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L'Usine Agro

Quatre scénarios (pas si) fous pour la filière lait de vache

Franck Stassi , ,

Publié le

Afin de stimuler les capacités d'adaptation des acteurs de la filière lait de vache, France AgriMer a élaboré quatre scénarios "extrêmes" à l’horizon 2030. Ces quatre scénarios pas si fous sont essentiellement orientés sur de fortes fluctuations de la demande et du commerce international.

 

Intensification des élevages, mouvements "anti-lait", fortes fluctuations des échanges internationaux : tels sont les facteurs exogènes au menu des scénarios prospectifs élaborés par le Conseil spécialisé lait de France AgriMer, l’établissement national des produits de l’agriculture et de la mer. Celui-ci n’a pas hésité à envisager (presque) toutes les hypothèses possibles sur le marché à l’horizon 2030,  afin d’aider les acteurs de la filière lait de vache à s’adapter à ces éventuels mouvements. Même si "prospective n’est pas prévision", le Conseil doit se prononcer sur quatre scénarios, présentés mardi 30 juin, pour éviter d’en arriver à de telles extrémités ou, au contraire, favoriser leur survenance.

Une cellule dédiée a élaboré, entre avril 2013 et avril 2015, ces scénarios qui concernent l’ensemble de la filière lait de vache, qui doivent donner lieu à cinq types de réactions possibles : proactivité positive, proactivité négative, réactivité anticipée, veille ou attitude neutre. "De tels positionnements pourraient alors contribuer à éclairer une démarche stratégique de filière", estime France AgriMer. L’Usine Nouvelle vous propose de découvrir chacune de ses hypothèses, qui pourraient être déclinée dans un grand nombre de filières agroalimentaires.

"Lait high-tech et démondialisation" : être au plus près des consommateurs en cas de crise majeure

Le premier scénario présenté parie sur une baisse des échanges mondiaux. Dans un contexte de crise financière et monétaire, les importateurs majeurs de produits laitiers (Afrique, Asie, Russie, etc.) développent leurs propres filières de production laitière, également poussés par des impératifs sanitaires et environnementaux (épizooties en Europe, appels répétés à la baisse des cheptels de ruminants). La filière laitière française accompagne ce mouvement en misant sur ses atouts technologiques à travers de nouvelles installations, tandis que l’élevage est réparti sur l’ensemble du territoire grâce à une approche volontariste des pouvoirs publics. Le modèle dominant des exploitations consiste en une monoproduction laitière, avec davantage de salariés et une mécanisation accrue, tandis que l’approche agro-écologique reste minoritaire.

"La spirale concurrentielle" : résister à un engrenage infernal

La deuxième hypothèse soulevée par France AgriMer est celle d’une baisse brutale de la consommation de produits laitiers, générant des surcapacités industrielles. La progression de la consommation de lait dans les pays émergents compense partiellement le recul observé en Europe, où des recherches ont abouti à un certain degré de dangerosité de ces produits. Compte tenu du fort accroissement de la production suite à la fin des quotas laitiers, les industriels peinent à trouver de nouveaux débouchés alors qu’ils ont multiplié les investissements : le modèle de la "ferme des 1000 vaches" s’est en effet imposé comme une norme. Ils se tournent vers le grand export. Les producteurs court-circuitent quant à eux les distributeurs pour commercialiser directement leurs produits, notamment sur Internet. Le nombre d’acteurs des industries agroalimentaires se réduit, tandis que le changement climatique aboutit à une concentration géographique des exploitations.

"Une filière conquérante et régulée" : être sur tous les fronts

Le troisième scénario présenté rejoint le précédent sur le volet distribution, les industries agroalimentaires organisant la vente des produits laitiers jusqu’au consommateur final. Le rapport de force entre la grande distribution et les industries agroalimentaires "s’inverse". Une meilleure structuration de la filière facilite le transfert de technologies en direction de pays importateurs (à l’instar du premier scénario) et, dans le même temps, l’Europe retrouve l’envie de consommer des produits laitiers suite à de nouveaux travaux concluant à leur action positive sur l’espérance de vie. L’interprofession travaille quant à elle à mieux faire coexister les deux types d’élevages, industriels (fortement robotisés) et agro-écologiques, en aidant ces dernières à mieux utiliser les nouvelles technologies pour faire connaître les circuits courts. Elle assure également une meilleure coordination des acteurs.

"Le défi de la régression" : gérer l’incertitude permanente

Enfin, le quatrième scénario envisage qu’un "discours anti-lait et anti-élevage fondé conduise à une réduction de la demande intérieure". Face à la montée des préocccupations sociétales sur le bien-être animal et aux coûts importants engendrés par la robotisation, le retour à un mode d'exploitation plus classique est de mise; une hypothèse bien à rebours du modèle de la "ferme des 1000 vaches. Dans un contexte de surcapacité (également testé dans le deuxième scénario), les investissements reculent, notamment en matière de recherche et développement, contribuant à faire perdre à la France ses atouts sectoriels, à la différence du premier scénario proposé. La forte demande en Asie ne compense pas le recul de la consommation en Europe. La production baisse et est davantage segmentée afin de répondre aux partisans d’une position "anti-lait". 

Franck Stassi

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1 commentaire

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11/07/2015 - 06h40 -

tous ces scénarii sont parfaitement stupides , sortis de la tête d'énarques incapables et inutiles : tout le monde sait que deux fermes devront cohabiter : les grandes fermes produiront un lait destiné à l'industrie à prix très compétitif et l'autre ferme produira du lait de haute qualité destinée à la consommation et aux fromages
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