Quand protéger l’environnement stimule la compétitivité

Réunies le mardi 15 octobre lors d’un colloque "Environnement et industrie", les entreprises du CAC 40 ont montré comment la prise en compte de l’environnement devenait un enjeu de compétitivité directe.

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Quand protéger l’environnement stimule la compétitivité

Eviter les gaspillages d’énergie, d’eau ou de matières premières, tendre vers des modes de production propre… Alors que la France s’interroge sur les moyens de redonner de la compétitivité aux entreprises, certaines commencent à prendre conscience que l’environnement peut être un atout. "L’environnement a longtemps été vécu comme une contrainte lourde par les entreprises. Aujourd’hui, nous y voyons des avantage compétitifs mais aussi des opportunités de croissance nouvelle", précise Pierre-André de Chalendar, le PDG de Saint-Gobain, en ouverture du colloque "Environnement et industrie", organisé le 15 octobre par l’association Entreprises pour l’environnement (qui rassemble 40 grandes entreprises françaises et internationales), la Fabrique de l’industrie et l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris).

Compenser la hausse des matières premières

Renault confirme. "Nous sommes passés en quelques années du raisonnement : mon activité a un impact sur l’environnement à l’environnement a aussi de forts impacts économiques sur nos activités. Nous sommes sur des enjeux de compétitivité directe", témoigne Jean-Philippe Hermine, le directeur plan et stratégie environnementale du constructeur. L’augmentation du prix des matières premières peut représenter pour Renault un an de marge opérationnelle. Le constructeur a ainsi réduit de 25% ses consommations d’énergie et de 40% celle d’eau.

Même son de cloche chez Philippe Varin, le PDG de PSA : "Pour gagner en productivité sur les matières premières, nous avons divisé la consommation d’électricité par deux, celle d’eau par quatre et celle de solvants par deux et demi sur nos sites français. Nous avons aussi une politique zéro déchet à Poissy et Sochaux."

La puissance de la norme

L’environnement peut aussi stimuler certains marchés par ailleurs atones. L’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments est ainsi un moteur pour Saint-Gobain. L’industriel a investi, en 2009, 100 millions d’euros afin de construire une usine de laine de verre, produit utilisé pour l’isolation des bâtiments, à Chemillé (Maine-et-Loire). Une extension de l’usine a été réalisée en 2012 au lieu de 2015. "Quand le marché de la construction est à -2%, nous connaissons plus de 8% de croissance avec la laine de verre", avance Pierre-André de Chalendar, le PDG de Saint-Gobain. "Je suis un fervent partisan de la norme. Elle est souvent décriée mais c’est un outil puissant. La réglementation thermique issue du Grenelle a fait décoller nos marchés."

Venu conclure les débats en fin de journée, Louis Gallois, le commissaire général à l’Investissement, a tenu à mettre un bémol. "Je vous ai trouvé assez fortement consensuels sur le sujet. Ce débat ne peut se résumer aux réussites", a assené le président de la Fabrique de l’industrie. "Quand on fixe des normes, il faut veiller à ce qu’elles n’entraînent pas une distorsion de concurrence. Il faut donner de la visibilité à l’action industrielle et pour cela il faut de la stabilité", a insisté Louis Gallois.

Camille Chandès

CAMILLE CHANDÈS

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