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Quand protection rime avec géolocalisation

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Les systèmes de protection des salariés isolés évoluent. Le cellulaire remplace la technologie radio, les terminaux s’allègent et les coûts baissent.

Quand protection rime avec géolocalisation
Pour son offre M-Alert, SFR Business Team propose un double système de géolocalisation, avec une localisation GSM et une localisation GPS.

Ils seraient environ 100 000 travailleurs isolés à disposer, en France, d’un boîtier de protection. Pourtant imposé par la législation depuis 1992, ce dispositif est encore bien peu utilisé. En cause, outre la méconnaissance de la réglementation par les dirigeants de PME, un coût compris entre 50 et 60 euros par mois et par salarié, des solutions jugées chères et trop complexes. Jusqu’à présent, il fallait s’adresser à un fournisseur de terminaux, à un opérateur de réseau, à un troisième acteur à qui déléguer la gestion des appels. Aujourd’hui, les choses changent. On trouve des solutions clés en main moins chères et débarrassées de la problématique liées aux technologies radio.
 

1 Choisir le bon terminal

Il existe sur le marché une multitude de dispositifs d’alarme du travailleur isolé (Dati) : équipements radio de type talkie-walkie, simple bip façon télécommande d’ouverture de porte de garage ou smartphones durcis équipés d’un bouton SOS. Le choix dépend du type d’activité du salarié. Si les systèmes GSM sont en train de prendre le pas sur les systèmes radio, le smartphone n’est pas adapté lorsqu’il s’agit de protéger le travailleur isolé d’un risque d’agression. Le téléphone étant bien souvent la première cible des voleurs. Un bip, plus discret, est plus indiqué. À l’inverse, multiplier les équipements à transporter par un technicien d’intervention, par exemple, c’est prendre le risque qu’il délaisse le Dati. C’est notamment ce qui a poussé ASF (Vinci Autoroutes) à opter pour un téléphone durci pour 400 agents.
 

2 Quel service activer ou désactiver ?

Le mieux est parfois l’ennemi du bien. Outre le simple bouton SOS, les fournisseurs de service de sécurisation des salariés proposent de multiples options de sécurité sur leurs Dati. Détection de verticalité, de chute, d’immobilité… Tous ces systèmes semblent astucieux, mais peuvent générer de nombreuses fausses alertes. Lionel Brunnengreber, le fondateur de la start-up My Angel, a simplifié son boîtier. « Nous avons choisi de ne fournir qu’un bouton d’alerte et un accéléromètre qui détecte les chocs et les mouvements, explique-t-il. Nous n’avons pas retenu la détection de verticalité, et l’immobilité peut être désactivée. Pour nos premiers clients, qui sont les livreurs ou les infirmières à domicile, ces capteurs génèrent de fausses alarmes qui sont très gênantes. » Le risque, c’est que le travailleur renonce à garder avec lui le boîtier. Chaque usage demande une analyse des capteurs qui seront, ou non, indispensables pour assurer la sécurité du salarié sans le gêner.
 

3 Attention au réseau choisi

Le déploiement de boîtiers de géolocalisation demande une analyse des réseaux disponibles sur les sites où vont intervenir les travailleurs. Si le recours au GSM résout en grande partie la problématique de la couverture radio que posaient les boîtiers de l’ancienne génération, dans certains cas, il faut poser des balises pour couvrir les locaux non couverts. La géolocalisation est plus problématique car les signaux de GPS ne passent pas à l’intérieur des locaux. Pour son offre M-Alert, SFR Business Team propose un double système de géolocalisation, avec une localisation passive par les antennes GSM de SFR et une localisation GPS lorsque l’urgence est déclarée. Sinon, c’est la dernière position connue qui sert de référence à l’équipe de secours. Insuffisant, selon Cédric Molinié, le directeur prévention sécurité de Vinci Autoroutes. Après avoir équipé le personnel des gares de péage et celui d’intervention sur le réseau, il souhaite étendre cette protection aux électrotechniciens travaillant sur les équipements électriques du réseau ASF. « Ils sont amenés à intervenir à l’intérieur des piles et voussoirs des viaducs, généralement en béton armé, dit-il. Ces structures font cage de Faraday et ils travaillent seuls. Nous collaborons aujourd’hui avec la société RTE Technologies pour installer des relais et amplificateurs GSM à l’intérieur des ouvrages afin que les boîtiers puissent émettre une alarme le cas échéant. »
 

4 Penser à la géolocalisation numérique

Plusieurs start-up françaises se sont positionnées sur ce marché de l’équipement des sites industriels. « Pole Star a démarré son activité en équipant les pompiers de Chongqing, en Chine, de protections afin d’assurer leur sécurité lors des interventions », explique Anne Monié, la vice-présidente chargée des ventes. « La géolocalisation était alors réalisée par balises Wi-Fi. Aujourd’hui, nous proposons notre offre de géolocalisation indoor par balises – soit Wi-Fi, soit Bluetooth low energy (BLE) – aux centres commerciaux, pour de grands événements et aux industriels. » D’une portée de 25 mètres à l’intérieur et 70 mètres à l’extérieur, les balises BLE ont l’avantage d’être peu coûteuses. Concurrent de Pole Star, Insiteo fait évoluer son offre de la même façon : « Les bornes BLE peuvent fonctionner de cinq à huit ans sur batterie, sans alimentation extérieure », précise son fondateur, Arnaud Masson. Cette technologie est disponible sur un grand nombre de smartphones et nous commençons à la déployer chez nos clients. » Ce spécialiste a notamment équipé les sites industriels de Verallia (Saint-Gobain), d’ArcelorMittal, de Danone ou encore les sucreries de Tereos. Les balises installées sur ces sites ont fait leurs preuves, même à proximité d’équipements industriels lourds. Principal inconvénient : elles excluent de facto les équipements GSM-GPS au profit de smartphones se connectant en Wi-Fi ou Bluetooth.
 

5 Inventer les services à valeur ajoutée

Doter le personnel d’un Dati ouvre la voie des applications qui vont au-delà du simple secours d’urgence. Il convient de s’assurer au préalable que le fournisseur dispose d’une plate-forme ouverte, où la donnée de géolocalisation est accessible via un service web. C’est notamment le cas de la plate-forme SFR. L’opérateur travaille sur le projet d’un fournisseur de services aux entreprises qui va exploiter son boîtier M-Alert pour gérer les temps d’intervention de son personnel chez des clients. En partant de projet de protection des personnes, on peut atteindre des objectifs plus larges, comprenant, par exemple, la gestion des temps d’intervention. Il faut voir ces équipements, pas seulement comme un simple système de protection, mais comme un agrégateur de valeur. ??

Ce que dit la loi

  • Selon l’article R237-10 du décret du 20 février 1992 sur la protection des travailleurs isolés, « le chef d’entreprise intervenante doit prendre toutes dispositions pour qu’aucun salarié ne travaille isolément. Un travailleur est considéré comme isolé, dès lors qu’il est hors de portée de voix des autres pour une période d’une heure. Pour des travaux dangereux, la période est alors de quelques minutes. »
     
  • Le code du travail indique que « tout salarié isolé doit faire l’objet d’une surveillance directe ou indirecte, de jour comme de nuit. »
     
  • Négliger ces lois peut amener un employeur au pénal en cas d’accident du travail.

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