Quand Renault se réfugie derrière la pénurie de moteurs diesel

Le moteur diesel est-il vraiment la cause des difficultés du constructeur français dans l'Hexagone ? Face à la chute de 25,9% de ses ventes en juin, les interrogations se multiplient sur les difficultés du groupe.

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Quand Renault se réfugie derrière la pénurie de moteurs diesel

Pour justifier l'effondrement de ses immatriculations, le groupe explique avoir été victime d’une pénurie de moteurs diesel. C'est notamment le cas sur le modèle K9K ou dCI 1,5 litres, qui est présent sur une grande partie de la gamme (Twingo, Clio, Mégane, Scénic). Une situation venue s’ajouter aux difficultés de ses fournisseurs affectés par la catastrophe japonaise. Sur l'Europe, le constructeur estime le manque à gagner à 50 000 unités.

Mais pourquoi un tel retard? Pour Carlos Tavares, nouveau numéro deux du groupe, interrogé sur ce point par L’Usine Nouvelle lors de sa visite du 11 juillet sur le site de Flins, il n’y a "pas de problème fondamental" avec les moteurs diesel. "Peut-être avons nous été victimes de notre succès, peut-être que nous n’avons pas bien apprécié la demande forte dans ce domaine, explique-t-il. Toujours est-il que nous allons nous atteler à la tâche et en produire davantage".

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C’est ce même argument que Bernard Cambier, directeur du commerce France, avait avancé le 3 juin. "Nous manquons de moteurs Diesel sur toute la gamme, en France et en Europe, donc de voitures, estimait-il dans un entretien à la Tribune. En programmant la fabrication des petits diesels, nous n'avions pas prévu un tel marché, beaucoup plus fort que prévu". A la sortie de la prime à la casse, Renault estimait que le marché allait s'effondrer de 8% sur l'année 2011. Or, d'après les chiffres publiés par le Comité des constructeurs français d'automobile le 1er juillet, les immatriculations sur les six premiers mois de l'année sont en hausse de 1%.

Concrètement, le groupe aurait donc fait des "erreurs de prévisions dans les allocations par pays, assure un porte-parole contacté par L'Usine Nouvelle. Et il est impossible de rapatrier des moteurs d'un pays à un autre, car chaque moteur diffère légèrement quant aux équipements ou aux réglages. D'où des retards notamment sur la zone France et dans certains pays d'Europe".

Pour rassurer, la direction affirme que les délais d’approvisionnements en moteurs, aujourd’hui de plusieurs mois, devraient se réduire notamment fin août.

Des problèmes sur le plan produit ?

Certes, mais ces explications ne semblent pas totalement convaincantes aux yeux des analystes, qui s'interrogent sur le coeur du problème de Renault. Selon Guillaume Paoli, à la tête d’AramisAuto.com, avant d’être victime de son succès, Renault a surtout "mal anticipé" le marché. "Le groupe a décidé de développer un nouveau moteur dCI 110 CV, correspondant à la bonne puissance recherchée par les consommateurs, précise-t-il. Le groupe l’a proposé sur la majeure partie de sa gamme et notamment les Clio, Mégane ou Scenic. Dans un contexte de coût à la pompe, la plupart des ventes se sont réalisées sur ce type de moteurs au détriment du dCI 130 CV".

Pour Philippe Gattet, analyste chez Xerfi, Renault avance des "problèmes d’approvisionnement pour justifier de mauvaises performances". Une manière de masquer "un mauvais positionnement prix/produit en France". Bertrand Rakoto, expert automobile chez R.L.Polk, assure que c'est un des défis de Renault. "Les mauvais chiffres chez Renault tiennent également à une gamme moins attractive, estime-t-il. Le constructeur devra attendre certains renouvellements prévus à partir de l'année prochaine pour retrouver du succès."

A côté des nouveaux modèles, le groupe pourra aussi compter sur sa présence à l’international. Lors de la présentation des résultats commerciaux, la direction a affirmé vouloir atteindre un niveau record en 2011 en raison de la forte demande dans les pays émergents. Un argument répété en continu par Carlos Tavares, qui assure être satisfait des résultats du premier semestre, avec une forte croissance à l’international qui a permis de battre tous les records.

Réalisé avec l'aide de Carole Lembezat

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