) "dans les délais les plus courts". Pour l'ASN, la centrale ne répond pas aux exigences en raison de risques liés à une éventuelle inondation du site. Quatre questions pour comprendre ce qui est reproché à EDF. 

Que reproche exactement l’ASN à la centrale nucléaire du Tricastin ?
Centrale du Tricastin
© D.R.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé jeudi 28 septembre l’arrêt provisoire des quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme et Vaucluse). Selon l'ASN, en cas de séisme important, l’une des digues protégeant la centrale du canal de Donzère-Mondragon pourrait céder, inondant le site. La centrale nucléaire de Tricastin n’a pas été conçue pour faire face à une inondation, qui entrainerait une perte totale du refroidissement du combustible. 
 
D'ou vient le risque d'inondation ?
Le site nucléaire du Tricastin est implanté en rive droite du canal de Donzère-Mondragon. Mise en service en 1980, elle abrite quatre réacteurs nucléaires implantés entre le Rhône et ce canal, dans une plaine à environ 6 mètres sous le niveau du plan d’eau, comme le montre ce schéma de l’IRSN : 
 
 
Quelle est la digue mise en cause ?
Si la centrale nucléaire de Tricastin n’est pas sous l’eau, c’est donc grâce à des digues. Celles des canaux d’amenée et de rejet (visibles sur le schéma) ont été construites entre 1974 et 1978. Ces ouvrages, à noyaux limoneux recouverts de gravier ne posent pas de problème. La digue qui inquiète l’ASN est située plus en amont de la centrale. Elle est constituée de remblais sablo-graveleux et est indiquée sur ce schéma comme tronçon de digue en gravier : 
 
Les matériaux qui la constituent la rendent plus vulnérable que ses voisines en cas de séisme, indique l’IRSN. Sous l’effet d’un tremblement de terre, ce remblais peut être localement le siège “d’un phénomène de liquéfaction”. L’ouvrage devient instable, des dégradations se produisent et cela peut conduire à une brèche.
 
Tous les séismes sont-ils dangereux ?
Selon les analyses d’EDF, ce tronçon de digue resterait stable même en cas de séisme de type SMHV : les Séismes maximaux historiques vraisemblables, considérés, en comparaison avec un historique de 1000 années, comme les séismes les plus pénalisants susceptibles de se produire.
 
Mais, les exigences de l’ASN vont plus loins. EDF n’a pas pu prouver la stabilité du tronçon à un autre niveau de séisme : le SMS, Séisme majoré de sécurité. Un "séisme hypothétique d’une énergie cinq fois supérieure à celle du SMHV", indique EDF. 
 
Que doit faire EDF pour relancer Tricastin ?
Si la digue lâche et que la centrale du Tricastin se retrouve inondée, rien n'a été mis en place par EDF pour assurer le refroidissement du combustible présent dans le cœur et la piscine d’entreposage de chaque réacteur. Cela peut alors conduire à un accident de fusion de ce combustible. L'ASN demande à EDF de compléter ses investigations, notamment sur la digue concernée et de procéder à son renforcement avant le redémarrage. 
 
 
 
 

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